Il y a de l'espoir

Quelque 10 105 partisans ont franchi les tourniquets... (Martin Roy, LeDroit)

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Quelque 10 105 partisans ont franchi les tourniquets du centre Canadian Tire pour la Classique annuelle de basket-ball de la capitale.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / Ottawa, ta réputation, tu la connais. T'es pas une grande ville sportive.

Tous tes clubs professionnels tirent le diable par la queue. T'as de la misère les faire vivre. N'essaie même pas de t'obstiner. La preuve qui pèse contre toi est accablante. Les Rough Riders. Les Lynx. Le Rebel. Qui se souvient du Rebel? Les Renegades. Les Rapidz de la Ligue Can-Am. Les TomaHawks, qui sont devenus les SkyHawks. Du basket-ball «pro» devant des foules de moins de 150 personnes.

Penses-y, Ottawa. T'as enterré toutes ces équipes au cours des 20 dernières années.

C'est vrai qu'il y a un beau petit buzz autour du parc Lansdowne depuis deux ans. Mais faudrait pas trop s'enfler la tête. Tu restes toujours la ville canadienne qui a le plus de difficulté à remplir ton amphithéâtre de la Ligue nationale de hockey.

Mais il y a de l'espoir.

J'ai passé mon vendredi soir chez toi. On m'avait dit qu'il se passait quelque chose de bien à la Classique annuelle de basket-ball de la capitale. On ne m'avait pas menti.

Nous étions 10 105, en tout, au centre Canadian Tire. Ce n'était pas l'assistance record anticipée pour ce duel annuel entre les Gee Gees d'Ottawa et les Ravens de Carleton.

C'était quand même très bien.

D'ailleurs, je ne pense pas que ça va te surprendre, Ottawa, mais la foule d'étudiants universitaires menait pas mal plus de boucan que la congrégation habituelle d'amateurs de hockey qu'on retrouve au CCT.

C'était rafraîchissant, pour une fois, de voir des spectateurs danser dans les estrades.

Pour ceux qui se poseraient la question, ça brassait un peu plus fort du côté de l'amphithéâtre où étaient entassés les fans vêtus de gris et de grenat.

J'ai essayé de comprendre. À 20 ans, quand ils se déplacent en gang pour venir encourager leur école, ils sont en feu. À 40 ans, quand ils ont les moyens de s'acheter des billets de saison des Sénateurs, ils ont juste envie de s'asseoir en silence pour regarder tranquillement le spectacle.

J'ai essayé de leur parler, je vous jure. À la mi-temps, je me suis rendu du côté des fans de l'université bilingue. J'ai tenté ma chance à trois reprises, auprès de trois fans bien sympathiques qui avaient bien envie de jaser, une bière à la main. Ils avaient juste un peu de difficulté à organiser leurs pensées.

Note à moi-même: l'an prochain, mieux vaut essayer d'interviewer les étudiants avant le début de la partie.

***

Mais là, je divague et je vous fais languir. Quatre cent mots plus tard, je ne vous ai toujours pas donné le score final du match.

Les fans en Gris et Grenat ont passé une belle fin de soirée. Pour la première fois depuis 2007, leur équipe a gagné. Une belle victoire de 78-72.

Il paraît en plus qu'ils jouaient sans leur meilleur joueur, un certain Caleb Agada. Blessé à une cheville, il a tenté sa chance dans la période d'échauffement.

«À un certain moment, il m'a jeté un coup d'oeil et j'ai compris, dans son regard, qu'il ne serait pas capable de jouer. À partir de là, je me suis fixé des attentes toutes simples. Je voulais essentiellement qu'on soit compétitifs. Rien de plus», a indiqué l'entraîneur-chef James Derouin.

Toujours rafraîchissant de voir un joueur blessé faire fi de la douleur en des moments cruciaux. Le garde Mike L'Africain, qui en était à sa cinquième et dernière participation à la Classique, s'est cogné le coude droit contre le parquet au quatrième quart. «Et quand je me cogne le coude, je perds généralement toute sensation dans mon avant-bras et dans ma main pendant une heure.»

Il a pris une pause de 30 secondes avant de revenir sur le terrain pour compléter le travail.

«Nous avons battu les Ravens l'an dernier. Nous les avons battus l'année précédente aussi. Personne ne s'en souvient. Le GROS match, c'est celui-ci. C'est celui dont tout le monde parle pendant un an.»

«Nous avons une belle devise d'équipe: FMB. For My Brothers. Nous savions que nous avions une chance.»

Ça s'est moins bien passé pour les filles de l'Université d'Ottawa. En début de soirée, elles ont été battues 73-50 par les Ravens.

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