Connor du Nord

Connor McDavid n'est pas Sidney Crosby. Face aux... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Connor McDavid n'est pas Sidney Crosby. Face aux journalistes, il a l'air de tout, sauf du grand athlète en devenir qui va dominer sa discipline dans la prochaine décennie. Mais il ne faut pas se fier aux apparences.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / Une chance qu'on sait depuis longtemps qu'il ne faut pas se fier aux apparences...

J'aurais le goût de vous dire que Sidney Crosby était pareil à ses débuts dans la Ligue nationale de hockey. Ce ne serait pas vrai.

À 18 ans, Sid était tristement prévisible quand on lui mettait un micro sous le nez. Il fuyait la controverse comme la peste, ce qui faisait en sorte qu'on finissait souvent par s'ennuyer en sa compagnie. Il était quand même capable de soutenir le regard de ses interlocuteurs. Un regard franc, déterminé. On le savait déjà capable de prendre les jeunes Penguins de Pittsburgh sur son dos.

Connor McDavid? Il fixe le sol quand il répond aux journalistes. Quand la dernière question lui a été posée, il s'excuse, tourne les talons et se traîne les savates avec l'enthousiasme d'un cégepien qui se rend à son cours de philo du mardi matin.

Il a l'air de tout, sauf du grand athlète en devenir qui va dominer sa discipline dans la prochaine décennie.

Mais bon. Comme je vous disais, faut pas se fier aux apparences.

Dans les jours qui ont précédé la première visite à Ottawa, j'ai parlé avec deux personnes qui le connaissent bien pour avoir gagné avec lui la médaille d'or au Championnat mondial junior l'an dernier. 

J'ai parlé avec celui qui était l'entraîneur d'Équipe Canada, Benoît Groulx. J'ai ensuite parlé avec celui qui était le capitaine de l'équipe, Curtis Lazar.

Spontanément, sans se consulter, les deux ont choisi de me raconter la même histoire. Ils m'ont parlé du premier match du tournoi. Les Canadiens l'avaient emporté 8-0 contre la Slovaquie. McDavid n'avait pas obtenu un seul petit point.

Groulx m'a parlé d'un gamin un peu confus, clairement affecté par la pression de représenter son pays - et d'être son meilleur joueur - dans un tournoi de pareille envergure. Mais qui était bien décidé à faire mieux la prochaine fois.

Lazar m'a plutôt raconté le retour à l'hôtel, quand tous les joueurs se sont réunis pour discuter. Tous, sauf le surdoué qui avait choisi de se brosser les dents et d'aller au lit pour pouvoir oublier au plus vite ce faux départ.

Il n'avait pas décoléré quand il s'est réveillé, huit heures plus tard. Il s'est levé, il s'est retroussé les manches, il a inscrit 11 points dans les six parties suivantes pour terminer le tournoi au premier rang du classement des marqueurs.

«Le feu brûle fort ici», assure Groulx en se pointant l'abdomen.

Lazar m'assure qu'il ne tentera jamais d'intimider ou de narguer son copain McDavid sur une patinoire. «Premièrement, je ne suis pas très bon là-dedans. Deuxièmement, je ne vois pas ce qu'on pourrait trouver pour s'attaquer à lui. Enfin, je ne voudrais surtout pas le piquer au vif. Il serait encore plus redoutable.»

***

Il faudra que le feu brûle fort en titi pour que McDavid réussisse à réchauffer sa nouvelle ville d'adoption.

Vous avez déjà visité Edmonton? Moi, si. Quatre ou cinq fois, toujours durant la saison de hockey. Assez souvent, donc, pour me faire une bonne idée de l'endroit.

À ma dernière visite, en 2014, j'en suis venu à la conclusion qu'Edmonton, c'est la ville que le réchauffement climatique a oubliée.

Le lundi, il fait froid. Le mardi, il fait frette. Le mercredi, on se les gèle. Ça ne s'améliore pas durant le reste de la semaine. Et je ne parle pas d'un froid ordinaire. Je parle d'un froid qui vous rentre sous les ongles et qui vous glace les os. Le genre de froid qui vous décourage de traverser la rue pour aller chercher un café et un journal.

Si seulement les locaux pouvaient se distraire durant les sept ou huit mois d'hiver en regardant le hockey à la télévision.

En massacrant les pauvres Sénateurs en déroute, jeudi, ils ont simplement réussi à se sortir de la cave. Rien de plus.

McDavid a donné le ton à cette partie, inscrivant deux mentions d'aide en première période.

Ça lui fait cinq points en deux parties depuis son retour au jeu.

Les Oilers n'ont pas subi la défaite avec leur recrue dans la formation.

C'est un départ.

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