Un (très) long chemin

Andrew Hammond se rappellera longtemps de son premier... (Adrian Wyld, La Presse Canadienne)

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Andrew Hammond se rappellera longtemps de son premier match dans la LNH.

Adrian Wyld, La Presse Canadienne

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Pour un gars qui avait abandonné le hockey à 18 ans, ce qui aurait normalement dû être son année de repêchage, Andrew Hammond s'est assez bien débrouillé merci mercredi soir au Coffre d'outils.

Vous devez me connaître depuis le temps que j'écris dans ces pages, j'ai un faible pour les bonnes histoires de gardiens de but, et celle du cerbère que les Sénateurs ont parachuté devant leur filet lors de leur victoire de 4-2 contre le Tricolore est pas mal bonne.

Âgé de 27 ans, il a suivi un chemin assez particulier pour se rendre dans les rangs professionnels. Comme il penchait vers le hockey universitaire américain, il jouait au niveau junior A dans sa Colombie- Britannique natale, mais il n'avait plus le goût de jouer à 18 ans et il a tout lâché. Il n'est revenu que quelques mois plus tard à l'invitation d'un entraîneur junior B dans son patelin, et c'est là qu'il a repris goût au hockey. Deux saisons avec les Vipers de Vernon lui ont ensuite permis de jouer à l'université Bowling Green pour quatre ans, avec des clubs assez médiocres. Ce qui n'a pas empêché les Sénateurs de le remarquer et il a passé les deux dernières saisons avec leur club-école à Binghamton, où il n'a rien cassé. «Tout arrive pour une raison. Mais quand tu réengages envers ton sport et que tu te mets au travail, ça montre que n'importe quoi peut arriver», avait-il dit en matinée.

Tout, incluant un gain contre les meneurs de l'Est, un club qui avait une fiche de 14-2 avant cette rencontre face à des gardiens auxiliaires.

Hammond a été solide lors de cette rencontre à laquelle ses parents Sandy et Marshall ont assisté quelque part à Phoenix, où ils terminaient des vacances. Ils sont habituellement «très nerveux» dans les gradins quand ils assistent à ses parties, a raconté le fiston, et je peux les comprendre très bien.

Dès le premier tiers, on sentait que quelque chose de spécial pourrait arriver pour celui qui a une image d'un Hamburglar sur son masque, alors qu'il a frustré Max Pacioretty sur une demi-échappée et qu'il a vu deux tirs aboutir sur des poteaux, ceux de Brandon Prust avec une cage béante devant lui et P.K. Subban plus tard.

«L'arrêt contre Pacioretty m'a mis dans le match, c'était un rappel que je peux faire ça, arrêter un des meilleurs joueurs de la ligue... Pour les poteaux, j'ai toujours pensé que ça prenait une couple de poteaux pour obtenir un blanchissage. Tu te sens bien quand ça arrive. Évidemment, tu ne veux pas avoir à t'en servir pour faire des arrêts, mais ça a bien fonctionné (mercredi)», a confié celui qui a effectué 41 arrêts dans le vestiaire des gagnants.

Il a ainsi gagné son duel contre l'adjoint de Carey Price, Dustin Tokarsky, qui a perdu quatre de ses cinq dernières sorties.

«C'est la même histoire trop souvent, devant (Tokarsky), il faut trouver le moyen de marquer plus de buts. C'est frustrant de toujours faire ça quand il est devant le filet», soulignait Pacioretty, qui a déjoué Hammond entre les jambières en échappée huit secondes après le but de Milan Michalek qui ouvrait le pointage.

Pageau impressionne

Si Hammond a étonné bien du monde avec sa performance, celle de Jean-Gabriel Pageau à son retour à Ottawa n'aurait dû surprendre personne. Le héros des séries de 2013 a toujours le numéro du Canadien, y allant de son deuxième but de la saison contre eux (sur ses trois filets) pour lancer les siens en avant en fin de deuxième. Il se reprenait pour quelques chances manquées, dont une lorsque Subban a bloqué son tir dans l'enclave.

«C'est toujours spécial de compter contre le Canadien, j'ai beaucoup d'amis qui prennent pour eux et c'est le fun de pouvoir leur envoyer un texto pour les écoeurer un peu... Je suis aussi bien content pour Hammond, qu'il ait remporté sa première victoire. C'est un gars qui ne lâche jamais, il travaille fort dans les pratiques, il mérite vraiment ce qui lui arrive et il va se rappeler longtemps de cette soirée», a-t-il confié.

Avec Robin Lehner et Craig Anderson sur la touche, les Sénateurs étaient dans le trouble et ils le sont encore. Mais l'espace d'un soir à tout le moins, Andrew Hammond aura écrit une belle histoire. Curieux de voir la suite pour lui.

«Il s'est bien battu, arrêtant même quelques tirs avec sa tête. Quand un gars comme lui arrive des mineures et pratique pour deux semaines, il n'est pas difficile d'être content pour lui», a analysé son entraîneur, Dave Cameron.

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