La mafia de la FIFA

Le président de la FIFA, Joseph Blatter.... (Photo Arnd Wiegmann, archives Reuters)

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Le président de la FIFA, Joseph Blatter.

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Les communiqués et les opportunités de photo ayant trait à la Coupe du monde féminine de la FIFA, Canada 2015 MC se multiplient à un rythme infernal à l'approche de l'événement.

Jeudi seulement, il y avait une invitation pour l'ouverture officielle de la billetterie au parc Lansdowne, en plus d'un match amical entre conseillers municipaux et journalistes et l'annonce que dans le jeu vidéo FIFA 16, qui sera lancé en septembre prochain, on retrouvera pour la première fois les joueuses de 12 équipes nationales, incluant celle du Canada.

Aucune gêne, donc, au lendemain de l'arrestation de sept des plus hauts dirigeants de la Fédération Internationale de Football Association lors d'un raid effectué par la police suisse à Zurich, où se tient l'assemblée générale annuelle de l'organisme qui supervise la pratique du soccer dans le monde.

Les affaires continuaient comme si de rien n'était, même si le gouvernement américain a inculpé 14 officiels de soccer et dirigeants de firme de marketing pour une affaire de fraude et de corruption qui s'échelonne sur plus de 20 ans.

Au courant de rien

La vie de pacha continuait pour le président de cette mafia qu'est la FIFA, Sepp Blatter, l'Allemand de 79 ans qui est le favori pour être réélu vendredi à un cinquième terme à titre de «parrain» d'une organisation corrompue jusqu'à l'os. Il a refusé de démissionner de son poste jeudi, disant n'être au courant de rien d'illégal dans son organisme. «Nous, ou je, ne pouvons pas surveiller tout le monde tout le temps», a-t-il déclaré sans sourciller.

La FIFA, en passant, est un organisme à but non lucratif qui aurait 1,5 milliard de dollars en banque à l'heure actuelle. Mais elle ne rend de compte à personne et le salaire de Blatter est gardé secret!

La distribution de pots-de-vin était suspectée depuis longtemps dans l'attribution des tournois de la Coupe du Monde (masculine), et les procureurs en Suisse ont justement lancé des procédures judiciaires concernant des malversations dans l'octroi des CM de 2018 en Russie et de 2022 au Qatar.

Le New York Times rapportait qu'un des procureurs a raconté que Jack Warner, un membre du comité exécutif de la FIFA en 2004, avait accepté 10 millions de dollars de l'Afrique du Sud pour son vote et celui d'acolytes. Une offre qu'il a acceptée de préférence au chèque de 1 million offert par le Maroc.

Warner, de Trinité-et-Tobago, a perdu son poste de président de la CONCACAF (organisme qui chapeaute le soccer nord-américain) en 2011 en raison d'une autre histoire de corruption. Son successeur Jeffrey Webb, des îles Caïmans, est un de ceux qui a été arrêté mercredi à l'hôtel Baur au Lac de Zurich (chambre la moins chère: 580 euros par soir).

Warner, en passant, avait été crédité comme ayant eu un gros mot à dire dans l'obtention par le Canada de la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2007, dont certains matches avaient été présentés à Ottawa.

On peut certes se demander s'il s'était graissé la patte à l'époque. Et qui se l'est graissée cette fois pour que les meilleures joueuses au monde viennent se produire à Edmonton, Vancouver, Montréal, Winnipeg et Moncton, en plus d'Ottawa, évidemment, qui recevra neuf parties à compter du 7 juin?

Il sera certes difficile d'obtenir réponse à cette question, alors que c'est l'omertà à ce sujet à l'Association canadienne de soccer, qui s'est limitée à publier un laconique communiqué de trois paragraphes mercredi au sujet de ce scandale. Les joueuses de l'équipe canadienne, qui s'entraînaient à Toronto, n'ont pas été rendues disponibles quand les caméras de la CBC sont allées les voir, ce qui est assez incroyable, si vous voulez mon avis.

Parlant des joueuses, pariez qu'elles ne toucheront pas à un gros cachet pour se retrouver dans le jeu vidéo - «in the game», comme le veut le slogan de EA Sports -, tandis que la FIFA va encore empocher quelques millions supplémentaires.

Si vous pensez que toute cette corruption qui permet à plusieurs dirigeants de faire la grosse vie ne fait pas de victime, détrompez-vous: il appert qu'il y a déjà plus d'un millier de travailleurs affectés à la construction des stades au Qatar dans des conditions affreuses qui sont décédés.

Pour le commun des mortels, il n'y a qu'une façon de protester: en faisant savoir à des commanditaires majeurs de la FIFA comme Coke, Adidas et Visa qu'un tel comportement est inacceptable, et en rangeant son porte-feuille.

Les organisateurs de la Coupe du monde féminine, Canada 2015 MC (n'oubliez surtout pas le sigle de la marque de commerce, très important), sont chanceux que la majorité des billets pour leurs matches aient déjà trouvé preneurs.

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