Je n'aimais pas affronter Neil

Daniel Brière a affronté Chril Neil plutôt souvent... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Daniel Brière a affronté Chril Neil plutôt souvent au cours de sa carrière, notamment lors de son passage avec les Sabres de Buffalo.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / Je ne surprendrai personne, ce week-end, en écrivant que Chris Neil occupe une place de choix sur la liste des adversaires les plus coriaces qu'il m'ait été donné d'affronter.

Surtout durant mes années passées dans l'organisation des Sabres de Buffalo.

Je vous parle des années qui ont suivi le lock-out de 2005. À ce moment-là, on devait affronter les autres équipes de notre division à huit reprises durant la saison régulière.

Il n'était jamais facile d'affronter Ottawa.

Bien sûr, ils avaient Zdeno Chara en défensive.

Mais je dois dire que Chris Neil était la grosse raison qui faisait en sorte que nous n'avions jamais hâte de rencontrer les Sénateurs.

À Buffalo, j'évoluais dans le premier trio. J'avais beaucoup de glace. Je faisais partie de la ligne que l'adversaire voulait arrêter.

Donc, naturellement, je retrouvais souvent Neil devant moi quand je sautais sur la patinoire. Et il sortait souvent de mon corridor pour me frapper, pour essayer de me sortir de mon match.

À l'époque, il était tout un compétiteur.

J'en ai affronté, des joueurs qui cherchaient à me frapper parce que j'étais un joueur plus petit. Certains y prenaient plaisir. Ça les amusait beaucoup.

Ce n'était pas le cas de Neil. Deux soirs après m'avoir donné du fil à retordre, je pouvais allumer ma télévision et le voir faire la même chose contre un des joueurs les plus tough de toute la ligue.

Il n'y a rien d'artificiel chez lui.

Il n'a jamais choisi ses adversaires.

Je me souviens d'une fois où nous l'avons eu un peu de travers. Il avait blessé notre capitaine, Chris Drury, avec une mise en échec à la limite de la légalité.

Les responsables de la discipline dans la LNH lui avaient accordé le bénéfice du doute. Il n'avait pas été suspendu. D'ailleurs, durant toute sa carrière, il a su éviter les sanctions majeures. En plus de se tenir debout devant tout le monde, il a été capable de jouer de façon rude sans être un joueur salaud.

Trouver l'équilibre n'est vraiment pas évident.

Il faut vraiment prendre le temps de le féliciter, alors qu'il s'apprête à disputer son 1000e match en carrière. On ne le dira jamais assez, son rôle n'est pas le plus facile à jouer. Il n'est pas évident de survivre aussi longtemps quand on ne marque pas des tas de buts. Neil ne s'est jamais arrêté à ça. Il a trouvé une façon de laisser sa marque. Ça en dit long sur sa personnalité. À défaut d'être un des joueurs les plus talentueux, il est un des plus persévérants.

•••

Je veux vous dire un mot au sujet du congédiement de Gerard Gallant, en Floride.

J'ai côtoyé Gallant durant ma saison passée dans l'organisation du Canadien de Montréal. Il était un membre très important du club. Il était vraiment très utile, à titre d'adjoint de Michel Therrien.

Je suis convaincu que son départ a contribué à la chute du Canadien la saison dernière.

Chez les Panthers, selon ce qu'on m'a expliqué, Gerard était la même personne. Même dans son rôle d'entraîneur-chef, il demeurait un grand communicateur très apprécié parmi les joueurs.

Il n'est probablement pas le plus grand fan des statistiques avancées. Il croit surtout aux « petites choses » qu'un joueur doit accomplir, dans le feu de l'action, pour aider son équipe. Bloquer un adversaire de la bonne façon pour le sortir du jeu. Éliminer le bâton. Se placer dans un corridor de tir pour bloquer une rondelle. Ce sont des petites choses qu'on ne remarque pas énormément, mais qui comptent énormément.

Je ne comprends pas qu'on ait pu avoir la mèche aussi courte avec lui. Surtout que, l'an dernier, il a complètement changé la réputation et le visage de l'organisation.

Les Panthers ne connaissaient peut-être pas le meilleur début de saison, mais la saison était très jeune au moment de son congédiement. Les Panthers avaient joué 18, 20 parties ? Ça me semble assez court, comme échantillon.

Je suis convaincu que plusieurs équipes ont pris bonne note. Gallant est devenu le premier entraîneur congédié de la saison. Quand des postes se libéreront ailleurs, je suis convaincu qu'il n'aura pas trop de mal à se replacer.

Propos recueillis par Sylvain St-Laurent

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