Les Sénateurs sur les plaines, pas demain la veille

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Ne retenez pas votre souffle en attendant le jour où vous pourrez assister à un match des Sénateurs d'Ottawa dans un amphithéâtre flambant neuf voisin du Musée de la guerre.

La nouvelle de nos collègues du Citizen de mercredi à l'effet qu'un déménagement de Kanata aux plaines LeBreton était «considéré activement» par les dirigeants de l'équipe, le propriétaire Eugene Melnyk en tête, a évidemment fait jaser... et rêver.

C'est l'évidence même, un aréna si près du centre-ville serait bien plus pratique pour tout le monde, sauf évidemment les gens de l'ouest de la capitale. Quand Bruce Firestone et ses collègues de Terrace Investments ont élaboré leur plan pour obtenir une franchise de la LNH en 1988, leur rêve tournait cependant autour du coup d'argent à faire avec des terrains agricoles à développer après un changement de zonage, ce qui a financé les frais d'acquisition d'une équipe alors fixés à 50 millions $. Mon collègue Pierre Jury en parle en éditorial, d'ailleurs.

Firestone a raconté sur son propre blogue il y a quelques années que la Commission de la capitale nationale, alors menée par la «reine» Jean Pigott, ne voulait rien savoir d'un aréna sur ces terres expropriées pendant les années 1960. «En privé, [les dirigeants de la CCN] nous avaient dit "non". En public, ils disaient "On va l'étudier", ce qui veut dire la même chose», a écrit Firestone.

Peut-être que la CCN serait plus ouverte maintenant à cette idée qui rallierait un peu tout le monde, tant que le tout serait payé par des investisseurs privés et non par les institutions publiques. Mais de prime abord, ça me semble peu probable.

Date butoir

Les critères établis pour la demande de soumissions de projets, dont la date butoir est le 7 janvier, ne cadrent pas vraiment avec la construction d'un aréna. Mais sait-on jamais, le gouvernement conservateur, le ministre John Baird en tête, est peut-être plus ouvert à faire des affaires, pourvu encore une fois qu'il n'ait pas à y mettre de l'argent des contribuables.

En confirmant leur intérêt, les Sénateurs ont dit qu'ils ont «été approchés par plusieurs compagnies bien établies du secteur privé ainsi que par des organismes communautaires qui ont exprimé un fort désir de s'associer à nous pour développer une proposition de classe mondiale pour le site».

Est-ce que c'est relié aux opérateurs de casino qui voulaient s'associer à Melnyk l'an dernier pour obtenir une maison de jeu voisine du Centre Canadian Tire (CCT)? Je n'en sais rien. Mais le président du club, Cyril Leeder, a commencé à parler de la possibilité de déménager à un endroit voisin d'une station de train léger dès novembre l'an passé, lors d'une entrevue radiophonique.

«Ça fait longtemps que ça se parle, il y a certes un niveau de frustration chez les gens qui vont au CCT à l'heure de pointe et qui ont peu d'options (de transport en commun), a dit le maire d'Ottawa Jim Watson lorsqu'appelé à commenter le dossier hier. Nous sommes sur les lignes de côté... C'est un terrain de la CCN et l'équipe appartient à M. Melnyk. La CCN recherche quelque chose de spectaculaire, d'envergure nationale ou internationale. Si ce n'est pas pour être un musée des sciences et de la nature parce que le gouvernement fédéral manque de fonds, je ne sais pas ce qui pourrait atteindre cet objectif.»

Au CCT, les joueurs se sont fait demander de commenter, ce qui est bien prématuré. De toute façon, d'ici à ce qu'un tel projet se réalise, la plupart d'entre eux ne seront plus ici.

«J'ai peur de donner mon opinion parce que 50% des amateurs vont se mettre sur mon dos, a indiqué Marc Méthot. Je suis le seul qui reste en ville (dans le quartier du sud). Évidemment, jouer à LeBreton serait bien. Mais je n'ai pas de problème à me rendre ici. Je vais rester sur la clôture, car il y a des pour et des contre. D'un point de vue d'affaires, il y aurait plus de gens qui viendraient de l'autre côté de la rivière. Je vais m'arrêter là.»

C'est un beau rêve et on l'a vu avec l'obtention des Sénateurs et la construction du Palladium (rebaptisé quelques fois depuis), les rêves fous se réalisent parfois.

Mais il faut être patient, on le voit bien à Gatineau alors qu'on attend toujours la première pelletée de terre du futur centre multifonctionnel qui viendra remplacer l'aréna Robert-Guertin, un de ces jours, peut-être. Ce n'est pas demain la veille, surtout que les Sénateurs mettent présentement quelques millions$ pour retaper leur domicile inauguré en 1996.

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