Carpe Diem, Bryan Murray

Parce qu'il souffre d'un cancer incurable, Bryan Murray... (Étienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

Parce qu'il souffre d'un cancer incurable, Bryan Murray ignore s'il sera de retour l'an prochain. Il profite donc de chaque instant.

Étienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Bryan Murray n'a pas dormi de la nuit de mardi à hier.

Ce n'est pas parce qu'il rejouait dans sa tête le match remporté en prolongation par ses Sénateurs d'Ottawa contre les Penguins de Pittsburgh qu'il n'a pas réussi à sombrer dans les bras de Morphée.

«Tu ne dors pas le soir après avoir eu un traitement de chimiothérapie, et j'en ai eu un (mardi). Ma soeur m'a envoyé un texto pour me demander comment je me sentais, et j'ai répondu qu'en venant au bureau, je me sentais très bien à cause de la performance de l'équipe. Ça va main dans la main. J'en ai parlé à mon oncologiste pour savoir comment le stress pourrait affecter ma vie et tout ça. Il est positif, c'est bon de faire partie d'une telle histoire. S'il faut passer à travers cette merde (le cancer), aussi bien le faire avec un groupe comme celui-ci», a-t-il raconté après la traditionnelle prise de photo d'équipe tenue hier matin au Coffre d'outils.

Il a beaucoup été question du destin hier au lendemain d'une autre victoire improbable des Sénateurs, qui ont comblé un déficit de 0-3 pour l'emporter ensuite 4-3, conservant leurs chances d'accéder aux séries éliminatoires. «J'étais prêt à congédier tout le monde après la première période», a blagué Murray, qui n'a rien perdu de son sens de l'humour.

On le sait depuis l'été dernier, l'homme de hockey originaire de Shawville est destiné à terminer ses jours à lutter contre un adversaire implacable, un cancer du côlon rendu au stade IV qui est inopérable et qui va inévitablement mettre fin à ses jours.

Est-ce que la photo d'équipe d'hier sera sa dernière, lui qui a été dans la première rangée pour une trentaine de ces clichés? Impossible de le prédire.

Tout ce que l'homme de 72 ans peut faire, c'est apprécier le moment présent. Et à l'heure actuelle, ses Sénateurs sont une belle histoire, peu importe ce qui arrivera lors des deux dernières parties de leur saison régulière. Leur fiche de 21-4-4 depuis le 10 février, incluant celle de 18-1-2 du gardien Andrew Hammond, a de quoi réconforter le dg qui a assemblé cette formation, surtout quand il voit des jeunes joueurs comme Mark Stone, Mike Hoffman, Cody Ceci, Jean-Gabriel Pageau, Curtis Lazar et Mark Borowiecki y contribuer grandement.

«Je n'ai jamais fait partie d'une telle séquence, avec un club qui n'abandonne jamais. Ce qui est plaisant, c'est qu'en deuxième moitié de saison, nos jeunes joueurs se sont améliorés grandement. Quand tu as un jeune groupe, tu sais qu'il devrait être meilleur en deuxième moitié, mais il a vraiment fait des pas de géants, ce qui est fantastique pour la ville, la direction et l'équipe elle-même», dit-il.

Inspiré et inspirant

Si Murray est inspiré par son équipe, le contraire est aussi vrai.

«Il a eu un grand rôle à jouer dans tout ça, d'abord avec les décisions qu'il a prises, puis avec l'attitude qu'il transmet dans notre vestiaire, c'est assez incroyable, mentionne le défenseur Marc Méthot. Il fait encore des blagues avec son sens de l'humour sarcastique. Comment peut-on se plaindre d'une couple de bobos ici et là quand on le voit dans la chambre et qu'on sait ce qu'il combat? Ça te fait réaliser que la vie n'est pas trop difficile pour nous, on est vraiment chanceux.»

Murray aura bien quelques maux de tête cet été en tentant de s'entendre pour de nouveaux contrats avec les Stone, Hoffman et Pageau, en plus de Hammond, qui mérite certes un contrat à sens unique de la LNH pour avoir sauvé la saison de cette équipe quand il a pris la relève des blessés Craig Anderson et Robin Lehner (l'un d'eux devra être échangé). Mais ça, ce sont des considérations pour plus tard.

Et si les Sénateurs échouent dans leur quête d'une place en séries?

«Ça serait décevant sur le coup, mais en regardant ce qui s'est passé ici, le développement de l'organisation, le futur qui semble brillant, notre profondeur au niveau de la jeunesse... Je pense que ce club ne pourra qu'être meilleur à l'avenir en raison de ce qu'il vient de vivre», a-t-il souligné, ajoutant au passage qu'il ne regrette pas d'avoir remplacé Paul MacLean par Dave Cameron derrière le banc plus tôt.

«On a fait ce qu'on devait faire au bon moment», estime-t-il alors que Cameron présente une fiche de 30-15-8 comme entraîneur-chef.

Alors que son club lui procure des sensations fortes, un qui n'a pas défilé devant les journalistes pour dire qu'il avait prévu le coup, c'est le propriétaire Eugene Melnyk. «Il est très content, mais il reste très tranquille, comme on veut qu'il le soit», a laissé entendre Bryan Murray.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer