Le Tartuffe ferme ses portes après 25 ans

Il y a cinq ans, de jeunes entrepreneurs... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Il y a cinq ans, de jeunes entrepreneurs - Nicolas Bourgeois (qu'on voit ici avec le chef Christopher Mulder) et Marie-Ève Guilbault - avaient pris le relais. Mais malgré leurs efforts, ça n'arrivait plus.

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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Quelques semaines après son 25e anniversaire, le restaurant Le Tartuffe a fermé ses portes pour de bon. Gérard Fischer a vécu chacune de ces journées et c'est l'émotion dans la voix qu'il a tourné la page sur un quart de siècle d'histoire culinaire en Outaouais.

«J'étais là, la première journée. C'était entre Noël et le Jour de l'an, à la toute fin de l'année 1989. Stéphane Desjardins était le propriétaire, sa famille possédait l'édifice, s'est rappelé le chef Fischer. Cinq ans plus tard, je suis devenu propriétaire. Ces dernières années, cela devenait de plus en plus difficile pour les restaurants de fine cuisine. C'est tout un défi pour un établissement de 40 places de compétitionner contre des gros de 80 places et plus qui font du volume, avec des menus standardisés.»

Il y a cinq ans, il s'est associé à un couple de jeunes entrepreneurs, Nicolas Bourgeois et Marie-Ève Guilbault. Le chef Fischer avait commencé à enseigner à l'École hôtelière de l'Outaouais, dans le secteur Buckingham, et prenait progressivement ses distances du restaurant qu'il avait contribué à lancer.

«La nouvelle équipe avait changé le menu, il y avait bien eu un effort d'offrir autre chose, mais en bout de ligne, ça n'arrivait plus. Demeurer ouvert un mois de plus n'aurait rien changé. C'est dur, je prends ça comme un échec personnel. J'y ai quand même investi un quart de siècle!»

Avec ses collègues Luc Gielen (Le Sans-Pareil) et Guy Blain (L'Orée du bois), Fischer incarnait en quelque sorte les trois mousquetaires de la cuisine outaouaise entre 1990 et 2005.

Appuyés d'acolytes comme Stéphane Paquet (Le Saint-Estèphe, L'Espresso) et Robert Bourassa (Café Henry-Burger), ils ont uni leurs efforts pour créer le Rendez-vous des saveurs de l'Outaouais, entre autres. Tous ont quitté ces cuisines respectives, pour diverses raisons.

Dans l'industrie, on ne s'est pas étonné de la décision du Tartuffe.

«Aujourd'hui, la saveur du jour est à la mode, a résumé le sommelier Martin Rémillard. C'est triste, mais c'est devenu ainsi. Le cycle de vie d'un resto est de 36 mois. Les gens veulent de la nouveauté. Alors pour un restaurant classique français, durer 10 ou 20 ans...»

Le mois passé, c'était au tour du restaurant Gy, toujours du secteur Hull, d'annoncer sa fermeture prochaine.

Dans le monde culinaire de la région

  • Par ailleurs, le chef Georges Laurier ouvrira sous peu une école de cuisine, rue Dalhousie, à Ottawa. Il reprend l'école C'est Bon Cooking, fondée par la chef Andrée Riffou. Il bonifiera l'offre de cours tandis que sa partenaire Stefanie Siska verra à l'administration et à l'offre de randonnées gastronomiques à pied déjà très populaires à Ottawa.
  • La chocolaterie Chocomotive a désormais un seul propriétaire, Luc Gielen. Il a racheté la part de son partenaire et co-fondateur, le chef Gaëtan Tessier à la fin de 2015.
  • Le Centre national des arts perd son chef: John Morris a été nommé chef exécutif à la Tour du CN. Cela le rapprochera de sa jeune famille. Le sous-chef Martin Lévesque assumera l'intérim.

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