Le pied de nez de Scott

John Scott est accueilli par des fans à... (Bruce Bennett, Getty Images/AFP)

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John Scott est accueilli par des fans à son arrivée à l'aéroport de Nashville.

Bruce Bennett, Getty Images/AFP

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CHRONIQUE / Selon un vieux proverbe, il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée.

En ces temps de rectitude politique (sauf si vous vous appelez Donald Trump), et au lendemain de la journée «Bell Cause» pour la santé mentale, j'imagine qu'il faudrait changer le mot fou pour autre chose. Imbécile peut-être.

Quoi qu'il en soit, je change mon fusil d'épaule concernant la participation du matamore John Scott au match des étoiles de la LNH qui aura lieu dimanche à Nashville.

La semaine dernière, j'ai écrit qu'il a été mal conseillé par son agent et ses proches, qu'il aurait dû céder la place qui lui a été donnée par des amateurs - à l'esprit tordu - à un coéquipier plus méritant. Surtout que dans la foulée de cette controverse, les Coyotes de Phoenix l'ont échangé au Canadien de Montréal, qui l'a promptement banni sur une île (Terre-Neuve), avec son club-école de Saint-Jean.

(Une bien belle ville, je le sais pour l'avoir visitée, mais quand même moins accueillante en hiver que le désert de l'Arizona...)

Je pensais que la LNH mettrait ses culottes dans cette affaire et jouerait le rôle du méchant jusqu'au bout en lui refusant son invitation dans la capitale du country. Elle a cependant refusé de le faire, confirmant le lendemain de la publication de ma chronique que Scott serait bel et bien le capitaine de l'équipe de la division Pacifique au tournoi à trois contre trois qu'elle organise.

En fait, la ligue a bien essayé de le convaincre de se désister, mais elle s'y est pris bien maladroitement, a révélé le dur à cuire dans un texte qu'il a signé pour le site The Players' Tribune, une initiative de l'ancien des Yankees Derek Jeter maintenant qu'il est à la retraite.

En passant, je n'aime pas trop citer un tel texte écrit avec l'aide d'un journaliste qui reste anonyme. De nos jours, il est de plus en plus difficile de faire dire autre chose que des clichés à un athlète dans un vestiaire, où des spécialistes des relations publiques tentent de contrôler le message véhiculé par leurs vedettes en tout temps. Que les joueurs se servent d'un tel site pour parler directement au public, ça contribue à rendre la vie encore plus difficile aux médias traditionnels, qui ont déjà leur lot de problèmes de nos jours. C'est l'équivalent du chef du Parti québécois Pierre-Karl Péladeau qui se sert des réseaux sociaux comme Facebook au lieu de tenir des points de presse devant la presse parlementaire. Mais c'est un combat pour un autre jour.

Pour en revenir à Scott, il a raconté comment un dirigeant de la ligue l'a appelé pour lui demander: «Penses-tu que c'est quelque chose dont tes enfants vont être fiers?»

«C'est là qu'ils m'ont perdu. À ce moment précis. Peut-être que je ne mérite pas d'être un joueur étoile de la LNH, mais je sais que je mérite d'être le juge des choses que je fais ou ne fais pas dont mes enfants vont être fiers», a écrit le père de deux petites filles et bientôt de jumeaux.

Comme bien d'autres hommes forts, Scott a une histoire intéressante à raconter. Trop lent et parfois même jugé comme étant trop grand (il fait 6' 8''), il a été retranché par plusieurs équipes de calibre junior B avant d'aboutir avec le Freeze de Chicago dans la NAHL comme défenseur défensif, puis d'être recruté par l'université Michigan Tech, où il a gradué avec un diplôme en ingénierie. Il a ensuite roulé sa bosse dans les mineures, livrant son premier «vrai» combat à 23 ans, avant de jouer pour le Wild, les Blackhawks, les Rangers, les Sabres, les Sharks et finalement les Coyotes.

Comme l'a dit l'attaquant des Sénateurs Bobby Ryan sur son compte Twitter, prenant une pause de ses vacances sur l'île de Kiawah, en Caroline du Sud, «c'est toute une histoire concernant un rôle que nous, les joueurs, respectons énormément. Bonne chance là-bas!»

Oui, tant mieux si John Scott fait un pied de nez à Gary Bettman et compagnie. Et pariez que ses coéquipiers à Nashville vont tout faire pour qu'il paraisse bien sur la patinoire où il va manquer plusieurs vedettes avec les désistements de Jonathan Toews et Alexander Ovechkine, tandis que Sidney Crosby n'a même pas été invité.

Il restera ensuite à voir s'il s'agit de son tout dernier match en carrière dans la LNH, une forte possibilité.

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