Retour à la case départ

Cinq millions de dollars en frais d'architectes plus... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Cinq millions de dollars en frais d'architectes plus tard, les Olympiques de Gatineau n'ont toujours pas de nouveau domicile.

Martin Roy, Archives LeDroit

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C'était la journée où ça passait ou ça cassait, mardi, pour le complexe multifonctionnel que caressait la Ville de Gatineau pour éventuellement remplacer l'aréna Robert-Guertin.

Vous le savez si vous avez lu l'autre bout du journal, et je vous l'annonce si vous commencez par la fin: ça a cassé.

Les anglophones ont une expression qui s'appliquait bien au débat de mardi à la Maison du citoyen: «Sh... or get off the pot.» Nos élus ont décidé de débarquer du petit pot.

Ils sont allés à l'encontre des recommandations des fonctionnaires, qui planchaient depuis environ six ans sur ce projet qui, au final, était pour coûter 74 millions de dollars, alors que le budget initial était de 53 millions.

La municipalité avait 37 millions de dollars de côté, alors que le gouvernement provincial avait promis 26,5 millions il y a trois ans. Il y avait donc un manque à gagner d'environ 11 millions de dollars, qui aurait pu être épongé à même une réserve de 14,5 millions de dollars, un bas de laine de surplus d'autres projets d'immobilisation de la Ville.

Même si l'argent était là pour aller de l'avant, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a rallié une majorité du conseil (15 contre 3 au vote) pour dire que c'était trop cher.

Ces élus vont probablement gagner des votes aux prochaines élections en mettant leurs culottes de cette façon.

Et les dommages à la réputation de Gatineau auprès des entreprises de construction qui avaient soumissionné deux fois plutôt qu'une pour ce projet (dont une où le dossier s'est retrouvé à l'UPAC, l'Unité permanente anticorruption), ainsi qu'à travers le Québec pour cette incapacité à prendre une décision finale? Apparemment, ce n'est pas grave.

Comme ce ne l'est pas de faire une croix sur 5,6 millions de dollars en frais d'architectes pour préparer des plans et devis ainsi qu'en salaires versés à des fonctionnaires affectés à temps plein au dossier.

Le maire espère

Monsieur le maire «espère» maintenant que le gouvernement provincial sera prêt à transférer sa subvention (il a déjà dit mardi que ce ne serait pas le cas) dans un autre projet à déterminer qui réglera autant le problème posé par le «vieux Bob» comme domicile des Olympiques de Gatineau que celui du vieillissement des arénas de quartier sur son territoire. Celles-ci nécessiteraient un investissement de 58 millions de dollars, a-t-il laissé entendre lors de la séance spéciale du conseil municipal, se basant sur une étude qui n'a cependant pas encore été rendue publique.

C'est retour à la case départ, donc.

J'imagine que le maire Pedneaud-Jobin a été rassuré de lire dans nos pages mardi que le père du Complexe Branchaud-Brière, Alain Sanscartier, pourrait se mêler de l'affaire et arriver avec un plan d'organisme sans but lucratif (OSBL) pour mener un nouveau projet, avec deux ou trois glaces peut-être, à bon port.

Le directeur général du complexe, Alain Gagné, me disait justement pas plus tard la semaine dernière que le modèle traditionnel mis de l'avant par la Ville était beaucoup trop cher et qu'il y aurait moyen de faire beaucoup mieux.

Gatineau pourrait s'inspirer de Blainville et Boisbriand, qui avaient vu un entrepreneur privé (Joel Bouchard) lui suggérer en 2007 un projet de construction de 20,1 millions pour le Centre d'excellence Sports Rousseau dans lequel les municipalités ont payé le terrain (1,8 M $, Blainville) et des améliorations locatives ainsi que le fonds de roulement (2 M $, Boisbriand). Elles se sont aussi engagées à acheter un certain nombre d'heures de glace dans ce complexe de deux patinoires de dimension réglementaire (il y a aussi quatre glaces plus petites), dont la principale compte 3100 sièges et une dizaine de loges pour héberger l'Armada.

Si c'est une piste de solution, il va rester à trouver une place pour héberger un tel complexe, étant donné qu'il semble déjà acquis que celui visé pour feu le multidisciplinaire - le stationnement actuel de Guertin sur des Allumettières - n'est pas assez grand.

Je gage un p'tit 2 $ que le copropriétaire des Olympiques, Gilles Desjardins, va revenir à la charge avec son idée de bâtir un tel complexe sur un terrain situé à Pointe-Gatineau, le long de l'autoroute 50.

Mais ne retenez pas votre souffle pour un dénouement de ce dossier, ça va prendre plusieurs mois encore une fois.

Quel gaspillage de temps et d'argent pour se retrouver Gros-Jean comme devant.

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