L'attente continue

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Les gens de la région attendent toujours une solution dans le dossier du «vieux Bob», qui traîne depuis plus de 10 ans.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Pendant que nous étions occupés à enterrer les Sénateurs après leur élimination la semaine dernière, ça brassait un peu à la Maison du citoyen de Gatineau dans le dossier du complexe multifonctionnel. Ou du remplacement du «vieux Bob», l'aréna Robert-Guertin, si vous préférez.

Ce dossier traîne depuis déjà plus d'une décennie et en regardant ça de loin, j'ai bien peur que ça ne sente pas bon.

Il y avait déjà une odeur nauséabonde qui se dégageait quand les premières soumissions demandées par la Ville de Gatineau ont été rejetées avant que tout le dossier ne soit référé à l'Unité permanente anticorruption (UPAC) du Québec. Ça, c'était il y a un an la semaine prochaine.

Une deuxième ronde de soumissions n'a pas permis d'en arriver à des économies pour respecter le budget de 63,5 millions$ auquel tient le Conseil municipal, le maire Maxime Pedneaud-Jobin. En incluant la démolition du vétuste amphithéâtre, on parle plutôt d'environ 74 millions$ en tout et partout, en présumant qu'il n'y aura pas d'imprévus! Ça commence à être dispendieux et on ne peut pas blâmer le maire d'avoir déclaré que le manque à gagner de 11m$ faisait que «trop cher, c'est trop cher».

«Il faut être prudent avec la dépense publique. L'argent fait toujours partie de l'équation, mais un moment donné, il faut décrocher. Pour moi, nous avons déjà franchi la limite», a-t-il ajouté.

Robitaille, le sauveur?

Les derniers espoirs que le projet puisse se réaliser semblent maintenant reposer sur la participation possible d'un mystérieux troisième partenaire provenant du secteur privé, qui serait la firme californienne Anschutz Entertainment Group (AEG). Spécialisée dans le divertissement et la gestion d'amphithéâtres, la firme est aussi propriétaire des Kings de Los Angeles, dont le vice-président des opérations affaires est l'ancien Olympique Luc Robitaille.

Ce n'est pas d'hier que l'ancien joueur vedette de la première formation hulloise à avoir remporté une coupe du Président, en 1986, est pressenti pour venir jouer les sauveurs, mais au fil des années, il n'a jamais sauté sur l'occasion quand il a eu des chances de devenir un actionnaire des Olympiques. Pourtant, Dieu sait qu'il aurait été accueilli à bras ouverts, la crédibilité qu'il aurait apportée à son ancienne équipe rivalisant presque celle que Wayne Gretzky avait donnée à l'organisation quand il s'est amené comme propriétaire en 1985.

«Lucky Luc» s'est fait avare de commentaires sur le sujet jusqu'à maintenant - il n'a pas retourné mon appel hier - donc on ne sait pas si c'est bien lui qui est derrière cet intérêt présumé d'AEG pour le complexe multifonctionnel.

Le maire se donne jusqu'à la fin mai pour négocier avec ce nouvel interlocuteur qui fait d'autant plus jaser qu'il ne serait pas inscrit au registre des lobbyistes.

Les règles du jeu

Au-delà de cette considération, il y a le fait - bien plus important à mon avis - que l'on parle d'une offre non sollicitée d'un partenaire privé, ce qui n'a donc pas fait l'objet d'un appel d'offres.

On se souviendra qu'en mai 2009, un des premiers projets concrets caressés par la municipalité, pour une rénovation de Guertin au coût de 28 millions$ dans le cadre d'un partenariat avec les Olympiques et la firme de construction Brunet, avait été rejeté du revers de la main par la ministre des Affaires municipales du gouvernement libéral du temps, Nathalie Normandeau, justement pour cette même raison.

Est-ce que les règles du jeu ont changé maintenant, six ans et une Commission d'enquête sur la corruption dans le domaine de la construction (Charbonneau) plus tard? Je ne suis qu'un petit chroniqueur sportif, mais permettez-moi d'en douter.

En attendant, une chose est acquise: un autre printemps va passer sans que pelle soit mise en terre dans le stationnement adjacent au «vieux Bob». Et ça, c'est très décevant.

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