Coupures électorales

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Pierre Jury
Le Droit

Les conseillers de la Ville de Gatineau se sont cloîtrés, plus tôt cette semaine, pour s'entendre sur un ensemble de réductions de dépenses... que leurs successeurs devront mettre en place, et en subir les conséquences. C'est à se demander si tout cela n'était pas davantage un exercice politique qui survient lors d'une année électorale, bien plus qu'un réel travail d'austérité budgétaire!

D'autant plus qu'en bout de ligne, les économies qui pourraient être faites ne sont que de l'ordre de 3 à 5 millions $ par an. Comme le budget de Gatineau pour 2013 est de 520 millions $, les économies ne représentent qu'un effort de 0,6 à 1 % de l'enveloppe globale.

Mettons cela en perspective avec la réduction de 5 % des effectifs dans la fonction publique au fédéral depuis un an...

Certes, il n'y a pas de trop petite économie pour que cela en vaille la peine, et 3 à 5 millions $ de dépenses en moins, c'est 3 à 5 millions $ de plus dans la poche individuelle et collective des contribuables. Il y aura plus d'argent pour réaliser des projets urgents, ou moins de pressions pour augmenter les impôts fonciers.

Certes aussi, il y a toujours moyen de faire les choses autrement. Afin de voir si cela pourrait coûter moins cher. C'est ce à quoi le conseiller Maxime Tremblay s'est attardé au cours des derniers jours. Faire les choses autrement, voilà qui sonne toujours mieux que «faire plus avec moins», un refrain nasillard que bien des travailleurs ont entendu - ou ont enduré de gestionnaires chargés de faire des coupures - et auquel refrain nous sommes collectivement devenus allergiques.

Si ce conseil municipal avait eu un réel courage, il aurait pris cett initiative en début de mandat, il y a trois ou quatre ans. Mais il n'en voyait pas le sens alors que cette année, avec les élections en novembre, tous les élus veulent passer pour de fins gestionnaires des fonds publics. Jusqu'au lendemain du vote...!

Le Mali, un piège?

Après avoir résisté au cours des derniers mois, le président de la France, François Hollande, a annoncé en fin de semaine que son pays avait répondu favorablement à l'appel du Mali d'une intervention armée pour libérer le nord du pays de l'influence grandissante depuis un an de deux groupes rebelles alliés à des mouvements islamistes.

Le Canada, entre autres, s'est engagé à un «soutien logistique» limité: l'envoi d'un avion de transport qui doit agir comme soutien dans des zones non-conflictuelles. Pour le reste, le fédéral s'est limité à souhaiter le retour à la démocratie au Mali. Des paroles qui demeureront sans écho dans ce pays déchiré par une guerre d'invasion qui n'a que faire de nos voeux pieux.

Tout le réel fardeau de cette intervention au Mali repose donc sur les épaules de la France. Le Mali est une ancienne colonie française et toute la région est fortement liée à l'héritage français. S'il y a un pays qui devait s'intéresser au sort du Mali, cela ne peut être que la France.

Mais cette histoire malienne n'est pas sans rappeler le bourbier de l'Irak - davantage que celui de l'Afghanistan - où les Américains se sont empêtrés pendant huit ans, entre 2003 et 2011 (à la différence près que la France a la bénédiction du Conseil de sécurité des Nations-Unies, par sa résolution 2085). Il ne faut souhaiter à aucun de de nos alliés pareil casse-tête.

Approbation internationale ou pas, le Mali est une terre inhospitalière pour tous, et particulièrement pour des étrangers. Les deux tiers nord du pays, là où les rebelles ont amorcé leur invasion, ne sont que désert du Sahara. Les frontières avec la Mauritanie et l'Algérie ne sont souvent que virtuelles.

La France est aux prises avec ses propres défis économiques et n'a pas les ressources financières pour s'enliser dans les sables du Mali. L'incartade irakienne a blessé le géant américain, il en faudra moins pour affaiblir la France.

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