Les Panthers à Québec, pas demain la veille

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Le mystère plane toujours à savoir si une franchise de la LNH, comme les Panthers, déménagera ses pénates dans le nouvel amphithéâtre de 18 500 places présentement en construction à Québec.

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Les images d'une mer de sièges vides au BT&T Center de Sunrise lundi soir lors de la visite des Sénateurs vont certes redonner espoir aux gens de Québec qui ne demanderaient pas mieux que les Panthers de la Floride déménagent dans leur nouvel amphithéâtre dont l'ouverture est prévue l'an prochain.

Présumer que les finances de cette équipe qui n'a pas participé aux séries au cours des 13 dernières années ne sont pas en bon état est évidemment un pas qu'il est facile de franchir dans la ville du maire Régis Labeaume.

Ça paraît effectivement bien mal pour le commissaire de la LNH Gary Bettman quand il y a moins de monde (7311 amateurs, officiellement) à un match des Panthers qu'il y en avait la veille à Québec pour un match des Remparts (8182).

Amis de la Vieille capitale et sympathisants à la cause du retour des Nordiques, je ne sauterais pas trop vite aux conclusions à votre place, cependant.

Les Panthers, après tout, n'en sont pas à leur première foule déprimante. Ils en ont eu des tonnes annoncées à environ 10000 spectateurs et ça, c'était alors que leurs propriétaires donnaient littéralement des centaines de billets, ou les vendaient à des prix ridicules.

Apparemment que cette saison, Sunrise Sports and Entertainment (SS&E), compagnie mère des Panthers, a décidé de mettre fin à cette pratique qui manquait de respect envers les détenteurs d'abonnements payant le plein prix pour leurs billets. Un peu comme les Olympiques ici à Gatineau, d'ailleurs, ce qui explique en partie - mais pas complètement - leurs faibles assistances en ce début de campagne, malgré un bon club sur la patinoire.

Pour le club du sud de la Floride, affronter les Sénateurs un lundi soir, après avoir subi une raclée de 5-1 lors de leur match inaugural contre le New Jersey samedi, c'était évidemment une recette pour un désastre. Il faut bien l'admettre, les Sénateurs n'ont pas le même cachet que les Leafs et le Canadien, dont les partisans envahissent les gradins lorsqu'ils passent en Floride, un vol et un billet pour un match coûtant presque le même prix qu'un bon billet au Air Canada Centre ou au Centre Bell, difficiles à trouver par surcroît pour l'amateur moyen.

«Si on veut qu'il y ait du monde ici, il va falloir gagner des matches», a déclaré le gardien Roberto Luongo après la défaite de 1-0 contre les Sénateurs.

C'est une approche bien simple, évidemment que les équipes gagnantes attirent toujours plus de spectateurs.

Mais les Panthers n'ont participé aux séries qu'une fois depuis 2000 (c'était en 2012), et ils ont terminé dans les bas-fonds de la LNH au cours des deux dernières années. S'ils sont toujours là malgré les pertes enregistrées par leurs divers propriétaires, Vincent Viola étant le plus récent, c'est qu'il y a quand même moyen de faire de l'argent avec l'entreprise puisque le comté de Broward, où est situé Sunrise, donne tous les revenus de concerts à Sunrise Sports and Entertainment, pas seulement les profits - ou pertes - générés par le club de hockey.

Diversifier les revenus

Jusqu'à récemment, le BT&T Centre était un endroit populaire pour les spectacles, mais il appert que la compétition pour les meilleurs artistes est féroce alors que la salle d'un casino opéré par la tribu Seminoles, le Hard Rock Live de 5000 sièges, offre de meilleures garanties de revenus que l'amphithéâtre de 19000 places. C'est pourquoi Sunrise s'est associé à la Boyd Gaming Corp. de Las Vegas pour tenter d'obtenir la permission du comté pour bâtir un casino et un hôtel voisin de l'aréna.

«Quand vous avez l'habileté financière de garantir X dollars à un artiste, et que vous utilisez cette perte pour que les gens assistant au concert aillent dans un casino pour jouer et magasiner, le nombre de sièges que vous avez importe peu. Nous avons perdu de gros artistes au cours des cinq dernières années en raison des grosses garanties offertes au Hard Rock», a dit le président de SS&E, Michael Yormark, au South Florida Business Journal.

Si ces démarches fonctionnent (le club tente aussi de faire modifier son bail, auquel il reste 13 ans), attendez-vous à ce que les Panthers restent à la même place, peu importe les pertes engendrées sur papier par l'équipe. C'est un peu le même principe que le propriétaire Eugene Melnyk aurait aimé exploiter au Centre Canadian Tire, sauf que la Ville d'Ottawa lui a mis des bâtons dans les roues l'an dernier en accordant plutôt son appui à un casino à l'hippodrome Rideau-Carleton.

On verra bien, mais j'ai comme l'impression que les Nordiques ont plus de chance de revivre à travers une éventuelle expansion que grâce à un déménagement des Panthers.

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