Les conflits intergénérationnels sur l'éducation

Fabien et Patricia sont un peu confus. Ils ont l'impression que les parents de... (Archives)

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Fabien et Patricia sont un peu confus. Ils ont l'impression que les parents de leur génération ne font rien de bien.

D'un côté, leurs parents, les grands-parents de leurs enfants, portent souvent des commentaires négatifs sur la façon dont les parents d'aujourd'hui élèvent leurs enfants: «Ils sont trop absents, ils travaillent trop, ils sont esclaves de leurs enfants, ils achètent la paix, ils n'ont plus de stabilité dans leur couple, ils se séparent quand les enfants ont à peine un an...»

Puis, d'un autre côté, leurs enfants, Robin (13 ans) et Alice (10 ans), leur reprochent souvent de ne pas être assez chill et de ne rien comprendre à leur génération. Souvent, quand ils sont confrontés à un refus après avoir demandé une permission, ils répondent en disant: «oui, mais tous mes amis ont le droit, eux!»

Fabien et Patricia sont un peu découragés. C'est à croire qu'ils ne font rien de bien!

La génération qui les a précédés les trouve trop mous, et la génération qui les suit les trouve trop durs. Et s'ils étaient simplement tendres et juste à point?!

Dur, dur d'être un bébé, disait la chanson? Eh bien! Laissez-moi vous dire que c'est aussi dur, dur d'être un parent, coincé entre deux générations qui nous observent avec un regard critique!

Être parent aujourd'hui implique une réalité fort différente de celles des parents des années 1960, 1970 ou même 1980. Les différences sont nombreuses: dans une majorité de foyers, les deux parents travaillent.

Pour les parents qui font le choix courageux de rester à la maison, la réalité a aussi changé: comment faire socialiser notre jeune enfant quand presque tous les amis sont à la garderie?

Il y a plus de familles monoparentales et recomposées Nous avons accès à beaucoup plus d'informations sur les soins aux enfants et sur l'éducation, comparativement aux générations qui nous ont précédés. Internet existe... et c'est toute une révolution pour des parents qui cherchent des informations, et qui doivent superviser l'utilisation qu'en font leurs enfants! La réforme scolaire, l'accès de plus en plus facile aux téléphones cellulaires, l'accès de plus en plus facile à la pornographie, etc. Il est donc évident que nous ne pouvons pas éduquer nos enfants de la même manière que nos parents l'ont fait avec nous, même si certaines choses ne changent jamais en terme d'éducation des enfants (par exemple: leur besoin d'attention, d'amour inconditionnel, d'encadrement). Le passé comportait sûrement quelques avantages...

Revenir en arrière?

Oui, les parents se séparaient moins. Oui, les parents hésitaient moins à exercer leur autorité. Oui, les mères étaient présentes, préparaient plus de repas et savaient probablement mieux comment garder une maison propre (ou elles avaient simplement plus de temps pour y arriver). Mais je ne suis pas certaine que j'aimerais revenir à une époque où les femmes n'avaient pas le choix de rester à la maison, où l'on punissait les élèves avec une strap, ou encore à une époque où on laissait les enfants se déplacer librement dans une voiture en marche, avec les deux parents qui fument les fenêtres fermées!

La réalité est que la plupart des parents font de leur mieux, et tentent de s'adapter à la réalité de leur époque. De toute façon, malgré toutes les informations sur la psychologie des enfants auxquelles les parents d'aujourd'hui ont accès, le rôle de parent demandera toujours de faire intervenir notre jugement, en tenant compte de l'époque à laquelle nous vivons, de notre réalité familiale et de la personnalité de notre enfant, qui est unique.

D'ailleurs, c'est ce qui explique pourquoi les divergences d'opinions entre parents existent, même chez les parents d'une même génération! Soyez honnêtes, n'avez-vous jamais observé les attitudes d'autres parents dans des endroits publics en vous disant: «Franchement, elle pourrait les laisser plus libres» ou encore «Non, mais est-ce qu'il va finir par leur dire d'arrêter de crier?».

Bref, en tant que parent, chaque époque comporte ses avantages et ses défis face auxquels nous ne pouvons que faire de notre mieux. Et cela, il faudra vous en rappeler, lorsque vos enfants deviendront à leur tour des parents. Surtout si vous ne voulez pas leur faire subir les mêmes critiques que vos parents vous font probablement ces jours-ci!

UNE PSY VOUS RÉPOND

Q: Notre fille est âgée de 36 mois. Nous venons d'apprendre que ma conjointe est enceinte. Nous hésitons entre annoncer prochainement à notre fille l'arrivée d'un nouveau bébé dans la famille ou attendre encore quelques mois avant de le faire car nous avons déjà perdu notre premier bébé à la naissance.

Après une fausse couche ou un deuil périnatal, les grossesses suivantes sont toujours plus stressantes pour un couple. Aujourd'hui, vous avez une belle petite fille bien vivante, et pour elle, vous devez tenter de regarder vers l'avenir avec optimisme. Je vous suggère de lui annoncer la bonne nouvelle à la fin du premier trimestre, lorsque les risques de fausse couche seront considérablement réduits, et que la grossesse commencera à être apparente. Ainsi, vous aurez le temps de la préparer à la venue de son petit frère ou de sa petite soeur. Dites-vous que même si vous tentez de protéger votre fille d'un nouveau deuil en ne lui annonçant pas la grossesse, elle serait sûrement consciente de votre peine si quelque chose arrivait. Bonne chance !

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