À bientôt capitaine!

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

À part la défaite des Sénateurs contre les Islanders, ce sont des adieux presque parfaits que Daniel Alfredsson a faits jeudi.

L'enfant prodigue était de retour après la saison d'exil à Détroit qu'il s'était imposée lui-même et comme le chantait son groupe favori, U2, au début de la période d'échauffement assez spéciale à laquelle il a participé, c'était A Beautiful Day.

En prime, avec ses commentaires à sa conférence de presse matinale ainsi que sur la glace lors de la cérémonie d'avant-match, on pouvait lire entre les lignes et croire qu'Alfie a l'intention de revenir s'établir dans la capitale et travailler un jour pour l'équipe, dans une fonction qui reste à être déterminée.

«C'est fantastique d'être de retour à Ottawa. Merci pour tout le bon temps et pour les beaux souvenirs. Nous allons être connectés à vous tous pour toujours», a-t-il lancé sur la patinoire, où il était accompagné de sa femme Bibi et de leurs quatre fils portant des chandails d'Erik Karlsson.

«Il est maintenant temps pour moi de prendre congé et de passer du temps avec ma famille. Mais on ne se dira pas au revoir. Merci et à bientôt.»

Comme il l'avait fait à la fin de son discours en matinée, il a lancé les quatre derniers mots en français, un petit geste certes apprécié par les partisans francophones.

Il y en a eu bien d'autres de ces gestes au cours de la soirée. C'était particulièrement beau à voir à la fin de l'échauffement quand une quinzaine de joueurs se sont mis à pratiquer son jeu favori du «keep away», où le joueur en possession de la rondelle tente de la garder le plus longtemps possible. Il était un maître à ce jeu.

Carrière mémorable

Tous les faits saillants de sa carrière ont défilé au grand écran. Son but décisif en séries contre Buffalo pour envoyer les Sénateurs en finale en 2007. Sa mise en échec contre Darcy Tucker avant qu'il aille marquer un but gagnant contre les Maple Leafs en 2002. Le premier but de l'histoire de la LNH, aussi contre Toronto, lorsque les tirs de barrage ont été institués. Son bâton brisé à Toronto où il s'était moqué de son ami Mats Sundin en faisant semblant de lancer un bout dans les gradins. Et bien d'autres.

Tout ça pourrait faire penser que la carrière du Suédois de 41 ans, un simple choix de sixième ronde en 1994, a été parfaite. Ce n'est pas le cas, évidemment. Il l'a rappelé jeudi, il est déçu qu'il manque une bague de la coupe Stanley à son doigt. Quand les Sénateurs ont été éliminés par les Leafs - encore eux - quatre fois en cinq ans au début des années 2000, son leadership était remis en question par bien du monde.

Lors de la finale de 2007 contre Anaheim, il y a eu cet épisode où il avait décoché un tir frappé sur Scott Niedermayer en plein centre de la glace. Il a avoué hier en entrevue à la radio de TSN qu'il «aimerait effacer» ce geste de frustration, pour lequel il s'était excusé à la fin de la série.

Je pensais à ça et à son fameux «probablement pas» quand je lui ai demandé hier matin s'il avait des regrets quand il regarde l'ensemble de sa carrière. À ça et son départ controversé pour se joindre aux Red Wings, évidemment.

«Vous pouvez toujours regarder en arrière et souhaiter changer certaines choses, mais en général non, je me compte chanceux d'avoir joué pour cette équipe... C'est une business où on cherche à gagner, mais les gens et les entraîneurs font que vous avez du plaisir à travailler. Il va être difficile de trouver un autre travail aussi enrichissant et plaisant que de jouer dans la LNH», a-t-il répondu.

Numéro dans les hauteurs

En attendant de savoir ce qu'il va faire, il sera de retour avant longtemps pour que son numéro11 soit accroché dans les hauteurs du Coffre-fort. Eugene Melnyk a parlé hier d'une attente normale d'un an ou deux pour un tel honneur, «mais s'il y a quelqu'un qui mérite cet hommage (plus rapidement), c'est Alfie.»

«Ils ne devraient pas attendre trop longtemps, il doit être là. Il a été le meilleur joueur de l'équipe dès qu'il est arrivé, en plus d'être son meilleur leader. Il est définitivement le meilleur Sénateur de tous les temps», me confiait le défenseur Wade Redden, venu expressément (et à ses frais) de Kelowna pour l'occasion.

Bien dit, très bien dit. La visite des Red Wings le 27 décembre aurait été une bonne occasion, mais il semble bien que ce soit trop vite.

Dernière note, les Sénateurs ont aussi présenté un hommage vidéo à M. Jean Béliveau lors du premier temps d'arrêt du premier tiers, une bonne initiative dans des circonstances où une minute de silence aurait «cassé le party».

« Sans l'ombre d'un doute, Daniel a été le plus grand joueur que les gens d'Ottawa ont eu le plaisir de voir jouer. Il a également été un grand meneur à l'extérieur de la patinoire. Il a toujours pris le temps d'interagir avec les partisans. Il était tout aussi disponible pour les oeuvres de bienfaisance et pour les représentants des médias. On rencontre trop rarement des gens comme lui. L'été dernier, nous avons vraiment essayé de le convaincre de revenir jouer une saison de plus chez nous »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer