La nostalgie du retour

La production offensive de Spezza est en baisse... (Patrick Woodbury, LeDroit)

Agrandir

La production offensive de Spezza est en baisse cette saison.

Patrick Woodbury, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Ça ne s'invente pas.

En raison d'un nez cassé mardi à Montréal lors d'une charge d'Alexeï Emeline, Jason Spezza va porter une visière «à la Dany Heatley» jeudi soir lors de son retour attendu au Coffre d'outils.

Cible de critiques pour son jeu à haut risque tout au long de ses 11 ans dans la capitale, le centre des Stars de Dallas peut certes s'attendre à un accueil moins hostile que son ancien ailier gauche lorsqu'il sautera sur la patinoire du Centre Canadian Tire pour la première fois dans un chandail d'une autre couleur.

Comme Heatley, il a pourtant demandé aux Sénateurs de l'échanger l'été dernier, après une seule et unique saison comme capitaine de l'équipe qui l'avait repêché au deuxième rang au total du repêchage de 2001, avec un choix obtenu dans la transaction qui a envoyé un autre ancien Sénateur controversé, Alexeï Yashine, à Long Island.

La grande différence avec son ami «Heater», c'est que Spezza n'a pas mis un fusil sur la tempe du dg Bryan Murray afin de choisir sa destination, et il lui a presque fait une faveur avec sa requête puisqu'il ne restait qu'une année à son contrat et qu'il n'avait aucune intention de prolonger son pacte pour rester à Ottawa. Et ce même s'il était capitaine de l'équipe, ce qui, a-t-il avoué hier, a rendu sa décision de partir encore plus difficile.

«Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, a-t-il répondu quand je lui ai demandé mercredi à quel genre de réaction il s'attend de la foule, lors d'un point de presse fort couru après la pratique des siens au CCT. Les partisans sont passionnés. J'espère que les gens vont se rappeler de moi comme d'un joueur qui donnait son maximum et qui a connu du succès. Mais je m'attends à ce qu'ils encouragent leur équipe aussi, ils l'ont toujours fait. J'espère qu'ils apprécient que j'ai tout donné quand j'étais ici et que j'ai tout fait pour nous aider à gagner.»

Son principal regret à Ottawa est de ne pas avoir réussi à gagner une coupe Stanley pendant une période où les Sénateurs étaient parmi les clubs d'élite de la LNH, de 2003 à 2009. Leur fenêtre s'est ensuite refermée et plusieurs membres du noyau du club (les Heatley, Mike Fisher, Chris Kelly) ont été échangés, alors que d'autres (Chara, Wade Redden et surtout Daniel Alfredsson) sont partis en tant qu'agents libres.

«Il y a de la nostalgie en revenant ici. Tu te rappelles des bons moments que nous avons eus... En même temps, tu veux être professionnel. Je suis avec les Stars de Dallas et je pense que nous sommes en train de trouver notre identité alors qu'on ne répondait pas aux attentes en début de saison. C'est différent parce que c'est aussi la fin d'un chapitre de ma carrière. Je savais que c'était inévitable de passer par là quand j'ai été échangé... Cette date est encerclée sur mon calendrier depuis longtemps.»

Tous les entraîneurs qui l'ont dirigé à Ottawa, de Jacques Martin à Paul MacLean (avec qui il était semble-t-il à couteaux tirés), ont tenté de le rendre plus responsable en défensive, de l'amener à réduire ses revirements coûteux en particulier. Ce n'est pas différent à Dallas, où Spezza présente une fiche de 8 buts et 27 passes pour 35 points en 47 parties (bien loin de sa moyenne d'un point par match à Ottawa, 687 points en 686 parties) avec un différentiel de moins-4.

«Je pense que (le changement) a fait de moi un meilleur joueur, on demande différentes choses de moi à différents moments... Lindy (Ruff) est un vétéran entraîneur, il est très bon, la communication est ouverte en tout temps. Il tente de m'amener à faire les choses différemment», note-t-il.

Ruff a été impressionné de voir Spezza revenir dans le match de mardi au Centre Bell, avec un nez en piètre état, et il ne manque pas de vanter son travail récent. «Depuis six ou sept semaines, il joue très bien. Il est à l'aise avec comment on doit jouer... Au début de la saison, il y en avait trop (des revirements). On lui demande de faire des jeux spéciaux, ça va arriver à l'occasion. Mais il s'est bien ajusté», estime l'ancien entraîneur des Sabres.

Il reste que les Stars, un club qui a participé aux séries l'an passé, occupent actuellement le 11e rang dans l'Ouest, à six points du dernier rang donnant accès aux séries. Comme Ottawa avant eux, ils doivent se demander s'il est possible de tout gagner avec Jason Spezza dans l'alignement.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer