Le sentiment d'urgence

Le Canadien multiplie les performances en dents de... (Ross D. Franklin, Associated Press)

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Le Canadien multiplie les performances en dents de scie, comme jeudi soir quand il a arraché une victoire en prolongation aux Coyotes.

Ross D. Franklin, Associated Press

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CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / La pression doit être immense, en ce moment, dans le vestiaire du Canadien de Montréal. Elle doit affecter les joueurs, au même titre que les entraîneurs.

La pression peut être particulièrement difficile à gérer dans les gros marchés. Ça semble toujours plus gros quand ça se passe à Montréal.

L'an dernier, il y avait toujours la même excuse. Carey Price n'était pas là. Cette saison, ce n'est pas la même chose. Alex Galchenyuk, Andrei Markov et David Desharnais ont soigné leurs blessures. Il ne manque à peu près que Brendan Gallagher en ce moment.

Je ne vous mentirai pas. Quand la pression est aussi forte, il n'est pas facile de se sortir du trou.

Par contre, quand je regarde ça, je me dis que ce n'est peut-être pas la pire chose qui pouvait arriver au CH.

Le début de saison avait été si fort, le club en avait profité pour distancer tout le monde.

Le sentiment d'urgence s'est sans doute dissipé.

En deuxième moitié de saison, quand les équipes commencent à se battre pour leur survie et que les matches deviennent de plus en plus difficiles, ce sentiment d'urgence devient essentiel.

J'ai vécu une situation semblable, il y a une dizaine d'années, chez les Sabres de Buffalo.

C'était en 2006-07, la deuxième saison qui avait suivi le lock-out. Nous avions commencé en force, gagnant nos 10 premiers matches en début de saison.

La deuxième moitié de saison avait été bien plus difficile. Nous avions quand même réussi à terminer au sommet du classement général, mais les choses ne se sont pas replacées au début des séries. Nous avons eu du mal à battre les Islanders de New York en première ronde. Ce fut tout autant difficile avec les Rangers dans le tour suivant. En finale d'Association, les Sénateurs nous ont écrasés.

Dans un sens, il y a quelque chose de bon pour le CH.

Il reste deux mois à écouler à la saison régulière. Il reste donc amplement de temps pour s'ajuster, pour trouver des façons de régler ces problèmes-là. À Buffalo, dans le temps, les problèmes avaient commencé à se manifester au début du mois de mars. Ça ne nous avait pas laissé assez de temps de changer la direction de notre bateau.

Dans l'examen de conscience qui devra être fait prochainement, un peu tout le monde devra être sollicité. Le plus dur, je dirais, sera pour les entraîneurs. Ils devront mettre le doigt sur le gros du problème. Ils devront ensuite présenter leurs solutions aux joueurs. Les leaders devront s'unir et convaincre tous les autres joueurs de foncer avec eux.

Il y a de beaux événements à souligner, cette semaine, dans la LNH. Sidney Crosby est sur le point d'atteindre le plateau des 1000 points. Patrick Marleau vient de marquer son 500e but.

J'ai eu Marleau comme partenaire de trio pendant quelques semaines, au printemps 2002, lors du championnat mondial de hockey de l'IIHF, en Finlande. Je suis donc bien placé pour vous dire qu'il est un grand joueur de hockey. C'est aussi une très bonne personne. On ne le connaît pas assez bien parce qu'il a fait carrière dans un tout petit marché sur la côte ouest. S'il jouait plus près d'ici, il serait considéré parmi les plus grandes vedettes de la LNH.

Pour ce qui est de Crosby, eh bien, c'est spécial de voir un joueur atteindre un plateau aussi important avant de fêter ses 30 ans.

Crosby, c'est avant tout un joueur très fier. Je me souviens d'un temps où on disait qu'il éprouvait des difficultés dans les cercles des mises en jeu. Il est revenu en force, l'année suivante, et son taux de succès a franchi les 60 %. Je me souviens aussi d'une année où on disait qu'il était davantage un passeur qu'un marqueur. Dans les années qui ont suivi, il a inscrit 50 buts et il a remporté le trophée Maurice-Richard.

Il demeure, à ce jour, très compétitif. Il est impressionnant de le voir continuer à dominer le jeu dans autant de facettes.

D'ailleurs, les jeunes comme Connor McDavid, Auston Matthews et Patrik Laine arrivent au bon moment. Ils vont lui fournir la compétition qui alimentera son feu intérieur dans les prochaines années.

Propos recueillis par Sylvain St-Laurent

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