Une minute folle

Notre photographe Patrick Woodbury avec le pilote de... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Notre photographe Patrick Woodbury avec le pilote de l'écurie Subaru Rally Team USA Patrik Sandell, notre journaliste Jean-François Plante et le pilote Chris Atkinson.

Patrick Woodbury, Le Droit

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BILLET/ Le 16 juin était le 16 513e jour de ma petite vie.

J'ai été faire un tour sur la Grande Toile pour trouver ça parce qu'en me levant vendredi matin, je savais que cette journée allait être différente. Dans le siège du passager du pilote britannique Chris Atkinson, je m'en allais faire un tour de piste au Red Bull Global Rallycross d'Ottawa.

On m'avait dit que leurs bolides de 600 chevaux vapeur accéléraient de 0 à 100 km/h plus rapidement qu'une voiture de Formule Un. On est loin du pare-choc à pare-choc sur l'autoroute 417, mettons.

Dans une vie, il y a des journées qui marquent l'imaginaire. Sautons le mariage, l'achat d'une première maison et l'arrivée des enfants. Sur le plan personnel, ce sont de doux souvenirs, mais il n'y a rien d'original là-dedans. À peu près tout le monde y passe.

Le sport a cette faculté d'aller vous chercher très profondément. Quoi de mieux que le cri de la victoire en soulevant le trophée d'un championnat de hockey, de baseball ou de golf ?

Dans la même veine, y a-t-il quelque chose de moins naturel que de se garrocher dans les bras d'un inconnu ? Et pourtant, ça m'est arrivé quand le Canada avait marqué un but vainqueur en prolongation pour gagner la médaille d'or aux Jeux olympiques. Dans l'euphorie du moment, je ne me contrôlais plus !

À l'âge de 28 ans, j'avais vécu ma plus forte montée d'adrénaline en sautant au bout d'une corde de bungy pour rédiger une chronique dans les pages du Droit. J'étais tellement décontenancé en me projetant dans le vide que j'avais hurlé «mômmmmmmman» ! C'était sorti tout seul. Le photographe Sylvain Marier était en bas, plié en quatre...

Vendredi, donc, j'allais m'asseoir dans une voiture de course de rallycross. Un sentiment d'excitation m'habitait avant le départ. En entrant dans la voiture, on m'a attaché tellement serré qu'il était bien évident que rien ne m'arriverait. La nervosité avait disparu. Quand le pilote de Subaru a pesé sur la suce, il a eu le temps de se rendre en sixième vitesse avant le premier virage ! J'avais le coeur dans la gorge, mais je me sentais comme dans une montagne russe.

Puis, nous avons dérapé, dérapé et dérapé. Le mur de sécurité était juste là. Nous allions le frapper me disais la conscience, mais je savais que mon pilote était un pro. Il allait l'esquiver, hein ? Hein ? Effectivement, il l'a contourné sans problème. Il a répété ce manège dans les neuf virages du parcours.

Chris a fait ce tour d'essai en 70 secondes. Il m'a épargné. Samedi et dimanche, il le fera entre 40 et 42 secondes. En finale, il va faire 10 tours semblables avec neuf autres voitures à côté de lui !

Vous connaissez le slogan : Red Bull donne des ailes. Heureusement, le Red Bull Global Rallycross ne m'a pas donné des celles ! J'ai quand même eu une pensée pour Saint Pierre...

Un jour, si j'ai mené une bonne vie, je vais le croiser à la porte du club des mortels. S'il me demande si je veux voir le film des faits saillants de ma vie avant d'entrer au paradis, je voudrais que la journée du 16 juin 2017 y soit.




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