Comprendre l'itinérance

Pourquoi ne pas inviter des personnes en situation... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Pourquoi ne pas inviter des personnes en situation d'itinérance à venir parler aux jeunes de l'école de ce qu'ils vivent?

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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À la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais,

Aux membres du conseil d'établissement de l'École secondaire de l'Île,

À la suite de la lecture de l'article «Campements d'itinérants: La CSPO craint pour ses élèves» (LeDroit, 18 décembre), une proposition m'est venue. Comme je termine une session d'enseignement sur la santé et les inégalités sociales, nous avons eu l'occasion, avec les étudiants en service social, de lire et réfléchir sur la pauvreté et sur l'itinérance. La prise de conscience qui en découle pourrait être partagée avec les élèves de l'école secondaire de l'Île et le campement à proximité pourrait devenir une occasion fabuleuse d'apprentissage de ce qu'est l'itinérance aujourd'hui.

Qui se retrouve dans la rue? 

Comment le nombre d'itinérants a augmenté ces dernières années? Pourquoi?  

Quel danger représentent-ils pour les élèves, autre que celui de les exposer à une réalité quotidienne   de plus en plus évidente la société dans laquelle ils vivent?

Lorsque les personnes en situation d'itinérance ont l'occasion d'être écoutées et entendues, elles racontent que le plus difficile est de lire la peur et le mépris dans le regard de celle ou celui qui passe. Pourquoi ne pas en inviter à venir parler aux jeunes de l'école de ce qu'ils vivent? Compte tenu de l'exposition des adolescents actuels à tant d'information de toutes natures via leur téléphone intelligent ou leur ordinateur, l'écoute d'une histoire vécue aujourd'hui et maintenant à côté de chez eux ne peut nuire à leur éducation citoyenne et leur connaissance d'eux-mêmes et du monde dans lequel ils vivent. 

Personne n'est complètement à l'abri de l'itinérance, les histoires de personnes respectables qui de fil en aiguille se sont retrouvées démunies existent vraiment, et pas juste dans les films. 

Parce qu'ils seront très bientôt des citoyens votants et les décideurs de demain, les enjeux sociaux, politiques, économiques et environnementaux doivent être discutés avec les jeunes maintenant.  Les «protéger» de la vue d'un mode de vie rude  est à mon avis une option qui rate la cible d'une véritable éducation, et qui ne reconnaît pas à sa juste valeur la capacité de jugement et d'analyse des jeunes d'aujourd'hui. 

Il me paraît beaucoup plus urgent de faire en sorte qu'ils soient assez informés pour qu'ils ne pensent pas à lancer des roches à des personnes qui sont déjà profondément marginalisées et en grande partie exclues de la société. 

Et si on faisait le glissement de la priorité de sécurité vers celle de l'ouverture, de la compréhension et de la bienveillance, cela contribuerait avec beaucoup plus de certitude à créer un monde de paix et de solidarité comme on le souhaite pour nous et nos enfants.     

L'auteure, Marguerite Soulière Ph D, est anthropologue et professeure à l'École de service social de l'Université d'Ottawa.

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