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Hockey Québec a choisi un drôle de moment pour annoncer qu'elle entendait abolir la mise en échec corporelle aux niveaux bantam CC et midget BB à compter de la saison prochaine.

Alors que l'annonce officielle est venue hier, tel que dévoilé en primeur hier par nos collègues de La Presse, celle-ci est survenue au lendemain où un ancien joueur midget BB, Danick Martel, a signé un contrat de trois ans avec les Flyers de Philadelphie.

L'attaquant de 20 ans de l'Armada de Blainville-Boisbriand, deuxième compteur de la LHJMQ avec 102 points, représente un cas exceptionnel, c'est certain.

Jamais repêché, autant dans la LHJMQ que dans la LNH, ses performances sur la glace malgré sa petite taille (5' 8") lui ont permis de décrocher un contrat professionnel.

S'il s'était retrouvé à jouer au niveau midget BB à 15 ans, il faut noter que c'était aussi par choix: il avait refusé de changer d'école dans son patelin de Drummondville afin de faire partie de l'équipe midget espoir du coin, rapportait La Tribune lorsqu'il s'est taillé un poste avec les Cantonniers midget AAA de Magog l'année suivante. Et les règlements de son association locale ne permettaient pas à un joueur de première année de se tailler une place avec sa formation midget AA.

La décision des bonzes du hockey mineur québécois a été prise il y a trois semaines et vise évidemment à tenter d'enrayer ce fléau des sports de contact, les commotions cérébrales, qui ne cesse de prendre de l'ampleur.

Ayant eu un fils qui a eu trois commotions lors de trois saisons successives, je suis très sensible à ces arguments et je pense que Hockey Québec fait bien d'éliminer la mise en échec complète pour permettre seulement le contact physique - jouer l'homme, en jargon de hockey - comme c'est permis aux niveaux double et triple lettre chez les pee-wees ainsi qu'au hockey féminin.

Il y a des exceptions comme Martel ou David Perron, des Penguins (il a joué au niveau midget B, incroyablement), mais ils sont quand même très rares les hockeyeurs qui arrivent aux plus hauts niveaux du hockey élite sans être passés auparavant par les niveaux AAA et AA.

Oui, je sais, il y a parfois des injustices dans le hockey mineur, des décisions d'entraîneurs qui font que des hockeyeurs talentueux se retrouvent à un niveau inférieur à leur calibre.

À force de persévérance, il y a quand même toujours moyen de se faufiler à travers les branches, si on y tient vraiment.

Pour une organisation comme Hockey Québec, il faut soupeser les droits de cette infime minorité par rapport au besoin d'assurer la sécurité de la majorité. Et de nos jours, dans une société où on cherche à protéger tout le monde - à se protéger d'éventuelles poursuites - ce dernier droit va toujours l'emporter.

Un meilleur enseignement

Au moins, la décision de Hockey Québec s'accompagne d'une volonté de mieux enseigner la mise en échec corporelle, ainsi que le contact physique, en début de saison. Plus de temps sera consacré à l'enseignement de ces techniques en début de saison, et les joueurs bantam CC et midget BB auront droit à la même formation que les autres, en théorie en tout cas, avant de pouvoir être appelés à jouer aux niveaux supérieurs comme affiliés. Les entraîneurs devraient également avoir un meilleur encadrement à ce niveau.

«Je pense que c'est un bon compromis. À l'origine, il était question d'enlever aussi la mise en échec au niveau bantam BB, mais j'ai été le premier à lever la main lors de la réunion des présidents régionaux pour dire que ça n'était pas logique. Il y a une clientèle pour ça et si on ne l'offrait pas, il y aurait eu du hockey indépendant qui aurait été lancé», confiait hier le président de Hockey Outaouais, Mario Lemery.

Ce dernier faisait remarquer, avec raison, que le calibre de jeu des niveaux bantam CC et midget BB pourrait bien se trouver à être amélioré dans le futur, étant donné que plusieurs joueurs préféraient demeurer dans le A parce qu'ils ne voulaient pas être exposés à la mise en échec.

L'important, c'est que les cerveaux d'une majorité de jeunes joueurs qui vont éventuellement devoir travailler pour gagner leur vie tout en jouant au hockey dans des ligues de garage (je leur souhaite) sont protégés le mieux possible.

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