Bytown devra être forte comme Beantown

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La LNH a pris la seule décision qui s'imposait hier en reportant à plus tard le match qui devait opposer les Sénateurs aux Maple Leafs.

La capitale n'avait certes pas la tête au hockey après les événements de la matinée, ce tireur fou qui a tué un garde au Cénotaphe, le caporal Nathan Cirillo, avant de faire irruption au parlement, où il a été intercepté rapidement, grâce à l'intervention héroïque du Sergent d'armes Kevin Vickers.

Certains disent que le terroriste a gagné parce que cette partie n'a pas été disputée au moment prévu, ce qui est un non-sens à mon avis.

Quand il s'est amené sur la Colline, celui-ci ne pensait certainement pas au hockey. Je présume qu'il voulait devenir un martyr pour sa cause, quelle qu'elle soit. Ou il était simplement détraqué. On ne le saura peut-être jamais.

Son attaque a eu un impact sur les joueurs des Sénateurs, ainsi que ceux des Maple Leafs dont l'hôtel était situé à un coin de rue de la première fusillade, parce que ceux-ci sont des êtres humains qui vivent dans la communauté. Ils ont des amis et de la famille ici, comme vous et moi, dont l'épouse s'est retrouvée embarrée dans son bureau situé à quatre blocs du parlement toute la journée.

Le meilleur geste

Disputer un match de hockey à peine quelques heures après que l'état d'urgence eut été levé, alors que plusieurs enfants n'étaient pas encore rentrés de l'école ou que leurs parents n'avaient pu aller les chercher à la garderie, ça n'aurait juste pas été approprié.

Une partie de hockey, ça se remet à plus tard. Surtout quand toute une ville est dans le deuil et sous le choc d'une telle attaque sortie de nulle part.

C'était la même chose il y a un an et demi lorsque le Marathon de Boston avait été la cible d'attentats à la bombe. Étant présent ce jour du 15 avril 2013 pour un match Sénateurs-Bruins, j'ai eu un bizarre de sentiment de déjà-vu quand j'ai pris connaissance de la nouvelle, d'abord en consultant mon fil Twitter, ensuite en regardant les images retransmises par la télévision d'endroits où je passe à tous les jours, ou presque.

Beantown est devenue unie comme jamais par la suite, inspirée par un slogan, «BostonStrong».

Rester fort

Le mo-clic («hashtag») «#OttawaStrong» était populaire hier, le défenseur des Sénateurs Chris Phillips l'utilisant notamment à la fin d'un message où il remerciait les premiers répondants «de mettre leur sécurité de côté pour protéger la nôtre». Bien dit.

Le sport va éventuellement permettre à notre communauté de se rassembler et de montrer au monde entier qu'on n'oubliera pas cet acte de terrorisme, mais qu'il ne changera pas totalement notre mode de vie. Comme New York et Washington l'ont fait après le 11 septembre. Comme Moncton l'a fait il n'y a pas si longtemps. Et comme Boston l'a fait.

Comme l'avait si bien dit David Ortiz en saisissant le micro lors du premier match des Red Sox après la tragédie: «C'est notre ville. Personne ne va dicter notre liberté. Restons fort.» «Big Papi» avait ajouté un juron («our 'f... ing' city»), pour ponctuer encore plus le message.

On verra si un des athlètes représentant Bytown - Erik Karlsson? Henry Burris? - tiendra un discours similaire, lorsque la vie sportive va reprendre dans cette ville, demain lors du match du Rouge et Noir contre les Alouettes à la Place TD et samedi lorsque les Sénateurs accueilleront les Devils du New Jersey.

Une chose est certaine: comme hier soir à Pittsburgh où les Penguins ont fait chanter l'hymne national canadien avant leur match contre les Flyers, le «Strong and Free» du «O Canada» (version anglophone) prend encore plus de sens à des moments comme ceux-ci.

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