Du faux français à UOttawa

«Heureusement, se console l'auteur, cet enseignement questionnable est... (Patrick Woodbury, archives Le Droit)

Agrandir

«Heureusement, se console l'auteur, cet enseignement questionnable est peu représentatif de mon expérience à l'Université d'Ottawa.»

Patrick Woodbury, archives Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le 20 janvier, dans un cours nommé Politique et médias offert à l'Université d'Ottawa, le professeur parle de l'« importance de la salience » en citant quatre auteurs : Entman, 1993, Fiske et Taylor, 2014 ainsi que Wlezien, 2005. Je vais taire son nom puisque je considère que l'université en est responsable, c'est donc l'institution qui est visée ici.

Dans ces citations, tous traitent de l'importance de la « salience » en communication politique. En six ans de journalisme à la radio à temps plein, je n'avais jamais entendu parler de « salience » à tout le moins dans la langue de Molière. J'ai alors effectué une recherche pour m'apercevoir que ce mot n'existe pas en français.

Étant donné que le contenu des diapositives est susceptible de se retrouver dans nos évaluations, je confronte le professeur sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un mot français. Je m'attendais à une quelconque rectification de sa part. Mais j'avais des attentes trop élevées. Le professeur a répondu que ce n'est pas le mot qui compte, mais ce qu'il signifie. Non seulement il n'a jamais corrigé cette erreur, mais il persiste en insistant sur l'importance de la signification du mot sans accorder la moindre considération au fait français. 

Devant cette situation, on peut se poser un certain nombre de questions sur la validité de l'ensemble du contenu de ce cours. 

Si cette erreur de traduction s'est glissée autant dans l'exposé du professeur que dans les citations (à tort) des auteurs qui appuient la définition erronée, doit-on vérifier l'ensemble du contenu du cours pour détecter toute autre erreur de fait ? Ce cours est-il une référence crédible pour les étudiants anglophones qui viennent y apprendre le français en immersion ? Poser ces questions c'est y répondre. 

Je n'accorde donc plus aucune confiance à la recherche effectuée pour la réalisation de ce cours ni à son contenu.

Heureusement, cet enseignement questionnable est peu représentatif de mon expérience à l'Université d'Ottawa. Tous mes autres professeurs m'ont beaucoup appris. Aucun d'entre eux n'aurait commis la maladresse de persister dans l'erreur.

Je souhaite maintenant être exempté de ce cours afin d'obtenir les crédits d'évaluation tout en espérant que des mesures seront entreprises pour assurer qu'une telle situation ne se produise plus. Je suis de retour sur les bancs d'école après six ans sur le marché du travail. Je paie cher pour m'instruire au risque de m'endetter et je veux éviter de prolonger mon séjour notamment en raison de l'abandon de ce cours que j'estime nocif. Si l'Université d'Ottawa n'est pas convaincue de mes aptitudes pour le cours Politique et médias au point de m'exempter, je propose de rédiger une analyse, sous forme de dissertation aux conditions de l'évaluateur, qui traitera de la dimension politique que peut prendre un débat linguistique émanant d'une institution une fois qu'il se retrouve dans les médias.

L'auteur, Éric Charron, est étudiant en communication et en science politique à l'Université d'Ottawa

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer