La victoire des «hommes de compagnie»

Murray a choisi un autre «homme de compagnie»... (Photo Sean Kilpatrick, Archives PC)

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Murray a choisi un autre «homme de compagnie» comme entraîneur.

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Bryan Murray a toujours été un bon homme de compagnie en plus d'être un assez bon homme de hockey, ce n'est pas pour rien qu'il a réussi à survivre plus de 30 ans dans la LNH.

Hier, le directeur général des Sénateurs a congédié un entraîneur-chef, son quatrième en sept ans comme dg, et le licenciement de Paul MacLean pourrait bien lui avoir été dicté par son patron, Eugene Melnyk.

Murray avait l'air mal à l'aise en se présentant, seul, sur l'estrade aménagée dans la salle de conférence de l'équipe.

Si le tapis qu'on sentait glisser sous les pieds de Paul MacLean a été retiré brusquement au lendemain d'une victoire où son club n'avait pas donné l'impression de l'avoir abandonné, comblant un déficit de 3-0, c'est que la décision avait été prise bien avant cette victoire de 4-3 contre les Canucks dimanche soir.

«J'ai eu des journées difficiles récemment, et c'en est une autre... Quand vous travaillez avec un entraîneur pendant un certain temps, vous passez de longues heures ensemble, vous allez souper, vous prenez une bière. Quand vous devez remercier un entraîneur, c'est personnel et c'est difficile. Mais je suis redevable envers l'organisation. La performance n'était pas au niveau que l'on s'attendait», a-t-il déclaré d'entrée de jeu.

Redevable envers l'organisation sont les mots clés ici, à mon avis. En anglais, il a parlé de ses «obligations».

Murray joue le rôle de l'exécuteur dans ce cas-ci, surtout quand on sait que le successeur de MacLean est Cameron, un autre «homme de compagnie» qui avait quitté les Senators de Binghamton en 2007 pour retourner diriger le club junior de Melnyk du temps, les Majors de Mississauga/St. Michael's. Il est resté avec eux jusqu'à ce qu'ils accueillent le tournoi de la coupe Memorial de 2011, s'inclinant en finale de celui-ci tout comme ils l'avaient fait en finale de la Ligue de hockey de l'Ontario, en prolongation lors d'un septième match.

Cameron, il faut le rappeler, avait réalisé un rare tour du chapeau cette année-là alors qu'il avait vu Équipe Canada junior s'incliner en finale du Championnat mondial junior de Buffalo, échappant une avance de 3-0 en troisième période contre la Russie avant de s'incliner 5-3. Le match avait été une réelle débandade où Cameron n'avait jamais demandé de temps d'arrêt.

Est-ce qu'il est condamné à devenir un autre Dave Allison, le «Sparky» embauché par Randy Sexton pour remplacer l'entraîneur original Rick Bowness avant que Jacques Martin ne s'amène pour mettre de l'ordre dans la cabane en 1996?

J'imagine qu'il faut donner une chance au coureur, mais je vais me ranger dans le clan des sceptiques pour l'instant.

Une des particularités du règne de trois saisons et un quart de Paul MacLean (fiche de 114-90-35 à Ottawa) est qu'il ne laissait jamais ses adjoints parler aux médias, donc il sera très intéressant d'entendre ce que Cameron aura à dire aujourd'hui quand il prendra la barre du club. Il est dans une position très difficile, même s'il n'a pas été nommé par intérim, son contrat de deux ans devant être renégocié avec un salaire majoré.

Pas rassurant

Historiquement, les adjoints qui font le saut comme grand patron avec le même club ont des difficultés à établir leur autorité ensuite.

Ça fut le cas avec le premier homme embauché par Murray pour se remplacer lui-même, John Paddock, qui n'a duré que 65 matches.

«Bonne question, a rétorqué Murray quand il s'est fait demander pourquoi il avait tant de misère à choisir le bon entraîneur. Peut-être que je surestime les joueurs de notre groupe? Nous pensions tous, entraîneurs, dirigeants, dépisteurs, que nous allions avoir un club compétitif cette année, un club aspirant aux séries. Peut-être que je suis un juge difficile pour les entraîneurs. Dans certains cas, je n'ai pas choisi le bon gars. Mais quand ça ne fonctionne pas, il faut faire ce qu'il faut faire.»

Dave Cameron est probablement sa dernière embauche en tant que directeur général, et c'est une bien mauvaise façon d'en finir pour lui si c'est son patron qui lui a imposé ce choix.

Le plus surprenant dans cette histoire, c'est que Melnyk devra payer Paul MacLean à ne rien faire pour les deux prochaines saisons et demie, à moins qu'il ne se trouve du travail ailleurs. Une situation assez paradoxale pour l'équipe qui a la plus petite masse salariale de toute la LNH.

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