Groulx sans «bras gauche»

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Contre toute attente, Benoît Groulx sera toujours à la barre des Olympiques de Gatineau quand leur camp d'entraînement va se mettre en branle lundi.

L'entraîneur-chef et directeur général poursuivra sa carrière sans la dernière constante de son personnel d'entraîneur de la première heure, l'entraîneur des gardiens Michel Vallière.

On pourrait dire que ce dernier était son «bras gauche» - quand il était portier, il attrapait la rondelle «à l'envers» - et comme Vallière a été avec les Olympiques pendant 14 saisons, demeurant en poste pendant que Groulx tentait sa chance dans la Ligue américaine, je pensais qu'il valait la peine de le rencontrer une dernière fois avant qu'il rentre dans ses terres pour de bon.

Ses années de services à l'équipe gatinoise méritaient plus que le petit entrefilet publié quand l'équipe a annoncé qu'il se concentrera dorénavant à diriger son académie de hockey à la polyvalente des Monts de Ste-Agathe, dans les Laurentides. Je suis donc allé le voir cette semaine entre deux sessions sur la patinoire de l'aréna de Masson-Angers, où il tenait la deuxième semaine de son école de hockey en sol outaouais.

«Je tourne la page, mais ce furent 14 extrêmement belles années de ma vie, à travailler pour une des organisations les plus prestigieuses du hockey junior, avec des gens comme M.Charles Henry ainsi que mon ami et ancien coéquipier Benoît Groulx, la raison pour laquelle j'ai été là. Ce sont 14 années où on a continué à travailler sur la tradition et la fierté de l'organisation, surtout lors de nos quatre finales en huit ans, avec trois championnats», m'a confié Vallière.

Ancien gardien dans les mineures nord-américaines avant de passer une douzaine d'années en Europe, la majorité en France où il avait la double nationalité (participant donc à plusieurs championnats du monde et aux Olympiques de Lillehammer en 1994), Vallière s'est amené lors de la saison 2002-2003 couronnée par la première de deux coupes du Président consécutives.

Les gardiens locaux Éric Lafrance et David Tremblay avaient alors bénéficié de ses conseils, tout comme les Ryan Mior et Maxime Clermont plus tard, entre autres (mon fils François également, dans ses écoles de hockey puis pour finir sa carrière junior l'an dernier).

«Quand tu as joué professionnel, tu penses pouvoir coacher dès le départ. Mais il faut apprendre à côtoyer les jeunes générations et tu dois t'adapter... Il faut apprendre à connaître le jeune gardien, il faut le côtoyer et le polir, sans changer son style et l'amener à atteindre le niveau maximal. On a eu du succès dans les séries et comme tous les joueurs, nos gardiens ont été des éléments clés et je suis fier de ça. J'ai toujours cherché à pousser mes gardiens à voler de leurs propres ailes. Le meilleur coaching parfois, c'est ce que tu ne dis pas, pour ne pas devenir une béquille pour le gardien», raconte-t-il.

Usé par toute la route qu'il a faite au fil des ans - jusqu'à l'an dernier, il était aussi représentant pour une compagnie d'équipements médicaux - Vallière passera maintenant le flambeau à Stéphane Proulx, un ancien entraîneur des gardiens de l'Intrépide.

Alors qu'il passe à autre chose, il ne dit pas non à un éventuel retour pour travailler avec des gardiens, mais il n'y a qu'une condition pour que ça arrive.

«Je ne travaillerai pour aucun autre entraîneur que Benoît Groulx, lance-t-il. Je me souviens encore de la première fois que je l'ai rencontré. Quand on était adversaires en France, on ne s'aimait pas trop. Mais quand on s'est retrouvé dans le même vestiaire à Brest, il était deux places à ma gauche. On a commencé à discuter de hockey et j'ai vu tout de suite qu'on était sur la même longueur d'onde. Je l'ai arrêté après deux minutes et je lui ai dit: 'Toi, un jour, tu vas coacher dans la LNH et même être dg dans la LNH.' Il m'a dit: 'Quand je vais être entraîneur, tu vas être mon entraîneur des gardiens de but.' Pour Benoît maintenant, c'est juste une question de timing, il est déjà prêt depuis longtemps.»

En terminant l'entretien, Michel Vallière tenait à remercier toutes les personnes qu'il a connues à travers les Olympiques, les joueurs et les autres entraîneurs, les dirigeants, mais aussi le personnel de soutien, «qui travaille dans l'ombre comme un entraîneur de gardiens».

Il assure aussi que sa populaire école de hockey pour joueurs et gardiens sera de retour dans la région l'an prochain.

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