L'homme qui a construit le Rouge et Noir

L'homme qui a construit la formation championne du... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

Agrandir

L'homme qui a construit la formation championne du Rouge et Noir en seulement deux ans, c'est Marcel Desjardins.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Sa voix est rauque. Signe qu'il a crié de joie plus d'une fois dans la soirée.

Le Rouge et Noir vient de le faire passer pour un génie. L'homme qui a construit cette formation championne en seulement deux ans, c'est lui.

Marcel Desjardins tient une bouteille d'eau à la main au beau milieu du vestiaire, une heure après une victoire historique, samedi soir, à la Place TD. Un gain qui permet à la jeune concession de la LCF de terminer au premier rang de sa division.

«Oui, de l'eau, confirme le directeur général au journaliste au Droit. Tu vois qu'il n'y a pas de champagne dans la chambre des joueurs. Nous ne sommes pas rendus encore à l'étape que nous voulons. On m'a posé la question si je voulais qu'on recouvre les casiers avec du plastique, qu'on achète de la boisson pour fêter. J'ai répondu: non, pas pour ça.»

Desjardins avoue être un des premiers surpris de l'ascension rapide des siens. À pareille date l'an dernier, il rencontrait la presse après une saison durant laquelle son club d'expansion n'avait collé que deux victoires en 18 parties.

Le dg expliquait qu'avec un peu de chance, sa formation aurait pu gagner quelques joutes de plus. Qu'une fondation solide avait été établie. Qu'il restait à greffer quelques agents libres «pouvant changer l'allure d'un match».

L'homme est passé à l'action en ajoutant des receveurs étoiles, un des meilleurs bloqueurs de la ligue en plus de changer de coordonnateur à l'attaque. D'une saison frustrante, le Rouge et Noir est passé à une saison excitante marquée par 12 victoires et une poignée de records de la LCF.

«J'ai passé plusieurs années à Montréal chez les Alouettes. J'ai été habitué à avoir des attentes élevées. Je ne pensais pas par contre que nous arriverions si vites que ça là...»

«Là», c'est à une victoire d'une participation au match de la coupe Grey.

«Mais maintenant que nous sommes arrivés à cette étape-ci, il faut en prendre avantage. Car tu ne sais jamais ce qui va arriver les années suivantes.»

Le quart-arrière Henry Burris, 40 ans, ne rajeunit pas, même s'il vient de connaître la meilleure saison de sa carrière. De nombreux joueurs pourraient opter pour une autre équipe en février lorsque le marché des agents libres s'ouvrira.

Des maux de tête qui attendront Desjardins cet hiver. Mais pour l'instant, il savoure pleinement ce parcours inattendu. Surtout que sa première expérience en tant que dg s'était avérée courte et cauchemardesque en 2007 à Hamilton.

Le Franco-Ontarien de 49 ans avait hérité d'une équipe mal organisée, plombée par des erreurs du passé. Les Tiger-Cats n'ont gagné que trois fois pendant la seule saison complète sous ses ordres.

«Là-bas, toute sorte de personnes se mettaient le nez dans des affaires qui ne les concernaient pas. Ici, ça ne passe pas comme ça. On me laisse faire mon travail.»

Les proprios à Ottawa lui ont donné carte blanche. Ils lui ont aussi offert les ressources financières nécessaires pour façonner un club gagnant.

Pendant que des amateurs réclamaient l'embauche de Marcel Bellefeuille ou Danny Maciocia à titre d'entraîneur-chef, Desjardins s'est plutôt tourné vers une recrue en Rick Campbell, longtemps adjoint à Edmonton et Calgary. Il a offert un riche contrat à Burris en février 2014, même si l'équipe possédait déjà un quart-arrière numéro un en Kevin Glenn.

Cette mise sous contrat a été tournée en dérision dans certaines villes, dont Winnipeg. On disait que Burris était au bout du rouleau, qu'il ne méritait pas un des salaires des plus élevés de la LCF.

Ses autres bons coups?

Huit joueurs en uniforme samedi dernier ont été sélectionnés au repêchage d'expansion. Dans le lot, il y a ce mur constitué des Capicciotti, Shologan, Hopkins et Evans, qui a réussi un total de 31 sacs en 2015.

À eux s'ajoutent des jeunes recrutés dans tous les racoins des États-Unis, dont le demi Abdul Kanneh. Puis il y a cette transaction permettant au Rouge et Noir d'obtenir le secondeur Antoine Pruneau, déjà un des meilleurs produits canadiens à sa position.

Tout au long de l'entretien, Marcel Desjardins rend hommage à ses adjoints, dépisteurs et les entraîneurs. «Je suis capable d'embaucher des gens et les laisser faire leur travail, notera-t-il.

«Il faut avoir confiance dans ton personnel. Tu dois aussi leur offrir l'opportunité de donner leur opinion, d'être impliqué dans les décisions.»

Ce qu'il veut dire? Le dg a peut-être construit cette équipe. Mais il a eu droit à un sérieux coup de main ici et là.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer