Réconciliation temporaire

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TIMOTHY A. CLARY, Associated Press

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L'espace d'un match, un excellent match, la NFL a réussi à reléguer au second plan tous les ennuis qu'elle a éprouvés cette saison.

L'incident de violence conjugale impliquant Ray Rice? Une vedette comme Adrian Peterson qui plaide coupable à des accusations d'avoir fouetté son jeune fils? Le recours collectif d'anciens joueurs qui ont subi des commotions cérébrales non traitées au fil de leurs carrières?

Vous n'avez pas trop entendu parler de ces controverses dimanche en marge du spectacle offert au Super Bowl XLIX à Phoenix.

Il y a bien celle, assez ridicule, des ballons pas assez gonflés qui suscitait encore des blagues et des accusations de tricherie envers les Patriots, mais c'était de bonne guerre. Les partisans des Colts d'Indianapolis ne trouvaient probablement pas ça drôle, mais ce n'est quand même pas quelques livres de pression en moins dans les ballons qui a fait toute la différence dans la raclée de 45-7 qu'ils ont encaissée en finale d'association il y a deux semaines.

Je dois vous avouer que tous les problèmes de cette grosse machine de «marketing» qu'est la NFL ont érodé mon intérêt pour celle-ci cette saison.

Avant le Super Bowl, je n'ai pas regardé un seul match de cette ligue de bout en bout, me contentant des faits saillants de fin de soirée. Tous les écarts de conduite des joueurs ont contribué à ce manque d'intérêt, tout comme les ratées de mon club favori depuis le milieu des années 1970 (avant leurs conquêtes de quatre titres), les 49ers de San Francisco.

MATCH ENLEVANT

Mais tous les rebondissements de la partie de dimanche m'ont réconcilié, au moins pour une journée, avec le football américain.

Tom Brady qui orchestre la remontée de son club au quatrième quart, puis qui voit ensuite les Seahawks se rendre à la porte des buts grâce à un spectaculaire attrapé de Jermaine Kearse, c'était du grand théâtre.

L'interception de Malcolm Butler quand Seattle a choisi de passer plutôt que de donner le ballon à son demi vedette Marshawn Lynch, ça va faire jaser pendant des lunes et des lunes. L'entraîneur-chef Pete Carroll a pris le blâme pour cette décision illogique, ce qui est tout à son honneur.

Il va cependant rester marqué à tout jamais par cette décision, un peu comme Marc Crawford l'a été quand il n'a pas utilisé le meilleur compteur de tous les temps dans la LNH, Wayne Gretzy, lors des tirs de barrage de la demi-finale des Jeux olympiques de Nagano en 1998.

S'il avait compté le touché de la victoire, Lynch aurait possiblement été nommé le joueur par excellence de la rencontre, lui qui avait amassé 102 verges de gain par la course auparavant. Il aurait été intéressant de voir s'il aurait repris sa fameuse citation de la semaine dernière, «je suis juste ici pour ne pas recevoir d'amende», en acceptant cet honneur du commissaire Roger Goodell.

Alors que l'arrogance de Lynch face aux médias contribue à mon désintéressement pour la NFL, l'autre candidat possible des Seahawks au titre de joueur par excellence représentait une belle histoire: Chris Matthews, ce receveur format géant qui a capté ses premières passes en carrière lors de ce match, quatre pour 109 verges avec un touché qui créait l'égalité 14-14 juste avant la mi-temps (et le spectacle pas trop mémorable de Katy Perry, si vous voulez mon avis, mais je ne suis pas un critique de musique).

Matthews est un ancien de la Ligue canadienne de football, il a été la recrue de l'année en 2012 avec les Blue Bombers de Winnipeg. Blessé plus souvent qu'à son tour la saison suivante, il travaillait dans un Foot Locker de son patelin de Long Beach, en Californie, pendant la saison morte quand les Seahawks l'ont appelé en janvier 2014 pour un essai le soir même. Il leur avait répondu initialement qu'il ne pensait pas pouvoir y aller parce qu'il devait travailler jusqu'à 21 h, avant que son agent ne lui fasse entendre raison. Seattle l'a mis sous contrat en février de l'an dernier, puis il a passé une partie de la présente saison sur leur alignement de pratique.

Une belle histoire, le genre d'histoire qui vous réconcilie avec la NFL pour un moment. Puis au lendemain du Super Bowl, vous apprenez que la saison morte est bien partie avec l'annonce que le quart des Browns de Cleveland Johnny Manziel se retrouve présentement en cure de désintoxication pour un problème non spécifié.

C'est quand, le prochain match?

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