Deux hommes, un combat

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Eugene Melnyk (à gauche) a survécu à une greffe de foie, tout comme Jules Lavictoire (à droite), qui l'a aidé à attirer le Championnat du monde junior à Ottawa en 2009.

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Quand il travaillait avec lui pour obtenir le Championnat mondial de hockey junior de 2009 dont Ottawa a été l'hôte, Jules Lavictoire a eu l'occasion de tisser des liens avec Eugene Melnyk.

Une décennie plus tard, l'ancien président de l'Association du hockey du district d'Ottawa (AHDO) se trouve à avoir un gros point en commun avec le propriétaire des Sénateurs: ils ont tous les deux eu besoin d'une greffe du foie pour survivre.

En apprenant la semaine dernière que l'homme d'affaires de 55 ans était aux prises avec la même maladie que lui, Lavictoire n'a pas manqué d'entrer en communications avec son bras droit, Ken Villazor, pour lui offrir ses prières et son appui à travers cette épreuve.

Après l'appel lancé au public pour lui trouver un donneur vivant il y a 10 jours, Melnyk a pu subir une transplantation à peine cinq jours plus tard, soit mardi dernier. Lui et un donneur qui a demandé de conserver l'anonymat se portent bien après l'opération et les médecins sont confiants que leurs deux patients vont pouvoir reprendre leurs activités normales après une convalescence de quelques mois.

Comme Melnyk, Lavictoire avait obtenu son nouveau foie à peine cinq jours après son entrée à l'hôpital Victoria de Montréal, en septembre 2006. La grande différence entre les deux est que ce dernier avait obtenu la chance de prolonger sa vie grâce au don d'une personne décédée plutôt que vivante.

«Si je suis en vie aujourd'hui, c'est parce qu'une personne est morte pour moi. À l'époque, ce n'était pas une option d'obtenir un foie d'une personne vivante, pas pour moi en tout cas. J'ai été chanceux qu'ils trouvent un foie compatible au mien, de quelqu'un avec le même type sanguin et de la même taille. J'ai fait parvenir un message à M. Melnyk de ne pas lâcher. Comme moi, il peut s'en sortir, il y a toujours de l'espoir», m'a-t-il raconté hier.

L'essentiel

Lavictoire, qui est maintenant âgé de 71 ans, avait vu son foie l'abandonner soudainement alors qu'il luttait depuis 25 ans contre l'hépatite C, contractée au début des années 1980 alors qu'il a eu la leucémie à deux reprises et qu'il a été contaminé lors de transfusions sanguines.

Dans le cas de Melnyk, ses médecins n'ont pas voulu dévoiler les causes de sa maladie. Outre l'hépatite, le foie peut se dégénérer en raison de maladies du système immunitaire, d'une condition métabolique, de la consommation d'alcool, d'un cancer ou de plusieurs autres maladies, peut-on lire dans un document émis par le Toronto General Hospital lors de leur conférence de presse de jeudi.

Peu importe, vraiment.

L'important est qu'une personne qui a apporté une grande contribution dans ses communautés - j'en ai parlé dans ma chronique de samedi dernier - pourra continuer à le faire, tout en ayant la chance de voir ses deux enfants grandir encore un peu plus. C'est donc un peu ridicule que des gens critiquent le fait que l'équipe ait lancé un large appel au public, ou s'interrogent à savoir si ce résident des Barbades verra les coûts de son opération être couverts ou non par le Plan d'assurance-santé de l'Ontario - s'ils ne le sont pas, je pense que ce milliardaire qui a déjà fait un don de 5 millions $ au St. Joseph's Health Center de Toronto, où son père Ferdinand était médecin, devrait être capable d'acquitter la facture.

«Les réseaux sociaux ont certes aidé beaucoup sa cause et je ne le blâme pas. C'est certain qu'il y a peut-être des gens qui sont en attente pour un foie et qui n'ont pas autant de facilité au niveau des communications que lui. Mais un jour, il va peut-être le remettre d'une autre façon», souligne Lavictoire, qui n'a pas trop de séquelles de sa transplantation, pouvant aller au gymnase tous les jours et jouer au golf trois fois par semaine tout en s'abstenant de boire de l'alcool et en prenant ses médicaments anti-rejet.

Cet épisode dans la vie d'Eugene Melnyk aura contribué à faire parler du don d'organes, en plus d'ajouter 26 personnes sur la liste de donneurs vivants potentiels en Ontario, ce qui est certes énorme.

Un rappel qu'en Ontario, il faut s'inscrire sur le site Internet soyezundonneur.ca pour que vos organes soient redistribués à votre décès, ce qui peut permettre de sauver huit vies. Au Québec, il faut signer un auto-collant et l'apposer au dos de sa carte d'assurance-maladie. C'est déjà fait depuis longtemps dans mon cas. Pour plus d'informations, visitez le site signezdon.gouv.qc.ca.

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