Pour un voyage viticole réussi

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Un ouvrier récolte des grappes de raisins dans un vignoble en France.

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Véronique Rivest
Le Droit

Malgré le froid intense qui nous afflige, ça commence à sentir les vacances. Vous êtes très nombreux à m'écrire pour des suggestions d'endroits et de vignobles à visiter, principalement en France et en Italie, mais aussi en Californie et, j'en suis ravie, chez nous au Canada et au Québec.

Vous comprendrez que je ne peux pas vous répondre individuellement, mais voici quelques tuyaux pour un voyage viticole réussi.

Tout d'abord, commencez avec les vins que vous aimez de la région que vous souhaitez visiter. Si vous n'en connaissez pas, voilà l'occasion parfaite d'organiser une soirée entre amis. Vous planifiez visiter Bordeaux? Procurez-vous quelques bouteilles et organisez une dégustation. Quand vous aurez trouvé un vin que vous appréciez, prenez contact avec le vigneron, dites-lui que vous aimez bien son vin et demandez-lui si une visite est possible.

Choisissez le nombre de producteurs à visiter en fonction de votre horaire, mais gardez-vous du temps libre. Une fois chez les vignerons choisis, demandez-leur conseil. Quels autres vins du coin aiment-ils boire? J'ai fait certaines de mes plus belles découvertes de cette façon! Demandez-leur aussi de vous recommander les meilleures tables des environs. Personne n'est mieux placé qu'eux pour bien vous conseiller.

Faites attention aux idées reçues: petit ne veut pas toujours dire meilleur! Je connais de gros producteurs qui travaillent extrêmement bien (les familles Perrin dans le Rhône et Torres en Espagne, par exemple), tout comme des petits dont les vins laissent à désirer. Les grandes entreprises sont d'ailleurs souvent mieux équipées pour recevoir les visiteurs. Chez les petits, l'expérience peut être plus intime. Un heureux mélange des deux vous permettra de mieux comprendre la diversité d'une région et les réalités de son économie viticole.

Pensez aussi au calendrier du vigneron: les plus petits, qui font presque tout eux-mêmes, pourront difficilement vous recevoir pendant les vendanges, alors que les plus gros, qui ont des structures destinées à l'accueil des visiteurs à l'année, y seront plus enclins.

Et bien sûr, les producteurs qui sont bien représentés sur le marché québécois souhaiteront davantage vous recevoir que ceux qui ne font pas affaire ici.

Je répète souvent que ce que je préfère du métier, ce sont les gens que je rencontre. Ceux avec qui je partage le vin, ceux qui me le servent et ceux qui le produisent. Un vin qu'on aime beaucoup nous paraîtra moins bon en compagnie désagréable. J'ai perdu ou gagné de l'estime pour certains vins parce que les producteurs étaient sympathiques... ou pas. C'est totalement subjectif, me direz-vous, mais pour moi, le facteur humain sera toujours partie intégrante du vin.

Une fois sur place, rendez-vous aussi chez les cavistes indépendants pour voir et goûter un large éventail des vins de la région et profiter de leur expertise. N'hésitez pas à leur demander conseil pour des vignobles ou des restaurants, ce sont en général de grands passionnés!

Et finalement, tenez compte du «syndrome vacances». Le petit rosé dégusté en bord de mer pendant vos vacances ne sera jamais aussi bon à la maison, par une froide soirée de janvier. Il faut en tenir compte pour s'éviter de futures déceptions.

Nous parlerons de l'Ontario et de la Californie dans une prochaine chronique!

Malgré le froid intense qui nous afflige, ça... (Photos fournies par la SAQ) - image 2.0

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Photos fournies par la SAQ

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Bordeaux La Mothe du Barry Bordeaux Supérieur 2012, 15,40 $ (10865307)

Le vin d'un petit vigneron qui travaille très bien, loin du glamour des grands châteaux, et qui nous offre des vins authentiques et sans chichi. Le vrai bon «petit» Bordeaux, sans prétention, qui se laisse boire avec grand plaisir. Issu à 100 % de merlot, le cépage le plus cultivé de la région, tout sur le fruit et sans aucune trace de bois. Il épate non pas par sa complexité, mais par sa franchise et sa gourmandise. Archi-sec, avec juste ce qu'il faut de tannins et une légère aspérité qui contribue à son caractère digeste. Vin de semaine idéal pour des côtelettes d'agneau aux fines herbes, des saucisses au barbecue, des brochettes de boeuf ou de poulet aux poivrons.

Château Coupe Roses Minervois blanc 2013, 22,35 $ (894519)

Quel délice! Un vin blanc issu à 100 % de roussanne, qui charme de prime abord par ses arômes si différents d'un chardonnay ou d'un sauvignon blanc. Plein de fruits à noyau, pêche et abricots, avec des notes d'amande et d'épices. La bouche, à la texture grasse et enrobante, est pourtant relevée d'une grande fraîcheur aux tonalités d'agrumes. Fascinant aussi parce qu'il évolue sans cesse, dans le verre et dans le temps: il est déjà plus enrobé et expressif que quand je l'ai goûté l'été dernier. Sûrement encore meilleur à table, où je le verrais bien avec des poissons grillés, une volaille à la crème, ou même un rôti de porc aux abricots.

Castello Di Ama Chianti Classico Riserva 2009, 39,00 $ (11315403)

Un Chianti classique, d'un des meilleurs domaines de la région. Issu principalement de sangiovese, il a ce caractère que je qualifie d'organique et que j'associe d'emblée aux vins traditionnels de Chianti: des arômes de fruit, cerise et prunes, mais aussi beaucoup d'arômes de terre fraîche, de garrigue, de feuille de tabac et de cèdre. Riche et complet en bouche, archi-sec comme le sont les bons vins italiens, avec des saveurs mûres, complexes et appétissantes. D'une structure solide, avec beaucoup d'acidité et des tannins fermes, mais sans que rien détonne: il fait preuve d'une superbe harmonie d'ensemble. Déjà savoureux, il profitera d'un passage en carafe et évoluera gracieusement pendant encore 6 à 10 ans.

Palacios Remondo Plàcet Rioja 2011, 28,30 $ (11858555)

La région de Rioja est incontournable en Espagne, et une excellente source de vins d'un certain âge d'un très bon rapport qualité-prix. D'emblée associée au vin rouge, elle produit aussi de très bons vins rosés et des vins blancs qui sortent de l'ordinaire. Cette cuvée d'Alvaro Palacio, qui élabore aussi d'excellents vins dans les régions de Priorat et de Bierzo, est élaborée avec viura et maccabeo, cépages blancs emblématiques de la Rioja. Beaucoup de fraîcheur, mais aussi une texture ample, relevée de légères notes épicées apportées par un boisé très fin. Le vin me rappelle parfois un Sancerre très mûr ou un Graves blanc très élégant. Un vin unique, fin et précis, qui sera à son mieux à table, et qui vieillira très bien quatre à huit ans.

Gonzalez Byass Tio Pepe Xérès Fino, 18,70 $ (242669) ou 9,45 $ (bouteille de 375 ml, 743997)

Si vos voyages vous mènent en Andalousie, vous ne pouvez pas passer à côté du xérès, un vin tout à fait fascinant par son élaboration et son caractère unique. Très différents, certes, les xérès fino demandent à être apprivoisés. Leurs arômes de pomme verte, de levure, d'olive et de saumure peuvent être déconcertants, mais ce sont des vins incroyablement digestes et les meilleurs compagnons pour les tapas espagnoles (olives, canapés aux anchois, aux poivrons rouges rôtis ou au jambon salé) ou encore des amandes rôties. Celui-ci, produit en très grande quantité, est le plus accessible et un très bon exemple du style. La visite d'une bodega de Xérès est incontournable si vous passez dans la région.

Et pendant que vous y êtes, aventurez-vous dans l'arrière-pays: Malaga et Ronda valent le détour et sont des lieux chargés d'histoire.

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