La LNH, le rêve devenu réalité

Après avoir arbitré dans la LHJMQ pendant plus... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Après avoir arbitré dans la LHJMQ pendant plus de 30 ans, Monique St-Laurent a fait le saut dans la LNH en octobre dernier.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Accéder à la Ligue nationale de hockey est un événement spécial pour tout joueur ou arbitre.

C'est aussi le cas pour les officiels mineurs, ces artisans de l'ombre qui s'occupent du chronomètre, ouvrent les portes du banc des punitions, compilent les statistiques et allument la lumière rouge derrière le filet quand il y a un but.

La Gatinoise Monique St-Laurent est la «p'tite nouvelle» affectée aux matches des Sénateurs d'Ottawa au Centre Canadian Tire cette saison, alors qu'elle a été appelée à remplacer un officiel décédé l'été dernier.

Elle a ajouté ces tâches à celle de superviseure des officiels mineurs à l'aréna Guertin lors des matches des Olympiques, elle qui fait partie des meubles dans ce vieil amphithéâtre où elle travaille bénévolement depuis 1983.

«Dans ce temps-là, je me promenais à pied d'aréna en aréna et j'offrais mes services pour aider. J'ai rencontré Guy Bourgeois à l'aréna Guertin et il m'a dit qu'il cherchait justement des officiels mineurs. J'ai dit: "C'est quoi ça?" Il m'a expliqué ce que c'était et il m'a dit: "Si ça t'intéresse, j'aimerais bien que tu embarques, ça ferait de toi la première femme dans le junior majeur." J'ai dit OK, et c'est parti de là», me racontait-elle récemment avant un match des Olympiques.

À son CV bien garni, il faut ajouter les mêmes tâches avec les anciens Frontaliers de l'Outaouais au hockey midget AAA, avec les Gee Gees d'Ottawa au hockey universitaire, en plus du rôle de registraire pour le tournoi midget Kiwanis pendant 25 ans.

En 2009, elle a été retenue pour accomplir ce même travail lors du Championnat mondial de hockey junior qui a eu lieu à Ottawa, et c'est à ce moment que Richard Parayre, qui supervise les officiels mineurs aux matches des Sénateurs, l'a remarquée.

«Dès mon premier match du tournoi, on m'a affecté comme chronométreur, qui est la personne qui dirige le banc des punitions. Ça s'est bien passé et après, ils m'ont convoqué pour me dire qu'il y avait des craintes à mon sujet vu que j'étais la première femme, mais de la manière que j'avais travaillé, ils n'étaient plus inquiets. Après le championnat, M. Parayre m'a demandé s'il pouvait me garder sur une liste pour besoins futurs, si la LNH m'intéressait. J'ai répondu que bien sûr, en me disant que ça n'arriverait jamais. Mais finalement, l'appel est venu au mois d'août», relate-t-elle.

Des débuts émotifs

On peut donc la voir depuis le début de la saison, parfois au banc des punitions des Sénateurs, d'autres fois derrière un filet comme juge de but, en plus d'être appelée à noter les statistiques à partir de la galerie de presse à l'occasion.

Elle a accepté avec émotion son veston noir avec le logo de la LNH sur la poche du coeur un peu plus tôt cette saison.

«Ça a été spécial, c'est un rêve pour moi qui est devenu réalité. Tu ne le crois pas. Je viens d'avoir 50 ans et tu ne crois pas que ça va arriver. Quand j'ai endossé mon veston, j'étais émotive. Mon conjoint m'a serré dans ses bras, m'a dit que je le méritais. J'apprécie beaucoup son appui alors qu'il doit rester seul à la maison les soirs de matches des Sénateurs», relate-t-elle en parlant de Denis Viau, qui est le chronométreur aux parties des Olympiques.

Le couple s'est connu il y a une quinzaine d'années sur la galerie de presse de Guertin, évidemment, alors que Denis était statisticien. L'été, ils s'occupent ensemble de baseball, ayant «gradué» aux stats des Champions d'Ottawa de la Ligue Can-Am l'an dernier, après quatre ans avec le Hull-Volant junior élite.

Pour en revenir au hockey, la pression n'est plus la même sur les juges de buts maintenant que les reprises vidéos confirment ou non leur décision. Allumer la lumière rouge relève uniquement de la tradition.

«J'étais très nerveuse pour mon premier match comme juge de buts, avec les lancers qui arrivent dans la baie vitrée, les mises en échec, ces choses-là. Mais après mon premier but, ça a réglé ma nervosité. C'est certain que là où il y a le plus d'action, c'est au banc des punitions, où tu es proche des joueurs. Au banc d'Ottawa, tu es aussi responsable des rondelles (quand elles sortent de la surface de jeu), ce qui est vraiment intéressant», dit la femme de 50 ans qui considère l'ancien grand manitou des Olympiques Charles Henry comme son mentor.

Cette secrétaire de direction adjointe aux opérations au Service de sécurité incendie de Gatineau dans la vie de tous les jours, qui a mérité le Prix d'entraide du gouverneur général du Canada en 2013, est peut-être la première femme à travailler au Coffre d'outils, mais elles sont 18 en tout sur 670 officiels mineurs à travers le circuit Bettman, selon les données qui lui ont été rapportés.

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