Le photographe des cavernes

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Pierre Bertrand est un homme des cavernes des temps modernes. Le photographe et passionné de plein air a capturé au-delà de 10 000 scènes hivernales dans les plus belles cavernes de l'Outaouais.

L'entrée de la Grotte de l'Ours est facile à manquer. Loin des bureaux du Droit de la rue Clarence à Ottawa, au large de la route 307, il a fallu virailler à travers nombre de routes secondaires avant d'enfiler des raquettes et de s'aventurer dans la poudreuse.

Ensevelie sous une épaisse couche de neige, l'ouverture de la grotte se perd dans le paysage. Mais en descendant derrière un barrage de castors, la cavité rocheuse révèle de longues stalagmites de glace qui s'étirent du plancher au plafond, où des aiguilles de givre se sont formées, semblables aux branches d'un conifère. Et encore, ce n'est que le vestibule d'une caverne qui réserve bien des surprises.

C'est à cet univers que s'intéresse Pierre Bertrand, photographe à l'origine du livre Eaux, glaces et cavernes, recueil publié en 2014 d'une collaboration avec le professeur en géographie physique Bernard Lauriol.

Lorsqu'il a commencé à s'aventurer dans les grottes de la région sept ans plus tôt, il s'est pris de fascination pour leur décor hivernal, qui changeait à chacune de ces visites. «C'est comme un monde parallèle», explique-t-il.

Au gré des conditions météorologiques, différents types de cristaux se forment, les stalactites se déforment et la glace change de consistance. C'est surtout au printemps, lorsque la glace fond, que les changements sont les plus spectaculaires.

«Les formes se mettent à varier énormément. Ça crée des fantaisies incroyables!»

Le côté scientifique

Pierre Bertrand se passionne en partie pour l'aspect scientifique de son art.

Alors que les objets naturels qu'il photographie peuvent paraître banals, l'eau sous ses trois formes en dit long sur l'histoire de chaque grotte. Lorsque les températures sont basses, la sublimation - la transformation de l'eau depuis son état solide à un état gazeux - se fait différemment; ainsi, des stalagmites teintées d'un effet cireux indiquent une période de grand froid. L'orientation dans laquelle se forment les stalactites indique la direction du vent, et des fils d'araignée et des poils laissent présager la présence d'animaux et d'insectes.

Il est même possible de déterminer les futures inclinaisons de la paroi rocheuse, alors que l'eau qui coule toujours aux mêmes endroits finir par se changer en calcium ou par tailler la pierre. Il faut cependant attendre des milliers d'années pour observer en observer les résultats.

Mais le photographe des cavernes s'éprend principalement pour l'esthétique de la chose. À travers son oeil d'artiste, une stalagmite recourbée devient un cygne. Un autre s'apparente à une chandelle qui aurait fondu.

«En jouant avec la lumière, on découvre des mondes absolument merveilleux. Et essayer de photographier ça, parce qu'on est dans la transparence, dans les bulles, dans la glace, c'est un défi qui donne des résultats absolument extraordinaires.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer