2016 et les Franco-Ontariens

Une nouvelle année implique des résolutions et l'élaboration d'objectifs... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Une nouvelle année implique des résolutions et l'élaboration d'objectifs communs pour les Franco-Ontariens. Ceci nécessite de mettre sur papier les priorités et les souhaits afin que ceux-ci puissent guider leurs actions.

Le plan stratégique communautaire élaboré par la communauté à la suite de vastes consultations est un outil essentiel au développement de priorités pour l'ensemble de la province. 

Pour 2016, ceci comprend des choix importants dans le domaine de l'éducation, des relations politiques et la continuité pour le développement de droits linguistiques permettant d'établir une véritable égalité.

Dans le domaine de l'éducation, deux grands projets font l'objet de priorités.

Au départ, la prestation de services postsecondaires dans le Centre/Sud-Ouest de la province. Ceci comprend un campus universitaire pouvant desservir les francophones dans des domaines où les autres campus offrant des services en langue française ne répondent pas aux besoins de la communauté ou des francophones de cette région de l'Ontario. Ce campus constituerait la base d'une université franco-ontarienne.

Deuxièmement, la gestion des ressources dans le domaine de l'enseignement, la fermeture d'écoles et la perte d'accessibilité d'un enseignement de qualité en langue française va devenir un dossier difficile pour plusieurs commissions scolaires.

Il faut se poser la question suivante: comment peut-on regrouper la prestation de services scolaires afin de maximiser le rendement tout en respectant les obligations constitutionnelles de deux systèmes scolaires parallèles? De plus, les décisions récentes de la Cour suprême du Canada dont celle limitant la protection constitutionnelle aux ayants droit dans le domaine scolaire ne doit pas devenir un obstacle aux francophones afin d'intégrer les nouveaux arrivants en Ontario. Il faut militer pour que cette décision ne soit pas appliquée dans un contexte strict et juridique aux conseils scolaires francophones, car ceci pourrait avoir un effet désastreux dans le développement et l'épanouissement des communautés francophones ontariennes.

Au niveau politique, les actions doivent permettre de maintenir des relations constantes et ouvertes auprès des gouvernements fédéral et ontarien afin que les francophones puissent exprimer leurs rétroactions et apporter des solutions innovatrices aux décisions gouvernementales. Ceci comprend des réunions régulières avec les acteurs politiques et auprès des dirigeants gouvernementaux afin qu'ils puissent conjointement oeuvrer à des politiques répondant aux impératifs des intervenants.

Les Franco-Ontariens doivent améliorer leurs relations avec le Québec, du gouvernement en passant par les secteurs communautaires et privés.

Trop souvent, les Franco-Ontariens ont délaissé le Québec dans leurs interventions politiques, communautaires et économiques. Il existe une volonté québécoise d'établir des ponts avec l'Ontario et nous devons être les premiers à offrir une porte aux Québécois en Ontario.

Ceci commence par un accroissement des échanges en éducation postsecondaire afin que les francophones puissent améliorer leur accessibilité dans les programmes de pointes incluant les études aux deuxième et troisième cycles.

Au chapitre législatif, le dossier du statut des langues française et anglaise de la Ville d'Ottawa continue d'être un dossier qui mobilise au départ les citoyens d'Ottawa, mais pourrait devenir un enjeu national tenant compte du 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

Les Franco-Ontariens ne doivent cependant jamais oublier l'enchâssement de leurs droits constitutionnels, et ce malgré un climat politique actuellement réticent à cette démarche juridique.

Cet enchâssement est la reconnaissance ultime de leurs droits et de leur place au sein de l'Ontario, à l'égalité du groupe majoritaire.

L'auteur, Gilles LeVasseur, est professeur et constitutionnaliste à l'Université d'Ottawa.

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