Prisonnier du hockey

Bryan Murray a choisi de rester en poste... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Bryan Murray a choisi de rester en poste malgré la maladie.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Ses joueurs et son entraîneur ont accepté avec beaucoup de magnanimité l'erreur d'arbitrage qui a coûté le sixième match décisif de la série contre le Canadien.Mais trois jours plus tard, Bryan Murray était encore amer, ça se sentait dans sa voix lorsqu'il a commencé son point de presse en parlant « d'un coup de sifflet trop hâtif » (sur le but refusé à Jean-Gabriel Pageau) et d'un autre « qui ne s'est pas fait entendre » (sur un bâton élevé avant le but de Brendan Gallagher).

Le directeur général des Sénateurs voyait ainsi une autre chance de mettre la main sur la coupe Stanley qu'il convoite tant lui filer entre les doigts. Est-ce que c'était sa dernière ?

Seul le destin le dira alors que le septuagénaire va poursuivre sa bataille contre un cancer incurable de stade IV dans l'oeil du public, demeurant en poste en vue de la saison prochaine, a-t-il annoncé quand je lui ai posé la question d'entrée de jeu.

L'homme de hockey de Shawville en a parlé ce printemps, les performances de son équipe l'ont inspiré autant que sa propre bataille et celle de l'entraîneur adjoint Mark Reeds ont pu motiver les joueurs en cette fin de saison spéciale.

« J'en ai parlé à la réunion des directeurs généraux, nous sommes prisonniers de ce sport. Ce serait facile pour moi de dire que je ne devrais probablement pas continuer, que je devrais prendre une pause. Mais quand vous voyez l'enthousiasme de ce groupe, l'opportunité que cette équipe a (de gagner) dans le futur, je veux en faire partie. Je sais que nous allons devoir faire quelques changements pour stimuler la croissance, mais il n'y a pas de garantie que nous allons réussir », a-t-il lancé.

Plus tard dans son boniment, le vieux routier a blagué dans son style bien à lui : « C'est la première fois qu'on ne veut pas me chasser de la ville ! Je fais ce travail depuis longtemps, laissant souvent ma femme et mes filles à elles-mêmes. Peut-être qu'elles aiment ça, je ne sais pas. Elles ne m'ont pas découragé et les médecins sont très encourageants. C'est bon pour ma santé d'être stimulé et vous (les journalistes) le faites tous les jours. Donc, pourquoi pas ? »

Pourquoi pas poursuivre son travail, effectivement ? Murray a abattu du bon travail pour bâtir cette équipe et comme il l'a dit lui-même, il vaut mieux pour lui de continuer « que de rester sur mon divan ».

PIERRE DORION COMME SUCCESSEUR ?

En poursuivant ses traitements de chimiothérapie, il va continuer à voyager moins avec l'équipe « comme je ne bois plus de bière, c'est mieux ainsi », blague-t-il. Il va par le fait même continuer à donner des responsabilités accrues à ses adjoints, Pierre Dorion et Randy Lee, « qui en font plus que la plupart des assistants d.g. ».

Il a aussi révélé qu'un plan de succession est déjà en place et que les Sénateurs « seront prêts » lorsqu'il devra passer le flambeau. Une mesure malheureusement nécessaire dans les circonstances, quand on sait à quel point Mark Reeds est parti rapidement lorsque son cancer de l'oesophage s'est manifesté à nouveau, en février dernier.

On peut présumer c'est mon cas que Dorion sera l'élu du propriétaire Eugene Melnyk lorsque ce jour arrivera. Difficile de prédire parce que Melnyk a été très, très silencieux cette saison (il ne planifie pas de bilan de fin de campagne, semble-t-il).

L'incertitude à ce niveau n'empêchera pas l'entraîneur-chef Dave Cameron de signer la prolongation de contrat que Murray lui a offerte cette semaine.

« Bryan est celui qui m'a embauché. Ma situation relève de lui. Je connais Randy et Pierre, mais je ne me soucie pas de ça. J'ai ma relation avec Bryan, on se parle tous les jours. J'ai ma relation avec les assistants d.g. Ce qui va arriver plus tard va arriver plus tard. Je connais Bryan depuis longtemps, depuis que j'ai travaillé pour lui dans la Ligue américaine. C'est remarquable qu'il soit dans la LNH depuis si longtemps, et maintenant, de faire son travail malgré le défi auquel il fait face au niveau de sa santé, c'est incroyable. C'est étonnant de voir comment il garde le pouls de cette équipe malgré tout », a mentionné Cameron quand il est passé au podium.

UN ÉTÉ CHAUD

Maintenant qu'on a obtenu réponse à ces deux questions, Bryan Murray pourra s'atteler à régler les nombreux dossiers qui sont sur son bureau pour l'été. Bien hâte de voir comment il va s'y prendre pour régler la question des gardiens, à condition qu'Andrew Hammond accepte l'offre de l'équipe, et quels vétérans aux contrats trop onéreux (David Legwand, Colin Greening, Jared Cowen) sera-t-il capable de liquider ? Et combien vont coûter les Stone, Zibanejad, Hoffman, Pageau et Chiasson ?

Un été qui s'annonce assez chaud, donc, au sous-sol du Coffre d'outils où se trouvent les bureaux de la direction.

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