Loin d'être fini

David Desharnais a souvent fait preuve de persévérance... (Archives, Agence France-Presse)

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David Desharnais a souvent fait preuve de persévérance au cours de sa carrière.

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CHRONIQUE/ Mon ami David Desharnais n'a pas affronté les Kings, jeudi. Il a été laissé de côté par ses entraîneurs.

Laissez-moi vous dire quelque chose tout de suite. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui pensent que sa carrière pourrait tirer à sa fin. Je suis convaincu, au contraire, qu'il a encore de bonnes années devant lui.

Ce n'est pas la première fois que David traverse une séquence plus difficile.

Ce n'est certainement pas la première fois qu'on doute de lui.

Quand je l'ai côtoyé dans l'organisation du Canadien, il y a quelques années, j'ai découvert un gars doté d'une force de caractère vraiment impressionnante. Il en a surmonté, des épreuves. C'est ce qui me permet de croire qu'il va continuer de nous surprendre et qu'il va bientôt se relever.

Je vais vous donner un exemple.

Durant mon année à Montréal, en 2013-14, David a également connu un mauvais départ. Vous allez sans doute vous en souvenir. Même le maire de la ville s'était attaqué à lui, dans un tweet suggérant qu'on devait lui trouver un billet aller-simple pour Hamilton.

Il avait pris ça dur. Il ne s'attendait vraiment pas à ça. Personne n'avait vu cette attaque-là venir.

Je me souviens d'un autre matin, durant la même période, où David m'avait l'air tout croche. Il venait d'apprendre qu'il serait laissé de côté dans notre prochain match.

Toutes ces histoires l'avaient affecté, mais je me suis vite rendu compte qu'elles ne l'avaient pas abattu. Il était venu me voir pour m'en parler. Il m'avait juré que c'était la seule fois de la saison qu'il subirait ce traitement. « Je ne serai plus laissé de côté. Quand ils me donneront ma prochaine chance, je vais prendre les moyens pour que cela ne se reproduise plus », qu'il m'avait dit. Je l'avais pris avec un grain de sel. Tous les joueurs de hockey récitent les mêmes choses quand ils se retrouvent dans de pareilles situations.

David, lui, a tenu sa promesse. Il a vraiment pris les bouchées doubles dans les jours qui ont suivi. Quand il a eu sa chance de retourner sur la glace, il n'était plus le même joueur. Il avait repris le contrôle de sa game.

Il était capable de faire face à tout cela. Les gens qui n'ont jamais vécu de situations difficiles comme celle-là ne peuvent pas vraiment savoir comment réagir. Ils ne peuvent pas savoir, instinctivement, comment rembarquer sur la bonne voie.

Parce qu'il en avait vu d'autres, David savait comment s'y prendre pour s'en sortir.

Un autre truc m'a impressionné, chez lui, durant la saison où j'ai eu la chance de le côtoyer.

Bien des gens ont l'air de croire que s'il ne marque pas de buts et qu'il n'amasse pas de points, David Desharnais n'apporte rien à son équipe. En le regardant de plus près, je me suis rendu compte que c'est faux. Au contraire, je peux même affirmer qu'il est très fiable défensivement.

Il n'est pas très robuste. Il ne frappe pas comme un déchaîné. Il n'a pas le gabarit pour cela. En revanche, son intelligence le sert bien dans le jeu défensif. Il est toujours au bon endroit. Dans son territoire, il prête main-forte aux défenseurs. En sortie de zone, il soutient bien ses ailiers. Il n'est pas du genre à se pousser trop rapidement en cherchant des opportunités d'attaquer à deux contre un. Ce n'est pas un gars qui prend des chances pour rien.

Toutes ces choses l'aideront à prolonger sa carrière, selon moi.

•••

Le week-end d'intronisation au Temple de la renommée du hockey débute à Toronto. J'aimerais vous glisser un mot sur un des joueurs qui seront intronisés cette année, Eric Lindros.

Je n'ai pas eu la chance de le croiser trop souvent. Ses relations avec les Flyers ont longtemps été froides.

Quand je suis arrivé dans la LNH, Lindros était quand même un des gros joueurs. Il avait une personnalité forte. Il faisait même un peu peur. C'était un gars qui pouvait battre ses adversaires de différentes façons. Il avait des bonnes mains, il avait un bon lancer... Il pouvait aussi complètement détruire un adversaire quand il se fâchait.

Je vous dis que ses relations avec les Flyers n'ont pas toujours été bonnes, mais les choses s'améliorent. Il va même se joindre à nous pour un match des anciens, cet hiver. J'ai bien hâte de le côtoyer dans ce contexte-là.

Propos recueillis par Sylvain St-Laurent

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