Une tragédie, rien de plus

Steve Montador en 2004... (PHOTO RYAN REMIORZ, ARCHIVES PC)

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Steve Montador en 2004

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Dans notre société où l'information circule très vite, on saute tout aussi rapidement aux conclusions.

Quand un événement survient, comme le décès de l'ancien défenseur de la LNH Steve Montador en fin de semaine, on ne perd pas de temps à faire des liens, que toute l'information soit disponible ou non.

«Commotions: la mort de Steve Montador relance le débat», titrait La Presse mardi matin.

L'ancien défenseur des Flames, des Sabres et des Blackhawks, notamment, est décédé dans la nuit de samedi à dimanche à son domicile de Mississauga à l'âge de 35 ans. La police régionale de Peel a indiqué qu'il ne s'agirait pas d'un meurtre ou d'un suicide, ayant ouvert une enquête pour une «mort subite» et non une enquête criminelle pour une mort suspecte. Une autopsie devra être pratiquée pour déterminer les causes exactes du décès, qui ne seront connues que si sa famille donne sa permission.

La nouvelle a secoué toute la communauté du hockey, en particulier les nombreux hockeyeurs qui l'ont côtoyé au fil d'une carrière marquée par plusieurs commotions cérébrales.

Chez les Sénateurs, l'attaquant Clarke MacArthur l'avait connu à Buffalo. Dans un blogue du collègue Sylvain St-Laurent, quelques heures avant d'être sonné lors de sa collision avec le gardien Robin Lehner (même si le club n'a pas parlé de commotion hier dans les deux cas), il a discuté longuement de ses angoisses face à son après-carrière, problème auquel Montador était confronté.

«Il était un super coéquipier. Il avait des problèmes personnels. Il n'a pas été capable de s'en sortir. Je suis vraiment triste de voir un bon gars comme lui finir ses jours de cette façon. Personne n'a pu prévenir l'irréparable. C'est vraiment regrettable. La vie ne devrait jamais finir de cette façon. J'ai beaucoup de peine pour sa famille», a notamment dit MacArthur.

Je n'ai pas connu personnellement Montador et je ne veux donc surtout pas spéculer sur les «problèmes personnels» qu'il pouvait avoir. Mais avant de dire que son décès a un lien quelconque avec ceux des Derek Boogaard, Rick Rypien et Wade Belak survenus à l'été 2011, est-ce qu'on ne devrait pas attendre de connaître les résultats de l'autopsie?

Une «mort subite» peut arriver pour toutes sortes de raisons, qu'il s'agisse d'une crise cardiaque ou autre. Encore une fois, rien ne sert de spéculer. L'autopsie donnera des réponses, et si sa famille décide de faire don de son cerveau à la science, peut-être qu'il sera possible de déterminer s'il souffrait d'encéphalopathie traumatique chronique, cette maladie dégénérative détectée post mortem chez plusieurs anciens joueurs de la NFL et de la LNH. Montador faisait d'ailleurs partie des quelque 200 joueurs qui ont intenté une poursuite contre la LNH concernant son traitement des joueurs victimes de commotions.

Je sais que cela implique un peu de patience, une vertu dont on manque cruellement de nos jours.

Une triste journée

«Il devait évidemment composer avec certains démons, mais ce que je vais toujours me souvenir de Steve, c'est qu'il était un gars qui avait ses coéquipiers, sa famille et ses amis à coeur. C'est une triste journée», a confié l'ancien Olympique Martin Gélinas, maintenant entraîneur adjoint avec les Flames, au collègue Eric Duhatschek, du Globe and Mail.

«Je suis comme tout le monde, en état de choc. Tout le monde a des hauts et des bas. Tout le monde compose avec les choses différemment. En fin de compte, je ne suis pas trop certain des détails de ce qui est arrivé. J'aimerais juste laisser ça comme ça: il était un ami, un membre de la famille et quelqu'un pour qui j'avais beaucoup d'affection», a ajouté Gélinas.

Bien dit, très bien dit.

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