Gagner pour les Thérèse et Linda

Le cancer a emporté la mère de Marcel... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le cancer a emporté la mère de Marcel Desjardins, le directeur général du Rouge et Noir, alors que celui n'avait que 10 ans.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Ça risque de fêter. Peut-être même pleurer un peu.

Tout ça lors du prochain match du Rouge et Noir, vendredi, à la Place TD. Une soirée qui s'annonce émotive. L'équipe pourrait s'assurer une participation aux éliminatoires grâce à une victoire contre les Blue Bombers de Winnipeg.

Un exploit que les amateurs de football canadien de la région attendent depuis une vingtaine d'années.

Un gain serait aussi un beau clin d'oeil de la part du Rouge et Noir à l'endroit de ses partisanes. Il s'agira du traditionnel match rose, une initiative de la LCF afin d'appuyer le combat contre le cancer chez les femmes.

Une maladie qui a plaqué des proches de plusieurs membres de l'organisation ottavienne. Certaines mamans ont pu se relever, d'autres non malgré une détermination olympienne.

Tiens, il y a le centre-arrière Jordan Verdone. «Je vais enfiler une paire de gants roses, c'est sûr», dit-il.

Sa mère Carol est une survivante du cancer du sein. Elle a gagné sa bataille l'an dernier au même moment que son fils tentait de percer l'alignement du Rouge et Noir.

«Elle ne sera pas ici pour notre prochain match et je comprends ça. Elle doit se taper neuf à dix heures de route pour venir me voir. À son âge, c'est beaucoup lui demander. Mais elle va sûrement regarder la partie devant le petit écran», raconte Verdone, qui a grandi à Sault-Sainte-Marie.

Porter du rose, c'est une façon pour lui de rendre hommage à toutes ces femmes qui doivent se taper ce duel quotidien contre le cancer. C'est aussi une occasion de sensibiliser les amateurs à cette triste réalité.

«Tout le monde connaît quelqu'un dans sa famille ou son entourage qui s'est retrouvé devant cet adversaire», note le numéro 33 du Rouge et Noir.

Son coéquipier québécois Scott Macdonell a vu sa mère Trish - une triathlète chevronnée - mettre au tapis le cancer à deux reprises.

Deux de ses patrons en savent aussi quelque chose. Le directeur général Marcel Desjardins et son adjoint Brock Sunderland ont perdu leur maman à un jeune âge.

Le premier avait 10 ans quand sa Thérèse adorée a rendu l'âme. Son père Philippe était décédé trois ans auparavant d'une infection virale.

«Ce fut difficile, confie Desjardins, dont le frère, la soeur et lui ont été pris en charge par un oncle et une tante qui habitaient non loin dans le même quartier à Burlington, en Ontario.

«C'est quelque chose à laquelle je pense encore aujourd'hui. [...] Quand je parle aux gens dont les proches sont affectés par un cancer, je leur rappelle qu'ils ont pu partager plusieurs belles années avec eux, que ce n'est pas tout le monde qui a pu avoir 20 à 30 ans aux côtés de leurs parents.»

Sunderland était ado quand le cancer a terrassé sa mère Linda, une spécialiste du conditionnement physique, pour une deuxième fois en 1995.

«Dix auparavant, elle avait réussi à vaincre un cancer du sein, se rappelle Sunderland, qui était âgé de cinq ans lors du combat initial. Mais le cancer s'est pointé à nouveau. Ç'a commencé dans les os et s'est propagé partout jusqu'au cerveau. [...] Sa bataille a duré trois ans. Ce fut très difficile de voir une personne que tu aimes tant souffrir et être incapable de l'aider.»

Le Rouge et Noir ne veut pas seulement gagner ce match pour ses partisans. Mais aussi pour les Thérèse, Linda, Carol et Trish de ce monde, dont les enfants ont contribué au succès de cette surprenante équipe.

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