Pionnière de l'arbitrage

La Gatinoise Geneviève St-Arnaud Gaboury est devenue arbitre... (Courtoisie, Jean Couillard)

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La Gatinoise Geneviève St-Arnaud Gaboury est devenue arbitre un peu par hasard. Maintenant la Ligue de baseball junior élite du Québec fait appel à elle.

Courtoisie, Jean Couillard

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C'était un match sans histoire, une victoire relativement facile de 3-0 des Castors de Charlesbourg contre les Ailes du Québec. Pas de décisions serrées à rendre, pas d'entraîneurs qui piquent une crise et se font expulser.

Geneviève St-Arnaud Gaboury va quand même se rappeler longtemps de cette rencontre, la première qu'elle arbitrait dans la Ligue de baseball junior élite du Québec, plus haut calibre de baseball amateur dans la province.

La Gatinoise d'origine est devenue la deuxième femme en l'espace d'une semaine à travailler lors d'un match du circuit Rodger Brulotte.

Mercredi dernier, Élise Lallement avait été la première à briser cette barrière, ici même à Gatineau lors d'un match entre le Hull-Volant et les Bisons de St-Eustache. Originaire de la Rive-Sud, celle-ci avait travaillé au troisième but dans un système à trois arbitres, alors que St-Arnaud Gaboury était seule à s'occuper des buts dimanche dernier à Charlesbourg.

«Pour une première expérience, ça a bien été. Ça n'a pas été une partie très difficile, c'était surtout des jeux de base», m'a raconté St-Arnaud Gaboury au lendemain de sa grande première.

Ancienne entraîneure au baseball - elle a été formée par Stéphane Pétronzio, le responsable du programme sport-études baseball de Nicolas-Gatineau, entre autres fonctions - ainsi qu'au plongeon, cette résidente de la région de Québec depuis une dizaine d'années est devenue arbitre un peu accidentellement il y a cinq ans.

«Je n'ai jamais joué au baseball, mais j'avais coaché mon frère il y a une vingtaine d'années à Gatineau, quand il était était moustique ou peewee. Plus tard, j'ai été marqueuse (ce qu'elle fait toujours). Puis mon ancien conjoint était un arbitre et à un moment donné, je me suis dit: 'Pourquoi pas arbitrer moi aussi?'», relate-t-elle.

Elle a gravi les échelons rapidement, car elle a accédé au programme provincial d'officiels de Baseball Québec à peine deux ans plus tard, ce qui lui vaut d'arbitrer au niveau midget AAA notamment - elle y a croisé Pétronzio récemment au Saguenay - en plus d'obtenir des affectations pour des championnats nationaux. Elle sera par exemple aux Championnats canadiens peewee à Repentigny le mois prochain. Dans la région de Québec, elle est une des arbitres qui offrent les cliniques de début de saison aux plus jeunes.

Cette mère d'une petite fille de 3 ans, âgée de 33 ans, est passionnée de baseball autant que de son emploi d'enseignante dans une école primaire.

«Arbitrer dans le junior élite, c'est une autre étape dans ma carrière. Je ne pourrai peut-être pas atteindre un niveau beaucoup plus élevé que ça, mais avec le développement du baseball féminin, peut-être que je pourrai un jour me rendre aux Jeux panaméricains, où le Canada a gagné l'argent (dimanche), qui sait?», souligne-t-elle.

Étant moi-même un ancien arbitre (j'ai déjà été d'office pour quelques parties des Voyageurs de Jonquière à ce même niveau junior élite), je sais à quel point ces hommes et ces femmes peuvent être critiqués sur les terrains de baseball, où les spectateurs peuvent facilement se faire entendre, étant très près de l'action. Sans oublier que joueurs et entraîneurs n'ont pas la langue dans leur poche eux non plus (j'ai déjà dû expulser mon ancien mentor, devenu entraîneur des Voyageurs, parce qu'il contestait la zone de prises).

Je peux juste imaginer comment ça peut être difficile pour les Lallement et St-Arnaud Gaboury de faire leur place dans ce monde majoritairement masculin.

«Je me souviendrai toujours de mon premier match dans le midget espoir, alors qu'un des entraîneurs était venu voir l'autre arbitre pour lui demander où était l'autre officiel... C'est certain qu'on en entend des vertes et des pas mûres comme femme arbitre. Des 'Retourne dans ta cuisine' et 'Vas donc faire la vaisselle', j'en ai entendu plusieurs et je vais en entendre encore souvent. Comme femme, il faut juste essayer de gagner le respect des joueurs et des entraîneurs, comme tout arbitre», dit-elle.

Fait intéressant que Geneviève St-Arnaud Gaboury me relatait, Baseball Canada ne dresse plus deux listes de ses arbitres en vue des championnats nationaux, une d'hommes et l'autre de femmes, se limitant à une seule liste mixte.

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