Tout dépendra de Dion

Dion Phaneuf ne l'a pas eue facile à... (Darren Calabrese, Archives PC)

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Dion Phaneuf ne l'a pas eue facile à Toronto ces dernières années. Il est devenu la tête de Turc d'un groupe de partisans frustrés, fatigués de voir leur club favori perdre année après année.

Darren Calabrese, Archives PC

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CHRONIQUE / Pierre Dorion s'est mis à secouer la tête violemment. Il n'a même pas attendu la fin de la question avant d'y répondre.

«Il n'y a rien de vrai là-dedans», a-t-il déclaré, deux fois plutôt qu'une.

«Nous avons bien fait nos recherches. Je peux vous assurer que ces rumeurs ne sont pas fondées. Dion n'est pas un joueur avec qui il est difficile de travailler.»

Pour les Sénateurs, la clé de la transaction monstre complétée mardi se trouve justement-là.

À court terme, il pourrait s'agir d'une très bonne transaction. Phaneuf pourrait débarquer et, très rapidement, régler le plus gros problème de sa nouvelle formation. Il pourrait donner aux Sens le coup de barre dont ils ont besoin pour se faufiler jusqu'aux séries éliminatoires.

Tout dépendra de lui.

De son état d'esprit, surtout.

Phaneuf, depuis le début de sa carrière, a toujours été un personnage central. Les Flames l'ont choisi en première ronde dans ce qui fut le repêchage le plus faste de l'histoire du hockey, en 2003, dans le but de faire de lui le la pièce maîtresse de leur brigade défensive. Sept ans plus tard, les Maple Leafs ont fait son acquisition dans une transaction pour ensuite le nommer capitaine.

Son ego a été gavé de stéroïdes, et ce, tout au long de sa vie.

À Ottawa, il continuera de toucher un salaire digne d'un défenseur numéro un. Il jouera toutefois le rôle du défenseur numéro trois. Trois et demi, même.

Ici, le groupe de leaders est jeune, mais déjà bien soudé. On lui demandera de s'y greffer sans pour autant s'emparer de la tête.

Dans sa conférence de presse, Bryan Murray a laissé entendre que Dave Cameron «va sûrement trouver une petite place» pour le petit nouveau au sein de l'attaque massive. On aurait dit qu'il s'agissait de supplications voilées.

On voit mal comment Phaneuf pourrait déloger Erik Karlsson et Mike Hoffman, qui évoluent à la pointe dans la première vague. Il devra donc se contenter des miettes, de courtes présences d'une trentaine de secondes avec les soldats de la deuxième unité.

S'il accepte son sort, il sera utile.

S'il se rebiffe, ça pourrait vite virer mal. Un vétéran de 30 ans qui touche un salaire annuel de 7 millions $US qui rouspète, ce n'est jamais bon dans un vestiaire.

J'ai fait part de mes réserves à certaines personnes, mardi, lors de mon bref passage à Kanata. La réponse fut unanime. Dion sera heureux à Ottawa, m'a-t-on juré.

Il quitte une formation qui vient d'entreprendre un long processus de reconstruction, qui ne devrait pas être compétitive avant quelques années. Il sera heureux de se joindre à une formation qui a déjà réussi à couler sa fondation et qui pourrait lui donner une chance de gagner un peu plus rapidement.

Phaneuf jouit d'une clause de non-échange modifiée, en vertu de laquelle il pouvait soumettre chaque année aux Leafs une liste de 12 formations auxquelles il acceptait d'être échangé. On m'a dit que les Sénateurs y étaient inscrits. 

Pourquoi diable débarquerait-il en maugréant dans une ville où il consentait à être échangé?

Phaneuf ne l'a pas eue facile à Toronto ces dernières années. Il est devenu la tête de Turc d'un groupe de partisans frustrés, fatigués de voir leur club favori perdre année après année. Dans le contexte, on me dit que le bonhomme serait peut-être heureux, justement, de se fondre un peu dans la masse pendant un certain temps.

«Dion est un vrai bon gars, m'assure un ami qui travaille dans l'organisation des Leafs. Les gens ici ne l'ont peut-être pas toujours très bien compris.»

On peut bien lui accorder le bénéfice du doute.

***

Était-ce la dernière transaction majeure de Bryan Murray?

Le collègue Dan Seguin, de CBC, a eu le courage de poser cette délicate question alors que s'achevait la conférence de presse de mardi. Murray l'a envoyé paître avec toute l'énergie d'un homme dans la fleur de l'âge. Ce n'est pas le temps de parler de cela, a-t-il ragé.

L'homme de Shawville était quand même bien entouré. En plus de Dorion, Daniel Alfredsson et Randy Lee l'avaient accompagné dans le salon des médias du centre Canadian Tire.

Si c'était bel et bien sa dernière transaction, il aura réussi à se défaire d'un coup de trois lourds contrats. Bien joué.

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