Melnyk veut jouer chez lui

Le propriétaire des Sénateurs d'Ottawa, Eugene Melnyk, et... (Etienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Le propriétaire des Sénateurs d'Ottawa, Eugene Melnyk, et John Ruddy, de Trinity Investments et actionnaire de Ottawa Sports and Entertainment Group

Etienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Les deux propositions rendues publiques mardi pour développer les plaines LeBreton sont spectaculaires, il n'y a pas de doute.

Elles s'entendent dès le départ sur un point fondamental: les Sénateurs d'Ottawa devraient jouer au centre-ville.

C'est déjà ça.

C'est après que ça devient plus compliqué dans la mesure où le propriétaire du club de la LNH, Eugene Melnyk, a réitéré qu'il n'est pas question qu'il vende l'équipe - ou que son équipe joue dans un amphithéâtre qui ne lui appartient pas.

«On est là pour gagner, a-t-il lancé au cours d'une conférence de presse courue, notamment par un de ses partenaires dans l'aventure de Rendez Vous LeBreton (ou IllumiNATION LeBreton, si vous préférez), Gilles Desjardins, de Brigil. Je n'ai aucune idée à quoi [le groupe Devcore Canderel DLS] pense. Je n'ai nullement l'intention de vendre ou de jouer dans l'édifice de quelqu'un d'autre.»

La grande différence entre les deux projets, à mon avis, est que le plan de Melnyk et compagnie a l'aréna comme point central. Le reste du développement en découle ensuite.

Le plan de Melnyk et compagnie a l'aréna... (Courtoisie) - image 2.0

Agrandir

Le plan de Melnyk et compagnie a l'aréna comme point central. Le reste du développement en découle ensuite.

Courtoisie

En entrevue après les premières présentations aux médias, le président de la compagnie gatinoise Devcore, Jean-Pierre Poulin, me disait que l'amphithéâtre de 18 500 sièges avait été ajouté plus tard dans le processus, qu'il fait partie d'une troisième phase de construction et qu'il pourrait facilement être remplacé par un «plan B» qu'il a toutefois refusé de dévoiler.

«On a commencé par dessiner notre programme sans aréna, et on a bâti un programme qui se tient économiquement et se tient aussi au niveau de l'expérience de visiter les plaines LeBreton. Ça se tient aussi au niveau international... L'aréna est venu par la suite, mais notre programme se tient avec ou sans aréna. C'est certain que le hockey devrait se jouer au centre-ville d'Ottawa, tout le monde serait gagnant», confiait-il.

Poulin est associé à de gros canons de l'entrepreneuriat québécois, comme André Desmarais et le fondateur du Cirque du Soleil Guy Laliberté. Donc son groupe aurait les reins assez solides pour bâtir ce projet de plusieurs milliards de dollars, et pour acheter l'équipe également.

«Notre focus est sur gagner les plaines LeBreton et après on pourra avoir une bonne discussion avec M. Melnyk», a-t-il ajouté.

Il y a beaucoup plus d'éléments pour attirer les touristes dans le plan LeBreton Ré-Imaginé de DCDLS, mais je ne suis pas certain qu'un musée de l'automobile ait quelque chose à voir avec la capitale du Canada, ou que «le pavillon du planchodrome SPIN» ferait courir les foules.

En fin de compte, dans un tel projet grandiose sur un terrain public, il y a l'argent qui va parler. On en a fait très peu mention mardi, sauf brièvement dans les documents présentés par Rendez Vous LeBreton, qui parle de retombées économiques pendant la construction de 5,7 milliards $ et de revenus annuels de 400 millions $.

Un aspect intéressant du plan Melnyk est qu'il a réussi à s'associer avec John Ruddy, de Trinity Investments et un des actionnaires de Ottawa Sports and Entertainment Group qui a réussi à redonner vie au parc Lansdowne avec une équipe de football - le Rouge et Noir - qui a connu beaucoup de succès en deux ans. «J'espère que ce sera moins compliqué cette fois», a blagué ce dernier en parlant des nombreuses embûches placées devant son groupe à la Ville d'Ottawa. Ruddy n'est impliqué que dans l'aspect du développement commercial du projet, cependant.

Avec la Commission de la capitale nationale, on ne sait jamais. Ce n'est pas pour rien qu'il n'y a presque rien sur ce site depuis plus de 50 ans. Ils pourraient aussi bien dire, après les consultations publiques, qu'ils ne veulent rien savoir d'un amphithéâtre sur ces terres très contaminées, aussi spectaculaire soit-il.

Les prochains mois seront intéressants, en tout cas. Je suis curieux de voir le montage financier des deux projets.

C'est certain qu'Eugene Melnyk veut remporter ce concours, après avoir échoué dans sa tentative de bâtir un stade de soccer près du Centre Canadian Tire il y a quelques années, et d'obtenir un casino dans ce même coin. En cas de défaite, le gars est têtu et il va tenir parole, à moins que Desmarais, Laliberté et compagnie ne soient prêts à lui faire un gros chèque pour acheter les Sénateurs. Ce qui n'est pas impossible non plus, le gars reste avant tout un homme d'affaires, et son club traîne beaucoup de dettes. Tout a un prix.

Une chose est certaine: dans une telle éventualité, ces Québécois qui prendraient le contrôle du club local de la LNH ne les déménageraient certes pas à Québec, comme j'ai vu certains le craindre sur les médias sociaux. Le Centre Vidéotron a été bâti pour une équipe qu'achèterait Québecor, les grands compétiteurs de Power Corporation dont André Desmarais est le président du conseil, je vous le rappelle.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer