Un héritage encore mince

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Malgré cette loi, les Franco-ontariens sont obligés de parler franglais en disant : « Je vais acheter du vin à la LCBO, je vais en profiter pour vérifier mon billet à OLG et je vais éviter de me faire arrêter par l'OPP pour excès de vitesse. »

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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Paul-François Sylvestre
Le Droit

OPINION/ Sur la scène politique provinciale, les Franco-ontariens ont souvent eu tendance à mettre tous leurs oeufs dans le même panier, soit celui des Libéraux. Historiquement, cela n'a pas réellement porté fruit.

Il est vrai que les deux plus grosses batailles - le Règlement 17 et l'hôpital Montfort - ont été menées suite à de mauvaises décisions de deux ou trois gouvernements conservateurs. Il n'en reste pas moins que ces batailles ont été gagnées sous des administrations conservatrices, pas grâce à des gouvernements libéraux.

Les lois scolaires 140 et 141 (1968), les écoles secondaires de langue française (1969), les procès en français (1984), les conseils scolaires de langue française (1997), tous ces gains ont été obtenus sous des administrations conservatrices. Oui, bien entendu, les libéraux ont préparé la Loi sur les services en français (1986) ; les collèges communautaires Boréal et La Cité (autrefois La Cité collégiale) sont aussi dans leur héritage.

Petite note, en passant : dans mon quotidien, la Loi sur les services en français ne m'est guère utile. Je réussis rarement à me faire servir en français au magasin LCBO du marché St. Lawrence à Toronto, même s'il est désigné bilingue. Mes plaintes ne changent rien.

Malgré cette loi, les Franco-ontariens sont obligés de parler franglais en disant : « Je vais acheter du vin à la LCBO, je vais en profiter pour vérifier mon billet à OLG et je vais éviter de me faire arrêter par l'OPP pour excès de vitesse. » 

Ce ne sont que des acronymes mais ils nous anglicisent tous les jours.

Les ministres des Affaires francophones n'ont pas de poids. Elles sont « déléguées » à un dossier pour faire bonne figure et pour recommander de modestes initiatives, comme une définition plus inclusive des francophones et une Journée des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens. Pourquoi n'y a-t-il pas un ministère des Affaires francophones avec un pouvoir décisionnel en ce qui a trait à la communauté d'expression française ?

Le cas de l'université de langue française en Ontario est un bel exemple. La ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde aujourd'hui, ne peut rien décider, ni rien financer. Les Franco-ontariens fondent de grands espoirs sur les libéraux, mais à ce jour on n'a eu qu'un comité de planification que dirige Dyane Adam.

L'été dernier, quand j'ai écrit en français à la ministre de l'Éducation et à la ministre des Affaires francophones, j'ai obtenu une réponse en anglais de la première huit mois plus tard et aucune réponse de la seconde. J'ai porté plainte auprès du Commissaire aux services en français, mais cela n'a absolument rien donné.

Le ministère de l'Éducation a deux sections parallèles, l'une de langue anglaise et l'autre de langue française. Or, il n'y a jamais eu un ministre ni même un sous-ministre franco-ontarien. Si la première ministre Kathleen Wynne est vraiment en faveur de la vitalité française en Ontario, pourquoi ne nomme-t-elle pas un Franco-ontarien ou une Franco-ontarienne à la tête du ministère de l'Éducation et à la présidence de l'Assemblée législative, deux instances qui fonctionnent quotidiennement dans les deux langues ?

La célébration de 400 ans de présence française en Ontario n'a donné lieu qu'à des voyages en France, des cérémonies et des spectacles. Pour un gain solide, peut-être faut-il attendre une année d'élection...

Paul-François Sylvestre




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