Le retour d'ascenseur?

Les Sénateurs ont révélé jeudi qu'Eugene Melnyk attendait... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Les Sénateurs ont révélé jeudi qu'Eugene Melnyk attendait une greffe de foie.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Dans sa loge du Centre Canadian Tire, qu'il soit présent ou non, Eugene Melnyk reçoit souvent des gens ordinaires qui ont traversé des épreuves extraordinaires.

Un Jonathan Pitre, « l'enfant papillon » de Russell qui vit avec l'épidermolyse bulleuse dystrophique, une maladie génétique qui s'attaque à sa peau et qui réduit considérablement son espérance de vie. Rappelez-vous, les Sénateurs l'ont mis sous contrat comme « dépisteur d'un jour » l'hiver dernier.

Une Hélène Campbell, jeune femme d'Ottawa qui est devenue une championne du don d'organes alors qu'elle attendait - et a finalement obtenu - une double transplantation des poumons.

De nombreux survivants du cancer sont passés par là aussi, et d'autres qui luttent actuellement pour leur survie, comme l'ancien animateur de télévision Max Keeping.

Et on ne parlera pas des nombreux soldats qui ont été honorés match après match dans les gradins. Et des jeunes issus de milieux défavorisés qu'il invite à patiner une fois par année sur la glace de ses Sénateurs. Et de bien d'autres causes qu'il a appuyées dans cette communauté qu'il a adoptée quand il a acheté une équipe en faillite en 2003.

En raison de tout cela, et de tout ce qu'il pourrait faire à l'avenir puisqu'il n'a que 55 ans, il ne faut pas se surprendre qu'environ 2000 personnes aient répondu au cri de détresse lancé par l'équipe jeudi, quand il a été révélé que Melnyk avait un urgent besoin d'une greffe du foie offert par un « donneur vivant » pour survivre.

On va espérer que les personnes qui se sont manifestées font cela pour les bonnes raisons, dans l'espoir de sauver un autre être humain d'une mort certaine, et non parce qu'elles espèrent que ce sera l'équivalent d'un billet de loterie, ce milliardaire étant éternellement reconnaissant à son sauveur s'il s'en tire miraculeusement. Le processus rigoureux de dépistage d'un candidat compatible va, paraît-il, éliminer ces gens qui aimeraient profiter de la situation précaire dans laquelle il se retrouve.

Il y a bien des questions d'éthique qui se posent dans un tel cas, incluant celles concernant cet appel au public qui a rapidement fait le tour de l'Amérique, sinon du monde. C'est certain qu'en raison de son statut, le proprio des Sénateurs obtient un traitement de faveur qui n'est pas donné au commun des mortels. Ses chances de trouver un donneur sont donc meilleures. Est-ce que c'est injuste ? Peut-être, mais il y a bien d'autres injustices dans la vie.

Quand quelqu'un fait beaucoup de bien pendant qu'il est sur cette Terre, il est peut-être correct qu'il y ait un retour d'ascenseur en contrepartie lorsqu'il se retrouve dans le trouble, non ?

On pourra bien poursuivre les discussions théologiennes sur ces questions plus tard, une fois que cette autre épreuve qui s'abat sur les Sénateurs aura connu son dénouement. Après le cancer incurable de Bryan Murray et celui qui a emporté Mark Reeds il y a quelques semaines à peine, il faut commencer à se demander si cette équipe qui a aussi eu à composer avec les décès de Roger Neilson et de Daron Richardson depuis 2003 n'est pas maudite.

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