Le Hamburglar se rapproche

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Jusqu'à preuve du contraire, Patrick Lalime demeure le meilleur gardien de l'histoire des Sénateurs.

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Jusqu'à preuve du contraire, Patrick Lalime demeure le meilleur gardien de l'histoire des Sénateurs, celui qui a le plus de victoires et de blanchissages dans leur uniforme, en saison comme en séries.

Jusqu'à tout récemment, il conservait aussi le titre du cerbère portant le personnage le plus coloré sur son masque, avec Marvin le Martien, mais Andrew Hammond et son Hamburglar lui livrent une chaude lutte.

En demeurant invaincu sauf en tirs de barrage pour un 13e match jeudi soir, Hammond commence aussi à souffler dans le cou de Lalime pour un record qu'il détient depuis près de 20 ans: le plus de parties sans défaite - en temps réglementaire ou en prolongation - en début de carrière dans la Ligue nationale de hockey.

Le Hamburglar n'est plus qu'à trois parties de la marque de 16 établie par Lalime à ses débuts avec les Penguins de Pittsburgh, en 1996-1997, et à un des trois gardiens qui se partagent le deuxième rang, Bill Durnan, Ken Dryden et Ross Brooks (voir tableau plus bas).

Lalime, maintenant analyste des matches du Canadien à TVA Sports, était donc un homme occupé vendredi, appelé à répondre à de nombreuses demandes d'entrevues pour parler de cette «menace» à sa marque. «Je viens de finir de parler à ESPN», m'a-t-il dit en retournant mon appel.

Impressionné

Comme observateur de la LNH et comme ancien gardien, Lalime est évidemment impressionné par tout ce que Hammond a accompli en arrivant dans la LNH au milieu d'une saison qui était somme toute ordinaire pour lui dans la Ligue américaine. Et il ne lui tiendra pas rancune s'il parvient à égaler ou battre son record vieux de 18 ans.

«C'est dans la nature humaine de te dire, j'ai ce record, je serais content (de le garder). Mais moi, je me dis toujours, c'est lui qui fait le travail. S'il parvient à le battre, le crédit lui revient. Les records sont là pour être battus. Moi, tout ce que je peux faire, c'est de regarder ça aller en ce moment et lui souhaiter bonne chance. À partir de là, c'est lui qui a ça entre les mains», affirme-t-il.

«Les records sont là pour être battus. Moi, tout ce que je peux faire, c'est de regarder ça aller en ce moment...»

Patrick Lalime

Lalime peut dresser énormément de parallèles entre ses retentissants débuts avec les Penguins et ceux de Hammond avec son ancien club.

«Comme lui, je suis embarqué en relève avant d'avoir mon premier départ, j'avais alloué trois buts contre les Rangers, lui deux contre la Caroline. Les gars devant moi (Tom Barrasso et Ken Wregget) se sont blessés, comme dans son cas. La chance est là, tu es privilégié de l'avoir et c'est à toi de la saisir. Quelle histoire, je regarde ça aller depuis le début et c'est merveilleux pour lui, la ville d'Ottawa et toute la LNH», estime celui qui avait vu sa séquence heureuse s'arrêter lors d'un revers de 4-3 en prolongation contre le Colorado.

Un underdog

Lui qui bénéficiait d'une excellente attaque menée par les Mario Lemieux, Jaromir Jagr et Ron Francis pour l'aider à Pittsburgh, Lalime apprécie particulièrement que Hammond se soit rendu jusque-là en allouant deux buts ou moins à ses 12 premières sorties. Et si la mise en marché qui entoure son surnom relié à la multinationale de la malbouffe ajoute une touche commerciale à ses exploits, il retient surtout le parcours d'Andrew Hammond avant d'en arriver là.

«J'admire une histoire d'underdog, de gars qui part de loin et qui n'a jamais lâché. Ça me fait penser énormément à la mienne», dit-il.

Hammond, rappelez-vous, avait failli abandonner le hockey à 18 ans quand il avait été retranché de son club junior près de Vancouver. Un entraîneur junior B l'avait cependant convaincu de ne pas abandonner, ce qui l'a ensuite mené à l'Université Bowling Green.

Patrick Lalime a pour sa part été retranché par les Cataractes de Shawinigan à 17 ans et comme son club junior AAA ne voulait pas de lui, il s'est retrouvé en Abitibi avec un club junior AA qui jouait et s'entraînait une fois par semaine. Il a joué pour les Braves de Valleyfield l'année suivante avant d'être rappelé par les Cataractes en fin de saison. Repêché par les Penguins en sixième ronde en 1993, il a commencé sa carrière dans les rangs professionnels dans la ligue East Coast, avant de gravir les échelons. Et même après sa fameuse séquence, il a dû retourner dans les mineures en raison d'une dispute salariale, s'amenant ensuite à Ottawa en 1999 via Anaheim.

Un conseil pour le «Hamburglar» en terminant?

«Le gros défi là-dedans, et je l'ai entendu en parler, c'est d'y aller une journée à la fois, un match à la fois. Tu essaies de ne pas penser à tout ce qui se passe en ce moment, d'où tu es parti il y a quelques semaines ou quelques mois. Il était un inconnu et maintenant on en parle à travers la LNH. Le défi est mental pour lui, la pression n'était peut-être pas là au début parce qu'il était là pour battre les odds, mais chaque fois que tu gagnes, la pression monte et c'est de bien gérer tout ce qui t'arrive. En ce moment, il fait de l'excellent travail à ce niveau.»

Des débuts fracassants

Les plus longues séquences sans défaite pour amorcer une carrière dans la LNH
NomÉquipeSaisonFiche
Patrick LalimePenguins de Pittsburgh1996-199714-0-2
Bill DurnanCanadien de Montréal1943-194411-0-3
Ken DrydenCanadien de Montréal1971-1972 et 1972-197312-0-2
Ross BrooksBruins de Boston1972-197311-0-3
Bob FroeseFlyers de Philadelphie1982-198312-0-1
Andrew HammondSénateurs d'Ottawa2014-201512-0-1
Note: Pour les cinq premiers, la troisième colonne représente des matches nuls. Pour Hammond, il s'agit d'une défaite en tirs de barrage.
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