Prêt à jouer, prêt à parler

Cinq années ont passé depuis la mort de... (La Presse Canadienne)

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Cinq années ont passé depuis la mort de la fille de Luke Richardson, Daron.

La Presse Canadienne

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CHRONIQUE / Luke Richardson aurait pu choisir de passer quelques jours encabané chez lui. Tout le monde aurait compris.

La première moitié de saison a été pénible à Binghamton. Les Senators ont gagné seulement deux de leurs 11 dernières parties et ils occupent l'avant-dernière position du classement général de la Ligue américaine.

Richardson aurait eu le droit de profiter de son court congé de Noël pour se ressourcer chez lui, entouré de ses proches. Prendre le temps de savourer les bonnes choses de la vie avant de se remettre à chercher des façons de relancer la machine en janvier.

Mais non.

Richardson a plutôt choisi de se rendre à Kanata, mardi matin. La Fondation Do It For Daron (DIFD) avait besoin de lui.

Dans une conférence de presse au Centre Canadian Tire, on célébrait l'aboutissement de plusieurs années d'efforts. C'était le lancement d'une application mobile novatrice, unique en son genre. La version française, baptisée «Prêt à jouer», s'adresse aux jeunes joueurs de hockey mineur. Elle veut leur offrir des outils pour mieux gérer certaines situations stressantes qui peuvent survenir sur la patinoire comme à l'extérieur.

Quand on connaît les circonstances tragiques qui ont mené à la création de DIFD, on pouvait comprendre pourquoi Richardson était un peu dans la brume, par moments.

Les deuils peuvent être difficiles à porter à cette période de l'année. Ça doit être 1000 fois pire, encore, lorsqu'il s'agit de composer avec la perte d'un enfant.

Cinq années ont passé, déjà, depuis la mort de Daron Richardson.

Durant ces cinq années, Luke et son épouse Stephanie ont fait preuve d'un grand courage. D'une grande lucidité, aussi. Dès le départ, ils ont voulu donner un sens à cette tragédie. Sans même connaître les raisons qui ont poussé leur fille à commettre l'irréparable, ils ont décidé de consacrer toutes leurs énergies à parler de santé mentale.

Ce thème se trouvait une fois de plus au coeur du lancement de mardi.

L'application «Prêt à jouer» comprend des conseils de préparation de match. Des «stratégies anti-stress». Des trucs pratiques pour aider les athlètes à bien gérer leurs succès et à se relever d'un échec.

Il y a également cet intrigant «décodeur de rétroaction», avec lequel un joueur âgé de 10 à 16 ans pourra essayer de mieux interpréter les messages qui lui sont lancés par ses entraîneurs adultes.

Si ça va fonctionner? Seul le temps nous le dira. Les spécialistes du Centre de santé mentale Royal Ottawa qui y ont contribué ont au moins le mérite de chercher à rejoindre les adolescents là où ils se trouvent.

L'important, soutient Luke Richardson, c'est de trouver de nouvelles façons de communiquer.

«La santé mentale, c'est un sujet difficile. Lorsqu'on associe les ennuis de santé mentale à la problématique du suicide, ça devient carrément effrayant. Ce que nous faisons depuis cinq ans est fort simple. Nous essayons tout simplement de convaincre les gens qu'il faut en parler. Même si ce n'est pas facile ou agréable, il faut en parler», disait l'entraîneur, mardi.

L'ancien défenseur - Richardson a joué plus de 1400 matches dans la LNH avant d'entreprendre sa carrière d'entraîneur - puise la force de continuer auprès des jeunes qu'il côtoie dans DIFD. Après cinq ans, la Fondation pourrait s'essouffler. Elle semble au contraire prendre de l'ampleur. La plupart des jeunes filles qui ont participé à la conférence de presse de mardi, avec des gilets mauves sur le dos, étaient trop jeunes pour avoir côtoyé ou même connu Daron.

«DIFD est une Fondation menée par la jeunesse. Tant que les jeunes vont continuer de la soutenir, elle continuera de grandir», croit-il.

«Nous sommes choyés, aussi, de nous retrouver dans un bon milieu de vie. Depuis le départ, nous ressentons tout le soutien de la communauté. Vivre à Ottawa, ce n'est pas comme vivre à Toronto. Ce n'est pas comme vivre à New York. Quand on revient ici, on sent toujours un peu qu'on fait partie de la famille.»

Il y a peut-être quelque chose de vrai là-dedans. Tant qu'à obtenir quelques jours de congé aux Fêtes, aussi bien les passer en famille.

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