L'histoire gourmande des marchés de Montréal

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Métropole du Québec, Montréal témoigne d'une histoire des marchés publics totalement différente. On a qu'à penser au marché Jean-Talon.

Courtoisie

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Les gourmands ont tous une histoire bien personnelle à propos de leur marché public. Ils disent d'ailleurs «leur marché», ou de façon encore plus intime, «mon marché». Comme si, par l'habitude de fréquenter toujours le même, ils en avaient acquis la propriété...

On tente de faire croire que c'est une nouvelle mode que d'aller faire ses emplettes directement auprès des producteurs, au marché. Ce serait ignorer l'histoire.

Dès les débuts de la colonie, un premier marché public s'installe sur Place Royale, à Québec. Nous sommes dans les années 1640. Montréal aura le sien en 1657. En Ontario, qui se peuple bien après, il faudra attendre plus d'un siècle pour voir éclore le premier, en 1780, à Kingston.

Aujourd'hui, les marchés pullulent. Il en existe une centaine au Québec; il y en a deux fois plus en Ontario.

Métropole du Québec, Montréal témoigne d'une histoire des marchés publics totalement différente.

Ses plus grands marchés sont ouverts sept jours par semaine, 12 mois par année.

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Le marché Atwater

Pierre Jury, LeDroit

Les deux plus importants sont Jean-Talon et Atwater. D'un seul coup d'oeil, ils captivent. Ce sont des témoins à la fois de rénovation urbaine et de relance économique après le krach de 1929. Il faut remettre les chômeurs au travail et Montréal se lance dans sa version bien à elle d'un plan Marshall avant l'heure. On ne se contente pas de faire des boîtes sans attrait, leur architecture impressionnante évoque les années de l'art décoratif. Cette valeur prend encore plus de sens aujourd'hui.

Inauguré en 1933, on nous dit que le marché Jean-Talon portait le nom de «marché du Nord» jusqu'en 1983 mais ce sont des balivernes. Dans les années 1960, les gens des quartiers avoisinants comme Ahuntsic, la Petite-Italie, Parc Extension, le Mile-End et Villeray, s'y référaient déjà comme le marché Jean-Talon, en l'honneur du premier intendant de la Nouvelle-France.

Les marchands de volaille sont disparus, sans doute victimes des papes de la santé publique qui n'ont pas, par bonheur, réussi à tuer les fromages au lait cru.

À l'intérieur, on rivalise d'imagination pour attirer le chaland. On veut aller plus loin que les fruits et légumes, les boucheries et boulangeries. Jean-Talon a sa Librarie gourmande, par exemple, et Philippe et Ethné de Vienne sont les marchands d'épices.

Les rues avoisinantes du Mile-End sont aussi à explorer, comme du côté de la quincaillerie Dante, de l'illustre famille Faita, dont Stefano le cuisinier.

Atwater et Notre-Dame

À l'opposé, au sud-ouest de Montréal, se dresse le marché Atwater. Aussi dynamique que Jean-Talon, de taille similaire, et inauguré la même année. Dans son cas, ce n'est pas la Vieille-France qui est célébrée mais un homme d'affaires et conseiller municipal du XIXe siècle, Edwin Atwater. L'architecture frappe le regard. Sa grande tour rappelle les beffrois, ces clochers du nord de la France. On dit que c'est l'un des plus beaux édifices de Montréal!

Après le marché, on étire son plaisir à deux pas, sur une rue Notre-Dame en profonde métamorphose. On y trouve de sympathiques bistros... et des adresses fameuses comme le restaurant Joe Beef et Patrice Pâtissier, l'adresse sucrée de Patrice Demers, un chouchou de la scène gastronomique du Québec.

Par curiosité, il vaut la peine d'aller jeter... (Pierre Jury, LeDroit) - image 3.0

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Par curiosité, il vaut la peine d'aller jeter un coup d'oeil au marché Maisonneuve.

Pierre Jury, LeDroit

Par curiosité, il vaut la peine d'aller jeter un coup d'oeil au marché Maisonneuve (4445, rue Ontario Est) pour apprécier la bâtisse principale de style Beaux-Arts. Elle date des années 1910. Une magnifique sculpture du maître Alfred Laliberté, La Fermière», trône sur la grand-place.

Malheureusement, ce petit marché a beaucoup souffert du manque d'intérêt de la population locale. Dans Hochelaga-Maisonneuve, quartier très modeste, les gens ont souffert des années de crise. Leur marché a été complètement fermé en 1960, puis timidement rouvert en 1980.

Enfin, Montréal compte le marché de Lachine, voisin du canal du même nom. Le plus petit des quatre marchés de Montréal, mais le plus vieux car son histoire remonte à 1845.

Bien des gourmands fréquentent toujours le même marché. Peut-être en raison de la proximité du domicile, ou par habitude. Pour l'air familier d'un commerçant, la qualité des oeufs de l'un, les prix modiques de l'autre, l'image romancée qu'évoque le producteur agricole, ses mains gercées qui nous assurent qu'il a vraiment cueilli ses poireaux le matin même, etc. À moins que ce ne soit simplement le sourire de la fille du fermier qui éclaire la matinée!

Mais pourquoi ne pas s'aventurer à un autre marché, juste pour voir?

Ce voyage a été réalisé en collaboration avec Tourisme Montréal.

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