Des chefs primés, mais pas que des chefs!

Trois grands chefs canadiens ont été honorés lors... (Courtoisie Sgt Serge Gouin, Rideau Hall)

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Trois grands chefs canadiens ont été honorés lors de la première remise des nouveaux Prix du gouverneur général pour les arts de la table. Sur la photo, deux acolytes ontariens, Michael Stadtländer et Jamie Kennedy, reçoivent leur diplôme des mains de Michaëlle Jean.

Courtoisie Sgt Serge Gouin, Rideau Hall

Pierre Jury
Le Droit

À n'en pas douter, les nouveaux Prix du gouverneur général pour les arts de la table ratissent large. Les premiers lauréats ont été recrutés dans des secteurs très différents de la vie gastronomique. Il y avait des chefs, évidemment, et quelques producteurs agricoles, d'alcools comme de légumes. Mais la présence de scientifiques comme Alfred E. Slinkard, un professeur émérite de l'Université de la Saskatchewan, a illustré combien ce que nous consommons est le résultat de travaux extrêmement variés, en amont.

Personne de la région de la capitale parmi les lauréats. Ce sera pour une prochaine fois.

Les chefs Jamie Kennedy, Michaël Statdländer et Jean-Luc Boulay ont vu leur labeur de cuisinier depuis trois décennies être soulignés de la plus belle façon.

 

Le chef Boulay est peu connu hors du Québec, et même hors de la ville de Québec, où il dirige merveilleusement les cuisines du restaurant Le Saint-Amour (Cote Jury 18,5/20, juin 2006). Ce n'est que depuis les dernières années qu'il se permet de sortir davantage, maintenant que son fils Frédéric dirige maintenant la brigade aux fourneaux. On le voit d'ailleurs ces semaines-ci à la table des juges de la nouvelle émission de cuisine Les chefs, sur les ondes de Radio-Canada. Dans son cas, il s'agit d'un second honneur en quelques mois, alors que son pays natal, la France, l'a honoré de la médaille du Mérite agricole.

Les Ontariens Kennedy et Statdländer ont eu des parcours inverses, a souligné Michaëlle Jean. Alors que le chef Kennedy est allé travailler en Europe, Statdländer a fait le chemin inverse, quittant son Allemagne natale pour s'installer à Toronto d'abord, puis à Singhampton, un peu plus au nord, par la suite.

Statdländer a la distinction d'avoir dirigé l'un des deux seuls restaurants du Canada à avoir figuré au sein de l'exclusive liste des meilleurs restaurants du monde, selon le magazine anglais Restaurant. C'était en 2003, et son établissement, Eigensinn Farm, trônait au 9e rang.

Le seul autre à avoir atteint la liste est Susur Lee, et son restaurant Susur, à Toronto, au 49e rang en 2003. Depuis, plus rien.

Ensemble, Jamie Kennedy et Michael Statdländer ont ouvert le restaurant Scaramouche, à Toronto en 1980, un succès encore vanté aujourd'hui.

Des scientifiques

Mais on parle de chefs sans souligner les autres. Le professeur Slinkard, par exemple, a oeuvré depuis 1972 à diversifier les récoltes des fermes des Prairies.

«Des familles produisaient du blé depuis trois générations. Moi, j'essayais de les encourager à cultiver autre chose, des légumineuses, des lentilles, s'est-il souvenu lors de la remise. Finalement, j'ai réalisé que j'étais vendeur pas si mauvais que ça!»

Aujourd'hui, la culture de légumineuses se fait sur 7,5 millions d'acres. Un peu grâce à lui.

Robert McLaughlin a aussi été honoré: il a créé le Centre de technologie alimentaire affilié à l'Université de Guelph. Il est aussi derrière le succès du Prix du livre de cuisine canadien (Canadian Culinary Book Award).

Le travailleur prometteur d'un jeune chercheur, Ricky Sze Ho Lam, a été souligné pour son travail sur les graisses alimentaires à l'Université de Saskatchewan.

Des producteurs

Qui savait que le cidre de glace était le résultat du travail d'un «paysan» québécois d'origine française? C'est pour ce labeur de pionnier que Christian Barthomeuf, de Frelighsburg, en Estrie, a reçu son Prix du gouverneur général pour les arts de la table. Il a souligné avec justesse le besoin d'une appellation d'origine contrôlée afin de stopper les expériences de producteurs peu scrupuleux qui font tout passer pour du cidre de glace, un nom déjà galvaudé parce que non protégé.

Le chef et restaurateur John Bishop, de Vancouver, a remporté un prix dans la catégorie Éducation. James et Linda Gourlay, de Nouvelle-Écosse, pour leur travail de promotion des saveurs des Maritimes, avec le salon Saltscapes East Coast Expo. Idem pour David Cohlmeyer, chef devenu fermier fondateur de la ferme Cookstown Greens. Sinclair et Frédérique Philip, de Sooke, en Colombie-Britannique, ont eu un parcours similaire, mariant restauration et production alimentaire.

Enfin, l'Institut culturel Avataq, de Nunaviq, au Québec, a vu son développement des tisanes autochtones Délice boréal être récompensé.

L'idée derrière les Prix pour les arts de la table est celle du mari de la gouverneure générale Michaëlle Jean, Jean-Daniel Lafond. Le comité de sélection est sous la présidence de Janet Dorozynski, fonctionnaire fédérale. La remise de 11 prix, en 2010, serait exceptionnelle; Cela devrait être ramené à six lors des années futures.

 

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