Des vins résolument Niagara

La péninsule du Niagara jouit de conditions tout...

Agrandir

La péninsule du Niagara jouit de conditions tout à fait particulières qui forgent l'identité de ses vins.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Véronique Rivest

Collaboration spéciale

Le Droit

Les vins de la péninsule du Niagara profitent des conditions géologiques et climatiques particulières qui leur insufflent un profil tout aussi unique: ni européens ni tout à fait Nouveau Monde, ils sont Niagara, tout simplement.

Le vignoble ontarien se divise en trois grandes appellations, dont Niagara Peninsula, qui est la plus importante. La Vintners Quality Alliance, ou VQA, est à l'Ontario ce que les AOC sont à la France. Créée en 1988, elle délimite les trois premières appellations de la province: Niagara Peninsula, Lake Erie North Shore et Pelee Island. En 2007, la région de Prince Edward County s'y est ajoutée. Pelee Island a depuis été incorporée à la région de Lake Erie North Shore.

Les notions de terroir et d'appellation sont intimement liées. Il doit y avoir des conditions géologiques et climatiques uniques qui forgent le profil du vin. La péninsule du Niagara jouit certainement de conditions tout à fait particulières. Tout d'abord, c'est une région fraîche: il n'y a pas de garantie que les raisins parviennent à maturité chaque année. Coincée entre les lacs Érié et Ontario, elle jouit d'un climat continental, mais fortement modéré par ces deux grandes étendues d'eau. Elles rafraîchissent l'air en été, évitant ainsi des chaleurs excessives, et le réchauffent en hiver, épargnant à la vigne des froids trop intenses.

L'escarpement du Niagara joue aussi un rôle clé. Façonnée pendant plus de 400 millions d'années, cette formation géologique, qui longe le lac Ontario sur sa rive sud, présente une grande mosaïque de sols, plusieurs propices à la viticulture. Elle protège aussi les vignobles qui s'étendent sur ses pentes et à ses pieds, jusqu'au lac Ontario. Les vents qui soufflent du lac sont bloqués par l'escarpement et retournent vers l'eau, créant ainsi un mouvement d'air qui contribue à la prévention des maladies et des gels.

La région jouit de plus de chaleur que Bordeaux ou la Bourgogne, mais la saison de croissance y est beaucoup plus courte.

Les cépages qui réussissent le mieux dans la péninsule sont donc des cépages de climat frais, à maturation plus hâtive, tels le riesling et le chardonnay en blanc, le pinot noir et le cabernet franc en rouge. On y cultive aussi des cépages plus tardifs, comme le cabernet sauvignon, par exemple, et certaines années chaudes, on arrive à le faire mûrir, mais il souffre de la saison courte. Une chaleur intense sur une courte durée donne trop souvent des vins aux arômes de fruits cuits, qui manquent de finesse et de fraîcheur.

L'esprit Niagara

Par contre, les meilleurs vins issus des quatre cépages mentionnés plus haut sont dotés d'un éclat et d'une vitalité remarquables. Ils ont développé un profil tout à fait unique: même s'ils sont souvent d'un esprit plus européen que Nouveau Monde, ils sont devenus résolument Niagara.

Ce sont des vins à l'acidité fraîche, au fruit croquant et juteux, plutôt que sec ou confit. Ils sont aromatiques et font preuve de taux d'alcool modérés. En général, ce sont des vins harmonieux, plus en finesse qu'en puissance, qui sont tout indiqués pour la table, et dont certains offrent un très bon potentiel de garde.

Les chardonnays, par exemple, sont plus souvent d'un style bourguignon. Avec l'expérience, les vignerons ont appris à maîtriser l'usage du bois, et les meilleurs chardonnays de la Péninsule sont aujourd'hui des vins fins et complexes, qui savent faire preuve de profondeur. Les rieslings sont plein d'énergie, aromatiques et juteux, et démontrent un excellent potentiel de garde. Les pinots noirs, tout en fraîcheur, mêlent des arômes végétaux et de sous-bois à ceux de petits fruits rouges, typiques des pinots de climats frais, ce qui contribue à plus de complexité et un caractère plus digeste. Les cabernets francs sont probablement les moins homogènes, mais les meilleurs font preuve de ce même caractère très appétissant et digeste qui combine parfum, fruit croquant, acidité fraîche et tanins fins.

Le gamay donne aussi des résultats intéressants, mais encore plus variés que le cabernet franc. Certains vins sont très réussis, frais et gourmands, d'autres sont un peu plus nébuleux. Mais ils sont assurément à suivre!

Il ne faut bien sûr pas oublier la part que joue l'âge des vignes: elles ont aussi besoin d'atteindre une certaine maturité afin d'offrir le meilleur d'elles-mêmes, et du terroir dans lequel elles sont cultivées.

Et finalement, la région donne d'excellents vins mousseux. Un climat frais, une saison plus courte, des sols propices à la culture du chardonnay et du pinot noir, plus l'expérience grandissante des vignerons: toutes les conditions y sont pour produire des bulles de grande qualité, et c'est en effet le cas. Un secteur qui pourrait sûrement se développer davantage.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer