Au-delà de Bouchard-Taylor

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La culture, qui donne à une société sa définition, plonge ses racines les plus profondes dans le sol qui la nourrit.

Or, il y a plus de 200 ans, les « Canadiens » ont été dépossédés de leur territoire ; ils ont perdu le contrôle de son développement et, par voie de conséquences, de leur culture.

Ils étaient voués à la disparition dans l'Empire britannique. Mais ils se sont accrochés et ont cherché à survivre en dépit du fait que le pays se construisît souvent en dehors d'eux selon un génie qui leur était étranger.

Il en est résulté une insécurité culturelle permanente et un nationalisme identitaire de survie qui peut expliquer que les immigrants soient encore souvent perçus comme des concurrents envahisseurs ou des adversaires, à plus forte raison lorsqu'ils choisissent de s'intégrer par la langue anglaise à la culture dominante en Amérique du Nord.

Or, notre monde subit présentement de profondes transformations auxquelles la société québécoise va devoir répondre. Elle voudra avec raison conserver intacte l'image traditionnelle qu'elle a d'elle-même ; mais elle devra tout à la fois admettre les changements susceptibles d'augmenter ses chances de survie comme société distincte.

La survie ne peut être que dynamique et la meilleure façon de s'adapter au changement c'est d'en prendre l'initiative et de le diriger. C'est le défi à réaliser coûte que coûte et l'intégration réussie des immigrants dans la communauté québécoise en fait partie.

Notre vision du monde devra, dans cette perspective, faire appel à l'ouverture inconditionnelle aux « autres », ce qui semble heureusement déjà être le cas chez les plus jeunes générations de Québécois.

Jacquelin Robin, Gatineau




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