Affronter Crosby en séries

Les blessures ne semblent pas avoir d'effet sur... (Archives, Agence France-Presse)

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Les blessures ne semblent pas avoir d'effet sur les Penguins. C'est souvent ce qui se produit dans les équipes qui misent sur de grands leaders, comme Sidney Crosby.

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CHRONIQUE / Le plan de match des Sénateurs m'apparaît assez simple. Ils devront s'assurer que les matches soient les plus serrés possible. Pour cela, ils devront éviter à tout prix de tomber dans le style run and gun que les Penguins aiment tant.

Tout ça, en restant le plus loin possible du banc des pénalités.

Je parle d'expérience. J'ai affronté Sidney Crosby et sa bande à trois occasions, en séries éliminatoires. La première fois, mon équipe a perdu. Nous avons gagné les deux fois suivantes.

Évidemment, c'était un peu différent. J'évoluais avec les Flyers de Philadelphie, à l'époque. La rivalité entre les Flyers et les Penguins ressemble un peu à celle qui oppose le Canadien de Montréal aux Bruins de Boston. Lorsque ces équipes s'affrontent, au printemps, les émotions sont bien plus vives que lors de séries normales.

Nous avons réussi à battre les Penguins deux fois en jouant sur les émotions. Nous avons réussi à les faire sortir de leurs gonds. Nous avons réussi à les déranger comme ça.

Le problème, pour les Sénateurs, c'est que les Flyers sont les seuls qui semblent capables de leur faire perdre les pédales.

Même les Capitals, qui sont aussi de grands rivaux naturels, n'ont pas réussi à les ébranler en deuxième ronde. En suivant le capitaine, l'équipe au grand complet semble capable de se contrôler.

Clairement, les Sénateurs affronteront une équipe qui sait comment gagner.

Après toutes ces années, Sid me semble tout aussi dangereux, tout aussi perfectionniste. Il est toujours affamé, il en veut toujours plus.

De nos jours, en plus, il sait comment gagner. Il sait comment se comporter en vrai leader. Ce n'est pas pour rien que les blessures ne semblent pas avoir d'effet sur les Penguins. De nouveaux joueurs arrivent constamment, le résultat est le même. C'est souvent ce qui se produit dans les équipes qui misent sur de grands leaders.

Sid n'est quand même pas tout seul. Il est toujours aussi bien appuyé par Evgeni Malkin. Phil Kessel s'est joint à eux et, depuis deux ans, il n'est pratiquement pas arrêtable en séries. C'est pour ça que je dis que les Sénateurs ne peuvent pas se permettre d'allouer plus d'une ou deux supériorités numériques par match aux Penguins.

Kristopher Letang n'est pas là, mais Justin Schultz se comporte soudainement comme un des meilleurs défenseurs de toute la LNH.

Pour finir, en tant que Québécois, je ressens une immense fierté en regardant ce que Marc-André Fleury est en train d'accomplir.

Il s'est retrouvé devant le filet dans un concours de circonstances, après la période d'échauffement du tout premier match des séries. Quelques semaines plus tard, il est devenu un des favoris pour l'obtention du trophée Conn-Smythe !

On s'attend parfois à ce qu'il flanche. On a tous eu peur pour lui au terme du sixième match de la deuxième ronde, durant lequel il a un peu moins bien paru. On a vu la suite. Il a rebondi en blanchissant les Capitals quelques jours plus tard dans le match numéro sept !

***

Je parle de toutes les belles choses que font les Penguins depuis le début des séries. Les Sénateurs en font, eux aussi !

Tout le monde connaissait Erik Karlsson dans le passé. On sait maintenant exactement ce qu'il peut amener.

On s'imaginait avant que Craig Anderson était un bon gardien, sans plus. On voit maintenant qu'il est capable de faire la différence, de voler des matches de hockey.

Il y a Jean-Gab, enfin, qui est en train de se faire un nom.

Durant nos séries contre les Penguins, deux joueurs différents ont été appelés à couvrir Sidney Crosby. Au départ, c'était Mike Richards. Ensuite, ce fut Claude Giroux.

Comme eux, Jean-Gab, c'est quelqu'un qui a faim. On voit bien qu'il respire la confiance. Il est sur une bonne lancée. Il n'a pas peur de déranger. On l'a bien vu durant la première ronde. Il jouait souvent contre Patrice Bergeron et Brad Marchand. On a vu dans le passé qu'il était capable de faire perdre la tête à des gars calmes comme Max Pacioretty. 

Sid est certainement conscient du défi qui l'attend.

Ce qui est beau, dans tout ça, c'est que Jean-Gab mérite tout ce qui lui arrive. Il a prouvé, étape par étape, qu'il est à sa place. Je suis assez fier de lui, aussi.

Propos recueillis par Sylvain St-Laurent




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