L'avenir de Pageau est-il à Ottawa ?

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C'était écrit dans le ciel que Jean-Gabriel Pageau ne serait pas de l'alignement de départ des Sénateurs.

Le Gatinois aurait eu besoin de remplir les filets adverses pour convaincre ses patrons que sa place était à Ottawa plutôt qu'à Binghamton, et il s'est contenté d'une passe en quatre parties.

Son contrat à deux volets, ainsi que la place qu'il fallait faire à un Curtis Lazar qui n'a plus rien à prouver chez les juniors, ont fait qu'il est condamné à poursuivre son apprentissage dans les mineures, au lieu de commencer à s'établir comme un régulier de la Ligue nationale de hockey.

À ce temps-ci de l'année, les questions de contrats jouent toujours un rôle dans les décisions de la direction.

Le dg Bryan Murray l'a avoué quand il a tenu un point de presse pour expliquer les derniers retranchements effectués par son club.

«Je me sentais mal pour Pageau en particulier, car j'ai trouvé qu'il a bien joué à chaque match où il a été utilisé. Il va revenir, il n'y a pas de doute qu'il a la chance d'être un régulier dans la LNH... Les contrats font une grosse différence, un pacte à un volet contre un autre à deux volets, ce n'est pas la même chose. Nous sommes engagés envers certains joueurs et d'autres peuvent avoir fait un meilleur travail. Pour l'instant, il doit aller 'en bas' et être une vedette, ce qu'il devrait être, et ce sera à nous de lui donner une chance de jouer», a-t-il expliqué.

Des joueurs de quatrième trio comme Colin Greening (salaire en 2014-2015: 2,65 millions$) et Erik Condra (1,25 M$) conservent donc leurs casiers dans le vestiaire, vu qu'ils sont à peu près impossibles à échanger. D'autres jeunes, Mark Stone et Mike Hoffman, obtiennent les premières chances de les déloger sur les ailes.

Pour sa part, Pageau a le malheur d'être un centre naturel dans une organisation où Kyle Turris, Mika Zibanejad, David Legwand et Lazar se retrouvent devant lui, tout comme Zack Smith, un vétéran refoulé sur le flanc pour amorcer la campagne.

Ses prouesses du printemps 2013, alors qu'il avait aidé les Sénateurs à se qualifier pour les séries puis à éliminer le Canadien en première ronde, semblent avoir été reléguées aux oubliettes. Son tour du chapeau contre Montréal lors du fameux match du 5 mai 2013, quand les amateurs avaient scandé son nom sur l'air de «Olé Olé Olé», semble être survenu il y a une éternité.

Je ne lui ai pas parlé hier, mais le connaissant depuis longtemps, il n'est pas du genre à se laisser abattre alors qu'il est si près du but.

La bonne nouvelle pour l'ancien des Olympiques, c'est qu'il entame la dernière année de son contrat initial de trois ans dans la LNH. Une bonne saison en 2014-2015 pourrait lui permettre de négocier un contrat à sens unique l'été prochain.

Il devra attendre encore deux ans avant que son nom ait besoin d'être soumis au ballottage pour redescendre «en bas», cependant. Le statut qui permet à Hoffman de rester en ville, le club craignant de le perdre pour rien s'il devait auparavant passer par ce mécanisme du système en vigueur dans la LNH.

Comme l'entraîneur-chef Paul MacLean le disait hier, Pageau doit donc «être patient et s'assurer que lorsqu'on appelle à Binghamton et qu'on demande pour le meilleur joueur, c'est son nom qui soit soumis».

Quand même, j'ai de plus en plus l'impression que le petit attaquant gatinois devra suivre un cheminement similaire à son mentor Daniel Brière avant de faire sa marque pour de bon dans la LNH. Ce dernier avait fait la navette entre Phoenix et Springfield, dans la Ligue américaine, à ses quatre premières saisons chez les professionnels. En 2000, les Coyotes avaient soumis leur ancien premier choix au repêchage au ballottage et les 29 autres clubs avaient passé leur tour, le Canadien ajoutant l'insulte à l'injure en passant bien près de le sélectionner, sauf que le dg Réjean Houle s'était ravisé pour plutôt choisir l'illustre Juha Lind.

Comme Brière lorsqu'il est passé de Phoenix à Buffalo, Pageau a besoin de jouer sur un des deux premiers trios, avec des joueurs habiles, afin d'exprimer tout son talent. Je doute de plus en plus qu'il obtienne cette chance à Ottawa.

Pesky Sens

En cette fin de camp d'entraînement, Bryan Murray s'est fait demander hier quel genre de club il pense avoir: «J'ai dit à Eugene Melnyk (le propriétaire) qu'on devrait utiliser le slogan «les Pesky Sens sont de retour», a-t-il répondu en parlant de l'identité des Sénateurs tenaces face à l'adversité de la saison écourtée de 2013. Pas certain que ce style de jeu puisse fonctionner lors d'un marathon de 82 parties, mais on verra bien.

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