Le dilemme du Hamburglar

Andrew Hammond tentera-t-il sa chance sur le marché... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Andrew Hammond tentera-t-il sa chance sur le marché des joueurs autonomes le 1er juillet prochain?

Patrick Woodbury, LeDroit

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Même avec un peu de recul, Andrew Hammond a encore peine à croire ce qui lui est arrivé au cours des derniers mois.

L'histoire invraisemblable du Hamburglar a été LE fait saillant de cette saison 2014-2015 des Sénateurs d'Ottawa, et d'un point de vue individuel, c'est certes le meilleur conte de fées jamais écrit dans l'histoire de cette équipe.

Pas plus tard qu'en janvier dernier, il était un gardien bien ordinaire dans la Ligue américaine, au point où le directeur général Bryan Murray avait déclaré dans une entrevue qu'il n'était pas question d'échanger Craig Anderson dans le cadre d'une vente de feu vu que «nous n'avons pas de troisième gardien».

Quatre mois plus tard, après une séquence de 15 parties sans défaite en temps réglementaire (à un match du record de Patrick Lalime) pour amorcer sa carrière dans la LNH, Hammond a été la coqueluche de la remontée historique de son club pour accéder aux séries, en plus d'avoir été au coeur d'une campagne de marketing avec un certain restaurateur rapide, ce qui a amené de nombreux partisans à se mettre à lancer des hamburgers sur la patinoire après ses victoires.

Le sauveur de la saison des Sénateurs n'aura cependant pas été en mesure de poursuivre ses miracles en séries éliminatoires, alors qu'il a alloué plusieurs buts douteux lors des deux premiers matches de la série contre le Canadien, poussant son entraîneur à envoyer Anderson en relève.

Hammond pose donc un sérieux problème aux dirigeants de l'équipe à l'aube d'une saison morte chargée: est-ce qu'il faut à tout prix faire signer un nouveau contrat à sens unique à ce gardien de 27 ans, lui qui sera agent libre sans compensation le 1erjuillet prochain? Ou est-ce qu'il n'était qu'un feu de paille, un Steve Penney des temps modernes qui ne rééditera jamais de tels exploits?

«J'ai toujours cru que je pouvais jouer dans cette ligue et maintenant que je l'ai fait, je me sens à l'aise et je pense que je peux être un actif pour une équipe. C'est tout ce que tu peux espérer, avoir la chance de te prouver à toi-même que tu peux jouer», racontait Hammond hier en ramassant son équipement dans le vestiaire de l'équipe en vue du retour à sa résidence estivale près de Détroit, patelin de sa conjointe.

Le Hamburglar entend prendre un moment pour regarder en arrière et savourer tout ce qu'il a accompli au cours de ses premiers pas dans le circuit Bettman, la fiche de 20-1-2 avec trois blanchissages, la moyenne de 1,79, le taux d'efficacité de ,941! «Pour avoir du succès à ce niveau, il faut être un peu insouciant face à tout ce qui se passe autour de soi, mais en même temps, j'ai réalisé un rêve en jouant dans la ligue et en vivant ce que nous avons traversé, donc il faut prendre un pas en arrière et le savourer également», a-t-il mentionné.

Plus tard cette semaine, il va probablement s'asseoir avec son agent, Dan Plante, qui est basé au Minnesota, pour avoir une discussion sérieuse sur ce que l'avenir lui réserve.

Très apprécié dans le vestiaire parce qu'il est demeuré très calme et humble face à toute l'attention qu'il a générée, et qu'il ne manquait jamais de donner beaucoup de crédit à ses coéquipiers, Hammond a été un bon joueur d'équipe jusqu'à la fin, quand Anderson lui a damé le pion en reprenant son titre de gardien numéro un.

Dans les circonstances que l'on connaît, avec Anderson et Robin Lehner sous contrat pour plusieurs saisons, la tentation pourrait être grande pour lui de voir quelle est sa valeur sur le marché des agents libres, surtout si jamais l'offre des Sénateurs n'est pas très attrayante.

«Je suppose que la tentation pourrait être là, qui sait? On n'a pas encore parlé (avec la direction), il y a deux gardiens avec des contrats à sens unique et je ne sais pas ce qui va se passer. L'avenir le dira», a-t-il répondu quand je lui ai parlé de cette possibilité d'aller voir ailleurs si l'herbe ne serait pas encore plus verte.

La donnée inconnue dans tout ça est l'état de santé de Lehner, qui ne serait pas encore remis de la commotion cérébrale qui a permis à Hammond de prendre toute la place en février.

Le scénario que je verrais bien se réaliser: les Sénateurs mettent le Hamburglar sous contrat (disons, pour 6 millions$ pour trois ans) et Lehner prend le chemin de Buffalo avec le défenseur Jared Cowen pour le deuxième choix de première ronde des Sabres (acquis des Islanders) lors du repêchage, en présumant que le gardien suédois a retrouvé tous ses esprits d'ici là.

« C'est remarquable (ce qu'il a fait). La chance de jouer en séries ne se serait pas présentée sans ce que l'équipe et Andrew ont fait. C'était fantastique. Il était tellement calme, tellement en contrôle de soi, tellement humble. Il est arrivé et a travaillé très fort. C'est une de ces choses qu'on ne peut expliquer, mais il l'a fait. Il a trouvé un moyen d'y arriver. Tout le crédit lui revient, ça montre son caractère. » Craig Anderson

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