Lalande contre Goliath

Le gardien Franco-Ontarien Kevin Lalande affrontera le Canada... (Agence France-Presse)

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Le gardien Franco-Ontarien Kevin Lalande affrontera le Canada au Championnat du monde de hockey dans l'uniforme du Bélarus.

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À moins de 24 heures du plus grand défi de sa carrière de gardien, un match où il défendra la cage du Bélarus contre son pays natal, le Canada, au Championnat mondial de hockey de Prague, Kevin Lalande était bien conscient que les chances de victoire contre Sidney Crosby, Jason Spezza et compagnie sont assez minces.

« Leur moyenne de buts pour par match depuis le début du tournoi est de sept (49 en sept parties), alors nous, notre objectif est de garder ça en bas de sept », a-t-il lancé en riant quand je l'ai joint mercredi en République tchèque.

« Nous sommes les négligés, toute la pression est sur eux. On va faire notre possible et moi aussi. Depuis deux ans à ce tournoi, on a quand même montré qu'on peut tenir tête aux puissances du hockey. Peut-être que les autres clubs nous ont pris à la légère, je ne sais pas », a-t-il ajouté en parlant notamment d'un gain de 5-2 contre les États-Unis en ronde préliminaire dans le groupe B qui jouait à Ostrava, ainsi que de la défaite de 3-2 contre la Suède en quart de finale l'an dernier.

Le hockeyeur de 28 ans originaire de Clarence Creek était passé de troisième gardien à gardien numéro un lors de ce tournoi disputé à Minsk, au Bélarus, et il a conservé son poste cette année même si Dave Lewis a remplacé Glen Hanlon comme entraîneur-chef. Après une saison régulière où il a mené la KHL pour la moyenne avec le CSKA de Moscou, il a enchaîné avec un excellent tournoi, comme en fait foi sa moyenne de buts alloués de 2,17 et son taux d'efficacité de ,920, avec une fiche de 4-1-1.

Sa seule défaite du tournoi a été encaissée contre la Russie, un revers de 7-0 dont il a été chassé après avoir accordé trois buts. Lalande avait cependant essayé de jouer malgré une blessure à l'aine qui l'incommode toujours un peu, m'a-t-il d'ailleurs avoué.

« Ça m'est arrivé lors de l'entraînement matinal avant le match contre les Américains. Je ne pensais pas pouvoir jouer ce soir-là, mais ça s'est replacé un peu pendant la journée. Pendant le match et le lendemain, ça a empiré. Contre la Russie, j'espérais pouvoir m'en sortir, mais ça n'a pas été une bonne décision de commencer le match. Je ne suis pas à 100 % maintenant, mais la blessure ne me déconcentre pas. C'est correct une fois que je suis réchauffé. Pour un match comme cela (contre le Canada), ça prendrait pas mal plus que ça pour m'empêcher de jouer », a-t-il raconté.

Le cerbère qui s'était vu offrir un passeport biélorusse l'an passé en vue d'une participation au championnat mondial n'aurait jamais pensé se retrouver dans une telle situation il y a quelques années, quand cet ancien des Bulls de Belleville a été repêché par les Flames de Calgary et qu'il s'est plus tard retrouvé dans l'organisation des Blue Jackets de Columbus.

« Ça va être excitant, il n'y a pas de doute. Pour notre équipe, c'est un gros match, le Bélarus n'a jamais battu le Canada. Ce serait un grand accomplissement pour notre équipe nationale. Et pour moi, qui suis Canadien, qui passe ses étés au Canada et dont le chez nous est au Canada, ça va être excitant. J'ai hâte », confie celui qui a Michael Lehner, le père du gardien des Sénateurs Robin, comme entraîneur des gardiens avec le Bélarus.

Une grosse performance de sa part contre les Canadiens ne pourrait certes pas nuire à son avenir alors qu'il est à nouveau en quête d'un contrat pour la prochaine saison.

« Un tournoi international comme ça, il y a du monde d'un peu partout, pas juste de la Ligue nationale, mais les clubs d'Europe et de Russie aussi sont là. Je n'ai rien de concret pour l'an prochain à l'heure actuelle, c'est donc une chance pour moi de bâtir sur la saison que j'ai eue et espérer d'avoir le contrat désiré pour l'an prochain. J'ai des restrictions avec Moscou, mais si on n'est pas capable de s'entendre avec eux, il y a d'autres options possibles. Outre la KHL, il y a la Suisse et la Suède qui pourraient m'intéresser. Et revenir dans la LNH, ça ne m'est jamais parti de l'esprit. S'il y a des options intéressantes, je ne prendrai pas de décisions avant que toutes mes cartes soient sur la table », confiait-il.

Son entraîneur Dave Lewis, ancien des Red Wings et des Bruins notamment, pense que comme Tim Thomas, il pourrait faire son entrée dans la LNH sur le tard. « Qu'est-ce que Kevin doit faire pour attirer l'attention d'un club de la LNH ? Continuer à jouer comme il le fait présentement, a-t-il dit après le gain de 3-2 contre la Norvège mardi. Il y a beaucoup de dépisteurs de clubs nord-américains au Championnat mondial et ils vont considérer n'importe quel joueur qui s'illustre pour son pays. »

Même quand ce pays n'est pas vraiment le sien.

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